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Zoom sur la maladie mentale

Florence K.
Photo Chantal Poirier

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Après avoir publié Buena vida en 2015, la musicienne, autrice et animatrice Florence K s’imaginait que tout allait bien aller dans sa vie. Puis un psychiatre a posé un diagnostic sur ce qui n’allait vraiment pas du tout : celui de la bipolarité de type II. Elle partage le récit de son chemin vers une nouvelle vie dans Nueva Vida, un livre rempli d’espoir, qui explique et démystifie beaucoup de choses sur la maladie mentale.

Florence K, qui mène sa carrière de chanteuse tout en étudiant la psychologie à l’université, avait le sentiment de marcher au bord d’un précipice depuis plusieurs années. Le diagnostic posé l’a éclairée et vraiment aidée à remettre sa vie sur les rails.

Dans Nueva Vida, elle raconte son parcours avec sincérité, souhaitant avant tout briser les tabous et la solitude. Elle plaide aussi pour un meilleur accès aux soins et veut apporter de l’espoir à tous ceux et celles qui connaissent les défis vertigineux liés aux troubles de santé mentale.

Son intérêt pour la santé mentale, les connaissances qu’elle accumule à ce sujet pendant ses études universitaires et sa propre expérience apportent un éclairage intéressant et très pertinent sur le sujet.

Moins de tabous

La pandémie a mis les projecteurs sur les problèmes de santé mentale. « Il y a eu des campagnes de sensibilisation au cours des deux dernières années qui ont vraiment eu de beaux résultats. Les gens sont moins réticents à parler de santé mentale », observe-t-elle. 

« Il y a encore des tabous, mais ce n’est pas aussi pire qu’il y a 20, 30 ou 40 ans. Quand j’étais enfant, on n’en parlait pas du tout, de santé mentale. »

Demander de l’aide

Florence K est également intervenante dans un centre d’appel. « J’entends les gens qui disent qu’ils ne savent pas où trouver des ressources, où trouver un psy. Ils disent qu’ils n’ont pas d’argent pour voir un psy. Qu’ils doivent attendre encore quatre mois avant de voir un psychiatre. Que la travailleuse sociale est débordée. Qu’ils sont allés à l’urgence deux fois et qu’ils ont été renvoyés à la maison. Il y a clairement un grand problème. »

Elle poursuit : « Quand tu n’as pas connu les aléas des problèmes de santé mentale, quand tu n’as pas vu un proche aux prises avec cela, vu la complexité de la chose et le continuum, tu ne peux pas juste dire – comme les politiciens le font souvent : “N’hésitez pas à demander de l’aide”. »

De l’aide : très bien. Mais où ? Comment ? Pourquoi ? Quand ? « Quand tu es en crise d’anxiété ou en dépression, ta désorganisation de la pensée est telle que d’essayer de naviguer sur internet pour trouver des ressources, c’est pas évident. Souvent, le déni entre là-dedans et la dépression elle-même fait en sorte que tu n’as aucune initiative. Si c’était déjà un petit peu facile de savoir où aller et comment faire, ça serait quand même un pas de plus. »

Florence K parle d’ailleurs dans son livre de la distorsion cognitive – ne pas voir et comprendre les choses telles qu’elles sont réellement. « Pour voir ce qui se passe, il faut que tu sois aidé, il faut que tu sois suivi », dit-elle. 

« Dans un monde idéal, il faudrait mettre le patient au cœur d’un triangle bio-psycho-social : il faut avoir un médecin/psychiatre traitant, un psychologue et un travailleur social. »

C’est tout ça qu’elle veut partager, à travers sa propre histoire. « Il y a tant de choses à mettre en place... mais d’abord et avant tout, il faut qu’il y ait une compréhension de ce que c’est. Quand tu ne l’as pas vécu de près, c’est trop abstrait. »    

  • Florence K est musicienne et compte une dizaine d’albums à son actif.    
  • Elle est animatrice à CBC Radio et CBC Music.    
  • Elle est diplômée en communications et termine présentement une maîtrise en santé mentale à l’Université TÉLUQ et un baccalauréat en psychologie à l’Université de Montréal dans le but d’accéder au doctorat et devenir psychologue.    
  • Nueva vida est son troisième livre.      

EXTRAIT  

«Un trouble de santé mentale impose souvent le travail d’une vie, soit un profond apprentissage de soi, de sa maladie et de la maîtrise de celle-ci. Pour arriver un jour à valser avec son état et à mener la danse. »