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3e lien: Catherine Dorion dénonce les arguments «absurdes» du gouvernement

Catherine Dorion de Québec solidaire lors des points de presse d
Photo d'archives Catherine Dorion, Députée solidaire

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La députée solidaire Catherine Dorion trouve « absurdes » les arguments avancés par le gouvernement à la défense du 3e lien, puisque les voitures vont demeurer une source de pollution, même lorsqu’elles seront toutes électriques, selon elle.

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Dans une entrevue publiée dans nos pages, vendredi, les ministres caquistes Jonatan Julien et François Bonnardel ont fait valoir que la majorité du parc automobile québécois sera électrique, quelques années après la mise en service du tunnel Québec–Lévis. L’impact sur les gaz à effet de serre deviendra donc rapidement inexistant, laissent-ils comprendre. 

« Tout ça, ce n’est même plus insultant à quel point c'est orwellien, l’inverse de la vérité. C’en est rendu soit complètement décourageant, soit drôle », a réagi la députée de Taschereau, qui mène la charge contre le 3e lien avec son collègue de Jean-Lesage, Sol Zanetti. 

« Un char électrique, ce n’est pas la panacée, a répliqué Mme Dorion. Ce n’est pas vrai qu’un char électrique, ça ne pollue pas. Un char électrique, même, ça pollue plus lors de sa fabrication qu’un char à essence. » 

Elle songe notamment aux batteries et à tout ce qu’implique le recyclage des véhicules électriques lorsqu’ils arrivent en fin de vie utile. 

La Rive-Sud « menacée »

Alors que MM. Julien et Bonnardel affirment que l’étalement urbain sera freiné par la densification et que la protection du territoire agricole sera assurée, Mme Dorion demeure convaincue que les deux phénomènes sont inévitables si le 3e lien se réalise.

« De l’étalement urbain, c’est sûr qu’il va y en avoir. Et qu’ils ne viennent pas nous dire qu’il n’y aura pas de dézonage agricole », croit la députée de Québec solidaire.

Elle s’en fait également pour la Rive-Sud, puisque le tunnel doit déboucher, du côté de Lévis, à proximité de terres fertiles.

« J’aimerais tellement ça que les gens réalisent que ce qui va arriver à la Rive-Sud, ça va être catastrophique, a souligné Mme Dorion. Tous les boisés qu’ils aiment, tous les espaces naturels, les zones agricoles où c’est le fun d’aller, tous les petits villages où les autos sont moins présentes, où c’est tranquille et où on va la fin de semaine cueillir des pommes, etc. Tout ça est menacé par l’étalement urbain. Tout ça peut devenir une espèce d’océan de béton développé n’importe comment. »

Par ailleurs, si des ministres caquistes se tournent maintenant vers les médias pour défendre leur projet, c’est qu’ils « sentent qu’ils sont menacés », que « le vent est en train de tourner » en raison de la mobilisation contre le 3e lien.

Pas d’études avant 2023

Pour le député péquiste Sylvain Gaudreault, qui a réagi lui aussi aux propos des deux ministres caquistes, le gouvernement est mal placé pour donner des leçons.

« Eux-mêmes, ils nagent dans les mensonges sur le troisième lien », a dit le député de Jonquière, en rappelant qu’aucune étude démontrant que 50 000 véhicules par jour circuleront dans le tunnel n’a encore été rendue publique. 

Lors de son entretien avec notre Bureau parlementaire, M. Bonnardel a indiqué qu’il faudra attendre le début des audiences publiques du BAPE, en 2023-2024, avant que ces données soient publiées.

« Ils ont honte de la réalité », croit Mme Dorion, qui y voit « clairement un manque de transparence ». 

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