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3e lien en Basse-Ville: Québec recule et révise son tracé

Exit la sortie au centre-ville pour les automobiles en Basse-Ville

Le tracé du tunnel Québec-Lévis sera revu et corrigé pour empêcher les automobilistes d’accéder au tunnel et d’en sortir dans le quartier Saint-Roch, en Basse-Ville.
Illustation courtoisie Le tracé du tunnel Québec-Lévis sera revu et corrigé pour empêcher les automobilistes d’accéder au tunnel et d’en sortir dans le quartier Saint-Roch, en Basse-Ville.

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Devant la pression populaire, le gouvernement Legault évalue maintenant la possibilité d’abandonner complètement l’embranchement du tunnel Québec-Lévis qui était projeté en Basse-Ville.

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Le cas échéant, le troisième lien relierait les deux rives dans un seul et unique axe, entre l’autoroute Laurentienne, près du Centre Vidéotron (Soumande), et l’autoroute 20, près de la sortie Monseigneur-Bourget, du côté de Lévis.

Le tracé du tunnel Québec-Lévis sera revu et corrigé pour empêcher les automobilistes d’accéder au tunnel et d’en sortir dans le quartier Saint-Roch, en Basse-Ville.
Photo Marc-André Gagnon

Des stations d’échange souterraines avec le futur tramway pour les usagers du transport en commun sont toujours prévues en chemin, notamment au jardin Jean-Paul-L’Allier, en plein cœur de Saint-Roch.

L’objectif ? « Augmenter l’attractivité du transport collectif », a expliqué le ministre des Transports, François Bonnardel.

Autrement dit, convaincre les gens de délaisser leur voiture au profit de l’autobus, qui permettrait un accès plus rapide au centre-ville.

Si des analyses à venir concluent au contraire qu’il serait pertinent de maintenir une bretelle jusqu’à l’îlot Fleurie, l’accès au boulevard Charest sera finalement réservé exclusivement aux autobus, a-t-il confirmé.

Les automobilistes et les camionneurs qui l’empruntent auraient alors pour seul choix celui de rejoindre l’autoroute Dufferin-Montmorency, en direction est, vers Sainte-Anne-de-Beaupré.

Le tracé du tunnel Québec-Lévis sera revu et corrigé pour empêcher les automobilistes d’accéder au tunnel et d’en sortir dans le quartier Saint-Roch, en Basse-Ville.
Illustration courtoisie

Il n’y aurait donc aucune sortie vers le centre-ville ni vers la colline Parlementaire.

Facture inchangée

Si la liaison avec le quartier Saint-Roch est maintenue, tout porte à croire que la facture du projet, estimée entre 6 à 10 milliards $, demeurera inchangée, puisque le plus gros tunnelier au monde devra parcourir le même chemin jusqu’à chaque extrémité.

Il reste à voir quel serait l’impact budgétaire, advenant l’abandon du tronçon projeté jusqu’à l’îlot Fleurie.

Inquiétudes

Ce revirement, cinq mois après le dévoilement du Réseau express de la Capitale (REC), survient alors que plusieurs groupes de citoyens, mobilisés notamment par Québec solidaire, pressent le gouvernement de reculer sur son engagement phare.

La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, qui fait du troisième lien un enjeu national, préférerait que le tunnel soit dédié exclusivement au transport collectif. 

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« J’ai mesuré et compris l’inquiétude des gens de Saint-Roch dans les dernières semaines », a expliqué le ministre Bonnardel, lors d’une mêlée de presse. « Ce n’est pas une guerre à l’automobiliste, loin de là », a-t-il assuré.

C’est le premier ministre François Legault qui a vendu la mèche lors d’une entrevue au Téléjournal, lundi soir. « Sur le tracé, entre autres à Québec, on est ouverts à faire des changements », a-t-il affirmé. 

DES RÉACTIONS

«Ça témoigne encore une fois de l’improvisation. C’est de l’improvisation pure et simple. Aucune étude scientifique ne va cautionner ça. Et du jour au lendemain, on prend un crayon, puis on ferme une sortie. Ce n’est pas crédible. [...] J’espère que cette aberration ne verra pas le jour. »

— Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

« C’est une bonne nouvelle, évidemment, pour le quartier Saint-Roch. On a gagné une première petite bataille, on est loin d’avoir gagné la guerre. [...] Il y a une verrue de moins dans Saint-Roch [...] mais ça ne change absolument rien du côté de la congestion routière qui va s’accumuler au centre-ville, qui va augmenter, des gaz à effet de serre qui vont augmenter. »

— Catherine Dorion, députée solidaire de Taschereau

« Clairement, il y a un déficit de crédibilité grandissant concernant ce projet-là et il n’est pas plus acceptable, tant sur le plan financier, ni sur le plan environnemental, ni sur le plan de la planification des transports. C’est un projet qui s’en va nulle part. »

— Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois

CE QU’EN PENSENT LES ASPIRANTS MAIRES 

Marie-Josée Savard

L’absence de sortie autoroutière dans Saint-Roch est une « bonne nouvelle », a déclaré Marie-Josée Savard. « On connaissait aussi la crainte des citoyens dans ce secteur-là, on la partageait aussi, alors [je suis] heureuse aujourd’hui de savoir que l’option n’est plus sur la table », a-t-elle ajouté. Celle-ci refuse toutefois de se prononcer sur le reste du projet de troisième lien. « C’est le projet du gouvernement » provincial, a-t-elle réitéré. 

Jean-François Gosselin

Jean-François Gosselin s’est dit d’accord, mardi, avec le principe que le futur tunnel Québec–Lévis doit être consacré au transport en commun au centre-ville, comme il l’avait suggéré il y a deux semaines, saluant un « premier ministre à l’écoute de ses citoyens ». Celui qui demandait que la portion autoroutière aille « vers l’est » a toutefois refusé de dire ce qu’il pense de la sortie pour les véhicules sur l’autoroute Laurentienne à la hauteur de Soumande. 

Jean Rousseau

« Pour nous, c’est encore problématique d’avoir une autoroute qu’on fera sortir plus loin. On n’est pas gagnant », a soutenu, mardi, le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau. Selon lui, cela revient à déplacer le problème, puisque les automobilistes qui emprunteront le tunnel et qui aboutiront près d’ExpoCité voudront de toute façon revenir vers le centre-ville. « La portion autoroutière n’a pas sa place, peu importe où elle sort. » 

Bruno Marchand

Le chef de Québec Forte et Fière estime qu’il a encore besoin de détails sur le projet modifié par le gouvernement avant de se prononcer définitivement, d’autant plus que le projet continuera d’évoluer d’ici 2025. Il considère comme « une bonne nouvelle » le fait que les voitures ne se déverseront pas en plein cœur du centre-ville, mais selon lui, il reste du travail à faire. Notamment en ce qui concerne l’étalement urbain, qu’il craint, sur les terres agricoles de Bellechasse. 

Jackie Smith

« On ne le répétera jamais assez : la science est claire, il n’y a pas de besoin pour un troisième lien à Québec », martèle la cheffe de Transition Québec, Jackie Smith. « C’est à l’ouest, à la tête des ponts, qu’il faut optimiser nos infrastructures de transport. » Selon elle, le gouvernement ne veut pas protéger le centre-ville, mais plutôt son projet, qui fait l’objet d’une mobilisation qui « prend de l’ampleur ». 

Propos recueillis par Stéphanie Martin

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