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Le Québec devra faire des «choix» budgétaires difficiles

Le gouvernement parle d’efficience et rejette la notion d’une austérité caquiste

La présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel
Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard La présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel

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À l’issue du minibudget, prévu le mois prochain, certains ministères devront se serrer la ceinture pour offrir les mêmes services publics aux citoyens.

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« On n’est pas dans l’austérité, on est dans l’efficience », a tenu à préciser la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, lors d’une mêlée de presse ce matin. 

En raison de la situation économique du Québec post-pandémique, les investissements en santé et l’augmentation du coût de la vie, le gouvernement devra imposer des restrictions aux autres ministères, admet-elle. 

« On est déjà dans cette optique-là depuis le début de notre mandat. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on ne coupe pas les budgets. Mais, il faut que les services demeurent les mêmes. On parle d’efficience », a affirmé Mme Lebel. « Avec moins d’argent, faire les mêmes choses. » 

Le gouvernement devra ainsi faire des choix difficiles. « Gouverner, c’est toujours une question de choix. Ce n’est pas unique à la situation actuelle », a mentionné la présidente du Conseil du trésor. 

Priorités 

Le ministre des Finances, Éric Girard, confirme que les priorités du gouvernement de la CAQ sont : la santé, l’éducation et l’économie.  

« Si on a un taux de croissance plus élevé en santé, on aura un taux de croissance moins élevé pour les autres missions. Mais, dans l’ensemble, tous les postes budgétaires vont continuer à augmenter », a assuré le ministre. 

Le ministre des Finances Eric Girard
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Le ministre des Finances Eric Girard

Déjà dans le dernier budget, l’évolution de dépenses en santé et en éducation prévue en 2022-2023 prévoyait une croissance de 3% à 4%. Cependant, pour les autres portefeuilles, la CAQ envisageait d’une réduction de 0,2% pour cette même période. 

Le ministre exclut d’augmenter le fardeau fiscal afin de financer ces services.   

Au contraire, pour atténuer la hausse du coût de la vie des Québécois en raison d'une forte inflation, le gouvernement présentera même des allègements dans son mini budget de novembre. 

Mise à jour attendue  

Le porte-parole libéral en matière de finances publiques, Carlos Leitão, croit que le gouvernement ne peut pas continuer à augmenter ses dépenses dans tous les ministères. « Il va falloir qu'on choisisse (...) C'est pour ça que j'ai très hâte à la mise à jour économique, qui s'en vient dans quelques semaines, pour que le gouvernement mette à jour son cadre financier à moyen terme. Parce que, oui, comme vous, je suis très curieux de voir comment ils vont gérer cette situation-là », a dit M. Leitão.  

Ce dernier s’inquiète également de la hausse de l’inflation de 5,1%. « J'ai bien l'impression que cela va continuer », a-t-il prédit. « Ne serait-ce que, particulièrement au Québec, un facteur qui est très québécois, c'est la pénurie de main-d’œuvre, et donc cela aussi contribue ou peut contribuer à alimenter les pressions inflationnistes. » 

Cette pénurie de main-d’œuvre pourrait d’ailleurs nuire à la croissance économique et la relance économique du Québec, a ajouté le député de Robert-Baldwin.  

« Encore une fois, la CAQ cible les ministères et organismes pour réduire les dépenses et limiter les investissements. La qualité des services publics que nos membres offrent à la population risque encore d’écoper, et ce particulièrement en région », a constaté, de son côté, Christian Daigle, le président général du SFPQ. 

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