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COVID-19: les masques québécois ne sont pas morts

Le gouvernement pourrait relancer l’appel d’offres

Jeanne Choquette
Photo courtoisie La présidente d’Audition Québec, Jeanne Choquette.

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Après avoir essuyé plusieurs critiques en lien avec l’annulation d’un appel d’offres qui aurait permis l’acquisition de masques à fenêtre québécois dans les garderies, le gouvernement fait volte-face et ouvre la porte à le relancer.

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« Une réflexion est en cours pour le lancement d’un nouvel appel d’offres public », a affirmé au Journal le porte-parole du ministère de la Famille, Bryan St-Louis.

« La consommation des masques à fenêtre est moins élevée que la prévision initiale et fait en sorte que le CAG [Centre d’acquisitions gouvernementales] a en réserve une quantité de masques à fenêtre suffisante pour réapprovisionner l’ensemble du réseau pour environ quatre mois. Ainsi, dans un souci d’une saine gestion des fonds publics, le CAG doit écouler cette réserve avant de lancer un nouvel appel d’offres », a-t-il précisé.

Urgence d’agir

Vendredi, trois organismes venant en aide aux personnes malentendantes ont interpellé le gouvernement afin qu’il fournisse rapidement des masques à fenêtre transparente « convenables » pour le réseau de la santé et les milieux de garde.

Dans une lettre envoyée au gouvernement, Audition Québec, le Réseau québécois pour l’inclusion sociale des personnes sourdes et malentendantes et l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs (AQEPA) rappelaient l’urgence d’agir dans ce dossier, alors qu’après près de 19 mois en pandémie, les enfants et les adultes malentendants sont « pris en otage ».

« On ne voit pas la lumière au bout du tunnel, on voit un tunnel qui s’allonge », mentionne la directrice générale par intérim d’Audition Québec, Julie Brousseau, qui souligne que 1,6 million de personnes vivent avec une perte auditive au Québec.

Ceux-ci souhaiteraient que soit relancé l’appel d’offres récemment annulé par le gouvernement, pour approvisionner non seulement les milieux de garde, mais aussi le secteur de la santé, dont les hôpitaux, les CHSLD et les centres de réadaptation.

« Pour nous, c’est extrêmement stressant d’aller voir un médecin et ne pas comprendre ce qu’il dit », illustre Jeanne Choquette, présidente d’Audition Québec et malentendante.

Le Journal rapportait la semaine dernière que le ministère de la Famille avait annulé un appel d’offres estimé à plus de 7,3 M$, dont le plus bas soumissionnaire était l’entreprise québécoise Prémont, qui aurait permis l’approvisionnement de masques à fenêtre « plus confortables » pour les éducatrices en garderies.

Le gouvernement explique sa décision par les importants stocks restants de masques chinois, largement critiqués pour leur piètre qualité par plusieurs intervenants en petite enfance.

À l’heure actuelle, seuls les masques à fenêtre chinois, commandés en grandes quantités, sont fournis, mais boudés par les éducatrices, alors que le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon se targuait la semaine dernière de vouloir concentrer ses efforts sur le « fabriqué au Québec ».

« Pas juste une question de prix »

« Ça n’a pas de sens [qu’on ne puisse obtenir les masques québécois]. Nous sommes revenus aux masques opaques [en garderies], c’est sûr que c’est un obstacle à la communication [...] Il faut que le gouvernement comprenne que ce n’est pas juste une question de prix et d’avoir une fenêtre sur le masque », a critiqué pour sa part Claire Moussel, directrice générale de l’AQEPA.

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