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Un survol éclatant de l'oeuvre de Serge Lemoyne

Celui qui a peint le Canadien de Montréal fait l’objet d’une exposition au Musée national des beaux-arts

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Œuvre majeure de Serge Lemoyne, Dryden épie un jeu de hockey sur table installé pour divertir les visiteurs.

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En sortant de l’éclatante exposition que le Musée national des beaux-arts du Québec consacre présentement à l’œuvre de Serge Lemoyne, une question brûle les lèvres : comment un artiste aussi important dans l’histoire de l’art québécois a-t-il pu sombrer dans l’oubli après sa mort en 1998 ?

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Photo Stevens LeBlanc

Tout dans Lemoyne. Hors jeu démontre pourtant que cet artiste, dont on dit qu’il était inclassable, insoumis, férocement hors-norme, mérite que son nom cohabite avec les Lemieux, les Pellan, les Fortin.

Commissaire responsable de l’exposition, Évelyne Beaudry souligne le peu d’intérêt pour l’art visuel dans les médias, mais aussi dans les universités.

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« Même chez les connaisseurs, Serge Lemoyne est très peu connu. Quand j’ai étudié l’histoire de l’art, il y a une vingtaine d’années, on parlait de Lemoyne, mais seulement en surface. »

Bleu, blanc, rouge

L’ironie est que Lemoyne s’était donné pour mission de désacraliser les arts visuels, de les rapprocher du peuple. « Il voulait rendre les artistes aussi populaires que les rock stars », mentionne Évelyne Beaudry.

Témoin à charge de sa démarche, la série Bleu, blanc, rouge dédiée au Canadien de Montréal de la glorieuse époque des années 1960-70, qui accroche le visiteur dès le début du parcours élaboré par le MNBAQ.

Serge Lemoyne était un artiste qui bousculait les traditions.
Photo Stevens LeBlanc
Serge Lemoyne était un artiste qui bousculait les traditions.

On y retrouve sa toile la plus célèbre, Dryden, montrant l’ancien gardien du Canadien en action. Plus loin, le véritable masque de Ken Dryden côtoie d’autres peintures de légendes du Tricolore.

Le véritable masque de Ken Dryden.
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Le véritable masque de Ken Dryden.

Or, comme le soulignait avec justesse le porte-parole de l’exposition, nul autre que Paul Houde, « réduire l’œuvre de Serge à une obsession du Canadien de Montréal, c’est mal connaître l’artiste ».

Justement, Lemoyne. Hors Jeu, par sa division en grands thèmes, met habilement en valeur ses incontournables : le X flamboyant d’Intersection jaune sur fond noir, par exemple.

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Utilisation récurrente du triangle, immenses toiles aux couleurs vives, exploration du fluorescent, transformation de la structure de ses résidences en œuvres d’art, Lemoyne fascine et étonne autant par son avant-gardisme que par son souci de rendre hommage à des artistes contemporains qu’il admirait.

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« C’est très rare et ça montre tout l’altruisme de ce personnage. Habituellement, les artistes sont en compétition et ne veulent pas donner de la lumière à d’autres artistes. Lemoyne, ce n’est pas juste lui qu’il voulait faire connaître, c’est l’ensemble des artistes », explique Évelyne Beaudry.

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Bref, un artiste lumineux sur qui il était plus que temps qu’on braque les projecteurs.


Lemoyne. Hors Jeu, à l’affiche au pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 9 janvier 2022.

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