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Aucune étude environnementale n’empêchera la construction du 3e lien, prévient le ministre Charette

Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette
Photo d'archives, Agence QMI Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette

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Aucune évaluation environnementale ne pourra empêcher la construction du troisième lien entre Québec et sa Rive-Sud, pas même celle pilotée par le fédéral, prévient le ministre Benoît Charette.

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Qu’elles soient réalisées par Ottawa, le BAPE, Transports Québec ou le ministère de l’Environnement, les études sur le projet de tunnel Québec-Lévis serviront à atténuer les impacts du projet sur l’environnement, pas à le bloquer.

« Lorsqu’il est question d’infrastructures de cette nature-là, les évaluations environnementales visent davantage à atténuer les impacts environnementaux négatifs, et non pas de remettre en question l’infrastructure, et non pas dans l’optique d’empêcher sa construction », a précisé mardi le ministre de l’Environnement, alors que les dirigeants du monde entier sont réunis cette semaine à Glasgow pour la 26e conférence de l’ONU sur le climat.

Benoît Charette estime d’ailleurs que la décision du fédéral de lancer sa propre étude environnementale sur le troisième lien est « tout simplement inutile ». D’autant que le Québec fera ce qu’il veut, peu importe ce qu’en disent les troupes de Justin Trudeau.

« C’est des dédoublements d’argent, des dédoublements de temps qui ne sont pas productifs dans les circonstances et le fédéral ne pourrait pas, ultimement, empêcher la construction d’une infrastructure de cette nature-là », a insisté le ministre Charette.

Selon le constitutionnaliste Patrick Taillon, les chances qu’Ottawa tente de bloquer le projet de troisième lien autoroutier sont très faibles, tout comme ses chances de succès.

N’empêche, le professeur de droit de l’Université Laval estime que le fédéral aurait une poignée pour faire avorter la construction du tunnel « si le troisième lien affecte des poissons ».

Legault rejette les critiques

Depuis l’Écosse, où il participe à COP26, François Legault a rejeté mardi les critiques de sept experts qui estiment que son gouvernement avance des « faussetés » pour justifier la construction d’un important tunnel entre Québec et Lévis.

La Rive-Sud de Québec et ses régions à l’est n’ont pas la densité de population requise pour offrir uniquement du transport en commun dans le troisième lien, estime le premier ministre.

Dans une lettre publiée par Le Journal, les scientifiques écartent notamment l’argument selon lequel les voitures électriques rendront le projet plus vert.

L’idée, avancée par le ministre des Transports, a rebondi mardi à l’Assemblée nationale lorsque les trois partis d’opposition ont joint leurs voix à celles des experts.

Voies réservées et recyclage

Le premier ministre fait valoir que deux voies sur six seront réservées au transport en commun dans le tunnel Québec-Lévis.

De plus, le Québec veut développer une industrie de recyclage des batteries électriques, rappelle-t-il en réponse aux critiques qui estiment que celles-ci sont une grande source de pollution.

Le chef parlementaire de Québec solidaire croit que le Québec aurait tout pour être champion du monde de la transition écologique.

« Malheureusement, l’obsession de François Legault pour le troisième lien nous en empêche », a déploré Gabriel Nadeau-Dubois. 

D’AUTRES VOIX CONTRE LE PROJET 

« Il y a une espèce d’entêtement à ne pas vouloir voir clair de la part du gouvernement. Je ne suis pas sûr que c’est de la mauvaise foi. Je pense qu’ils ne mesurent pas l’énormité de leur bêtise »

– Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil région de l’environnement (CRE) – Capitale-Nationale


« Dans ce dossier-là, on a toujours essayé de démontrer qu’il n’y avait aucune science derrière le projet de troisième lien. Ce projet-là n’a juste pas de sens. Il tient beaucoup plus du dogme et de l’électoralisme que de la science »

– Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables


« L’évaluation environnementale d’un projet, ce n’est pas que l’émission de gaz à effet de serre (GES). Ultimement, il y a la demande induite due à l’étalement urbain. Ça a été démontré scientifiquement. »

– François Pepin, président de Trajectoire Québec

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