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Mairie de Québec: les candidats s’échangent des coups sur le transport

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Dans un ultime débat à moins de vingt-quatre heures du début du vote par anticipation, les principaux candidats à la mairie de Québec ont eu des échanges corsés au sujet de la mobilité, vendredi matin.

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Marie-Josée Savard, Jean-François Gosselin et Bruno Marchand se sont affrontés lors d’une joute télévisée d’une vingtaine de minutes animée par Mario Dumont à LCN.

Le chef de Québec Forte et Fière a affirmé que le projet de tramway ne devait pas être un «bar ouvert» et que l’administration sortante n’avait pas expliqué d’où venait la hausse des coûts évaluée à 600 millions $ révélée cette semaine.

«Il n’est pas question qu’on dépense un sou de plus tant qu’on ne saura pas pourquoi, tant qu’on ne sera pas capable de l’expliquer aux citoyens», a déclaré M. Marchand.

Il a signalé que le tiers de cette augmentation serait assumé par la Ville, si elle venait à se concrétiser.

«600 millions, pour les citoyens, c’est une mauvaise nouvelle. Ça veut dire 200 millions de plus à payer pour les citoyens. Il n’y a personne à Québec aujourd’hui qui est content de ça. Vous nous dites que ce n’est pas grave, qu’il n’y a pas de problème», a-t-il lancé à Mme Savard.

Le candidat à la mairie de Québec et chef de QFF, Bruno Marchand
Photo Stevens LeBlanc
Le candidat à la mairie de Québec et chef de QFF, Bruno Marchand

Conjoncture économique

«On confond deux choses, lui a-t-elle répondu. Quand on dit "manque de transparence"... je sais que les collègues utilisent ça présentement, parce qu’ils n’ont pas d’autre poignée pour essayer de me faire mal paraître. C’est loin d’être un manque de transparence. C’est une conjoncture économique», a-t-elle justifié.

Tous les grands projets souffrent de l’inflation et de la surchauffe dans la construction, et le portrait des coûts divulgué cette semaine n’est qu’une «photo» de la situation actuelle, qui risque d’évoluer, a plaidé Mme Savard.

«Pour nous, c’est clair que ce projet-là, on veut aller de l’avant, et ce n’est pas vrai qu’à cause qu’il y a un défi à relever, on va baisser les bras.»

La candidate à la mairie de Québec, Marie-Josée Savard
Photo Stevens LeBlanc
La candidate à la mairie de Québec, Marie-Josée Savard

«Retarder un projet, M. Marchand, et le recommencer à zéro, c’est aussi une hausse de coûts, en plus d’un très grand retard», a-t-elle martelé. 

«La saine gestion des finances publiques, c’est d’être capable d’être aussi transparent, c’est de démontrer qu’il y a un capitaine dans ce bateau-là. Présentement il n’y en a pas», a rétorqué M. Marchand. Il a précisé qu’il était «protramway» et qu’il souhaitait donc sa réalisation, mais qu’il voulait y apporter des améliorations.

Le chef de Québec 21 s’est amusé de cet échange en rappelant qu’il était le seul à proposer une solution de remplacement. Selon la nouvelle estimation, le tramway coûterait 205 millions $ du km, a-t-il soulevé. «Un tramway en insertion urbaine, c’est l’équivalent d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ça ne rentre pas et c’est pour ça que les coûts explosent», a estimé Jean-François Gosselin.

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin
Photo Stevens Leblanc
Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin

«De la poudre aux yeux»

Ses adversaires n’ont pas manqué d’attaquer la crédibilité de son projet de métro léger. «Il n’y a pas un chiffre qui marche. M. Gosselin nous présente de la magie, de la poudre aux yeux», a déclaré Bruno Marchand en pointant la ligne bleue de Montréal, évaluée à 550 M$/km en souterrain.

Par ailleurs, les chefs sont restés campés sur leurs positions relativement au tunnel caquiste entre Québec et Lévis, M. Marchand et Mme Savard disant vouloir attendre de voir le projet final et les études environnementales avant de se prononcer, alors que M. Gosselin promet de «collaborer avec le gouvernement».

La dauphine a toutefois soulevé qu’«on ne peut pas être contre un lien. À Montréal, vous avez 20 liens [...] mais maintenant il faut surveiller le projet qui va être déposé.»

Les candidats se sont aussi envoyé quelques flèches au sujet des taxes commerciales. M. Gosselin est allé jusqu’à traiter Bruno Marchand de «véritable girouette» parce qu’il avait émis des réserves concernant un gel des taxes municipales en début de campagne, pour ensuite s’engager à les réduire pour les commerçants.

Ce segment télévisé met fin à une longue liste de débats où ont été conviés les chefs depuis quelques semaines.

Au terme de ces exercices, Marie-Josée Savard admet qu'elle a trouvé que c'était «beaucoup». «On a eu 14 ou 15. Ça permet aux gens de nous connaître davantage. [...] Mais je vous avoue qu'à un certain moment, je trouvais ça un peu redondant.» Elle se réjouit d'avoir pu exposer ses idées et considère qu'elle était celle qui présentait le plus de contenu.

De son côté, Bruno Marchand, un nouveau venu sur la scène politique municipale, se réjouit de la visibilité que les débats lui apportent. «Les commentaires qu'on reçoit sont très bons. Ça a de l'impact. Dans la rue, pour nos candidats ou pour moi, ça a un impact énorme.» 

– Avec la collaboration de Stéphanie Martin.

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