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Grande envolée de ballons pour Romane

Elle est la 17e victime d’un féminicide dans un contexte conjugal cette année

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Photo Agence QMI, Martin Alarie Une cinquante de personnes se sont rassemblées au belvédère Kondiaronk, dimanche après-midi, pour commémorer le décès de Romane Bonnier.

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Amis, proches de même que des dizaines d’inconnus qui en ont simplement ras le bol de la violence conjugale ont envoyé un nuage de ballons dans les airs, dimanche, en la mémoire de la 17e victime de féminicide depuis le début de l’année au Québec.

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«C’est important qu’on en parle, et de montrer que la population en a assez. On ne peut pas continuer à ne rien faire», a lancé Josiane Boucher, instigatrice de cette envolée de ballons.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, sous un soleil brillant, au sommet du mont Royal en souvenir de Romane Bonnier. La femme de 24 ans a été poignardée à mort, mardi, par son ancien colocataire dans un contexte de violence conjugale. François Pelletier, 36 ans, a été accusé de meurtre prémédité.

<strong>Romane Bonnier</strong><br><em>Victime</em>
Photo tirée de Facebook
Romane Bonnier
Victime

«Quand un homme souffre, tout le monde en souffre autour: les proches, les enfants et les femmes. Il faut que ça arrête. Personne ne mérite ça», a témoigné Malcom Fraser.

Faire mieux

Ce dernier avait un message à lancer aux hommes: «On doit faire mieux. C’est notre travail d’aller voir à l’intérieur ce qui se passe avec nous. On va se le dire, ça va ne pas bien présentement avec nos hommes au Québec.»

Des proches de Romane Bonnier, une jeune actrice et chanteuse, étaient aussi présents, mais ont préféré ne pas s’adresser aux médias.

Avec la pandémie qui s’étire, l’arrivée du temps froid et des longues journées sans ensoleillement, les prochains mois seront particulièrement difficiles, avertit la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. Elle craint que cela laisse plusieurs femmes vulnérables, dans leur milieu, qui pourraient se replier sur elles-mêmes.

«Notre défi en ce moment c’est de faire sentir à nos proches que nous sommes là pour eux. Si nous n’avons pas de nouvelles d’une personne, allons de l’avant en n’hésitant pas à demander comment ça va et en étant présents», a conseillé la psychologue.

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Photo Agence QMI, Martin Alarie

C’est que les 17 femmes qui ont été assassinées dans un contexte conjugal depuis le début de l’année au Québec démontrent clairement que ce type de violence peut toucher tout le monde, estime Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique pour SOS violence conjugale.

«Elles étaient de toutes les origines. Des femmes immigrantes, des autochtones, des personnes âgées, d’autres plus jeunes. La violence conjugale, ça nous concerne tous», a-t-elle dit.

Des voix s’élèvent

La travailleuse sociale se réjouit d’ailleurs que davantage de voix s’élèvent présentement au Québec afin de dénoncer la violence faite aux femmes.

«Quand il y a un commentaire sexiste ou des gestes qui sont inacceptables, il faut que le premier réflexe des gens soit d’être capables de dire que ce n’est pas correct plutôt que de laisser ça aller et que ça soit minimisé», a-t-elle expliqué.

«Plus les gens seront en mesure de reconnaître la violence, plus on va faire changer les choses», a insisté Mme Thibaudeau.


SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE   

SOS violence conjugale: 1 800 363-9010

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