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Legault à la recherche d'un effet « wow »

Legault à la recherche d'un effet « wow »
Capture d'écran Facebook

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En insistant pour donner le ton à l’année électorale dès cette semaine, François Legault semble faire des pieds et des mains pour chasser un marasme automnal qu’il ne voudrait pas voir perdurer à l’approche du scrutin.

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D’abord, il y a le temps gris et la noirceur qui s’installent après la parade des couleurs de septembre. Puis, les annonces d’allégements des mesures sanitaires qui se transforment en fausses bonnes nouvelles les unes après les autres. Les salles de spectacle et le Centre Bell peuvent accueillir autant de spectateurs qu’ils le désirent, mais il faut maintenant porter le masque en tout temps, même assis à son siège. Ça donne moins envie, disons. Les restaurants aussi peuvent opérer au maximum de leur capacité, par contre la limite de 10 convives à la table est maintenue. La frontière américaine sera ouverte, mais il faudra subir un test au coût de 200 $ au retour. À moins d’être très à l’aise financièrement, pas le choix de remettre à plus tard les projets d’escapade en famille. 

Et ça craque...

La lumière du jour diminue. À l’inverse, la facture d’épicerie et d’essence ne cesse d’augmenter. On apprend que les coûts d’électricité grimperont. Et pendant ce temps, le gouvernement Legault doit rapiécer d’urgence les principaux pans du modèle québécois dans un mode qu’il espère ne pas trop s’apparenter à de la panique. 

Lorsqu’il faut injecter à la hâte 1 milliard $ dans des primes pour faire revenir des infirmières ayant déserté, après avoir déplié 500 millions $ pour ajouter des préposés aux bénéficiaires dans des CHSLD en ruine, et qu’on doit aussi pomper 3 milliards $ pour éviter que le réseau des garderies ne s’écroule, c’est parce que ça va mal. 

Saluons l’audace du capitaine
Legault, qui, devant le mur, ne craint pas d’appliquer des mesures fortes et qui sortent des sentiers battus. Même s’il domine toujours outrageusement dans les sondages, il ne veut pas avoir l’air de celui qui quitte le gouvernail pour colmater les larges brèches dans la coque, pendant que le navire amorce son naufrage. 

Changer le ton

L’exercice du discours d’ouverture de la nouvelle session parlementaire, mardi, se voulait donc une tentative de changer de ton. Une volonté de se projeter en bâtisseur, plutôt qu’en réparateur à la petite semaine au chalumeau. 

Puis, en s’appropriant la plupart des thèmes qui s’imposent et les vastes transformations qui courront sur le prochain mandat, le PM coupe l’herbe sous le pied des partis d’opposition qui s’apprêtent à dévoiler leurs couleurs électorales en novembre. 

Toutefois, le plan pour compléter le réseau des garderies en moins de quatre ans, annoncé jeudi, est un exemple de chantier pompeux dont l’architecture semble approximative. 

Le ministre Mathieu Lacombe a convaincu François Legault d’en faire une priorité. Mais comment diable pourra-t-il recruter les 17 800 éducatrices nécessaires ? Le gouvernement veut construire lui-même des CPE pour aller plus vite, sans savoir qui en sera maître d’œuvre. Puis, comment peut-on dire sérieusement qu’il faudra deux ans au ministère de la Famille pour rapatrier la gestion de La Place 0-5 ans, sur laquelle doivent s’inscrire les parents en attente ?

Qu’à cela ne tienne, les caquistes tenaient à faire cette annonce à saveur électorale, dans un centre récréatif pour enfants. Vendredi, François Legault a même visité le chantier de la future maison des aînés en construction dans sa circonscription. Aux côtés de Marguerite Blais, avec une immense pelle mécanique en arrière-plan, il voulait que l’on entrevoie un espoir d’amélioration. 

En disant mardi qu’il est temps pour le Québec de se projeter vers l’avenir après 20 mois de pandémie, on dirait en fait qu’il parlait de lui-même. Comme s’il souhaitait balayer le temps maussade et se rapprocher de la campagne électorale le plus rapidement possible, au cas où la situation continuerait de se dégrader.