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Ému et déçu, Jérémy Gabriel garde la tête haute

GEN-Mike Ward contre Jérémy Gabriel
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Jérémy Gabriel s’est adressé aux médias vendredi, pour réagir à la décision de la Cour suprême du Canada.

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Ému aux larmes et sans cacher sa déception face à la décision de la Cour suprême, Jérémy Gabriel s’est toutefois dit fier d’avoir mené ce combat qui l’a rendu plus fort.

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« Je tiens à dire à ceux qui veulent l’entendre que même dans les pires situations, c’est possible de s’en sortir, et de s’en sortir encore plus fort », a dit le chanteur de 24 ans lors d’un point de presse particulièrement touchant, hier.

Juste après que le plus haut tribunal du pays eut affirmé que les blagues de Mike Ward à son endroit n’étaient pas discriminatoires, M. Gabriel s’est présenté la tête haute devant les médias. Il a expliqué son « grand honneur » d’avoir pris part, en première ligne, à ce débat de société, malgré la souffrance qu’il a vécue.

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« Vivre son adolescence et sa jeune vie adulte avec les mêmes remarques répétées, tant sur mon handicap que sur ma propre vie a été la chose la plus difficile à surmonter », a-t-il dit. 

Son grand regret aura toutefois été de n’avoir jamais pu discuter avec Mike Ward à l’époque.

« J’aurais voulu lui dire toute la détresse que j’ai vécue, a-t-il dit. J’aurais aimé qu’il reconnaisse ses torts. »

Liberté d’expression

Mais s’il a affirmé l’importance de la liberté d’expression, il n’a pas caché son inquiétude quant à la portée de la décision de la Cour suprême.

« Si un humoriste peut dire ces choses à propos d’un enfant sans être responsable, quelle est la limite ? » a-t-il dit.

L’avocat qui l’a représenté devant la plus haute instance du pays a d’ailleurs été du même avis. 

« On risque avec cette décision-là de s’en aller vers une liberté d’expression sans limites », s’est inquiété Me Stéphane Harvey.

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 Tracer la ligne

S’inquiétant de ce que cette décision pourrait être interprétée comme un « passe-droit » pour dire ce que l’on veut, il croit que la Cour suprême devra éventuellement « venir préciser » cette décision dans les prochaines années. 

« On n’a pas tracé encore où s’arrête la dignité de la personne et où s’arrête la liberté d’une personne », a-t-il rappelé.

Me Walid Hijazi, l’avocat qui représentait une association d’humoristes a toutefois rappelé que ces artistes ne jouissaient pas d’une immunité particulière et que leur liberté d’expression n’était pas absolue.

« Celui qui va trop loin s’expose à des poursuites », a dit Me Hijazi.