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Des Sorcières de Salem féministes

Les sorcières de salem
Photo d’archives courtoisie, Théâtre Denise-Pelletier Éveline Gélinas, Emmanuelle Lussier-Martinez et Anne Beaupré Moulounda.

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C’est avec une touche de féminisme que sera présenté le classique du dramaturge américain Arthur Miller, Les Sorcières de Salem, au Théâtre Denise-Pelletier au début novembre.

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Cette pièce écrite en 1953 pour dénoncer la traque aux communistes aux États-Unis, appelée le maccarthysme, a été traduite et adaptée par Sarah Berthiaume et mise en scène par Édith Patenaude. Elles jettent ainsi un nouveau regard sur cette histoire de jeunes femmes qui lancent de fausses accusations dans le village puritain de Salem, au Massachusetts, en 1692.

« Comme on la reprend en 2021, elles avaient envie de rendre cela un peu plus féministe », explique en entrevue téléphonique la comédienne Éveline Gélinas.

Celle qui joue le rôle d’Élisabeth Proctor, une femme faussement accusée de sorcellerie, croit que cet éclairage est tout à fait pertinent avec l’ajout de quelques passages au texte d’origine.

« À l’époque, on aurait vu un procès, une chasse aux sorcières, une injustice, dit-elle. Mais quand on regarde la pièce aujourd’hui, on n’a pas le choix de constater les abus qui ont été faits contre les femmes. Ces jeunes filles qui mentent, on profite d’elles. Elles sont manipulées. »

Ce changement de perspective est notamment porté par le personnage de Tituba, une esclave jouée par Anna Beaupré Moulounda.

« Ce sera une proposition intéressante avec un regard différent », mentionne la comédienne qui ajoute que « les femmes avaient peu de parole et de liberté dans cette pièce [...] Par conséquent, Sarah Berthiaume et Édith Patenaude voulaient quelque peu changer cela en donnant une voix aux femmes », précise-t-elle.

La peur

Les deux comédiennes soulignent que cette pièce colle toujours aux débats contemporains comme celui entourant le mouvement de dénonciation Moi Aussi.

« C’est très d’actualité, note Éveline Gélinas qui évoque notamment le phénomène de complots liés à la COVID-19. Tout ce procès était basé sur des croyances. C’était fondé sur rien. Aujourd’hui, on voit des gens qui expriment des opinions sans s’appuyer sur des faits. Cela existe encore. »

« C’est une pièce sur la peur, ajoute-t-elle. Quand on induit la peur chez les gens, ils sont prêts à faire n’importe quoi pour s’en tirer. Cela peut mener à de la terreur. »

Luc Bourgeois dans la peau d’un révérend, Étienne Pilon dans celle du mari accusé et Emmanuelle Lussier-Martinez, incarnant son amante, font notamment partie de cette distribution.


Les Sorcières de Salem est présentée dès mardi au Théâtre Denise-Pelletier.

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