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Québec permet la reprise de la danse et du karaoké, le télétravail n'est plus exigé

Les mesures sanitaires enfin allégées dès le 15 novembre

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Il sera de nouveau permis de danser dans les bars et de chanter au karaoké, à compter du 15 novembre, a annoncé le ministre de la Santé Christian Dubé, dans le cadre de plusieurs nouveaux assouplissements sanitaires. La Santé publique a aussi révisé sa recommandation sur le télétravail, de façon à encourager le retour en présentiel. La levée de l’obligation de tenir un registre des clients dans les restaurants, la fin du port du masque en classe au secondaire et l’imposition du passeport vaccinal pour aller skier à la montagne, révélées par Le Journal, mardi, ont aussi été confirmées.

• À lire aussi: Levée du port du masque en classe au secondaire et fin du registre dans les bars et restaurants 

Retrouver le droit de danser... masqué

En tête de liste des «bonnes nouvelles» qui entreront bientôt en vigueur: le retour des planchers de danse dans les bars et les restaurants, de même que lors de mariages ou d’activités organisées. 

Dans ces lieux, même dans les salles de spectacles, il ne sera plus nécessaire de s’asseoir à une place assignée. «Oui, on peut se lever, on peut danser, mais on doit garder le couvre-visage», a toutefois précisé le ministre de la Santé Christian Dubé.     

  • Écoutez l'entrevue avec Stéphanie Morin, propriétaire du bar karaoké Au Vieux St-Hubert sur QUB radio:    

Autrement dit, les Québécois retrouveront le droit de danser... à condition de porter le masque. 

Le 15 novembre marquera aussi la fin du purgatoire pour le karaoké, activité bannie dans la foulée d’une méga éclosion dans un bar de quartier de Québec qui a fait un mort, l’automne dernier. 

Les chanteurs devront toutefois conserver une distance de deux mètres avec la foule, à moins de porter le masque ou de se retrouver derrière une barrière physique, comme un plexiglas. 

«Je me suis un petit peu étouffé quand j'ai vu la recommandation du Dr Arruda sur le karaoké», a avoué le ministre Dubé, avant d’assurer qu’il est tout de même «très content» pour tous ceux qui étaient privés de ce divertissement depuis un an. 

Il a confirmé par ailleurs les informations du Journal de Québec au sujet de la fin de l’obligation de tenir un registre dans les bars et restaurants, en plus de la levée du port du masque obligatoire en classe à l’école secondaire.

Ces nouvelles mesures entreront toutes en vigueur à compter du 15 novembre prochain.  

Photo Stevens Leblanc

Retour au travail en présentiel

Alors que naissent des initiatives comme «J’aime travailler au centre-ville», pour ramener des travailleurs dans les lieux d’affaires de Montréal, la Santé publique a décidé de revoir sa recommandation concernant le télétravail. 

«La consigne de privilégier le télétravail prend fin, ce qui veut dire que le retour en présentiel est donc possible», a résumé le ministre Dubé. 

Il laisse cependant le soin à chaque employeur de déterminer la formule qui lui convient le mieux. 

À l’heure actuelle, la Santé publique suggère encore de privilégier une prestation à distance, mais à compter du 15 novembre, ce sont les formules mixtes, permettant la poursuite du télétravail et le retour en présentiel, qui seront recommandées.    

  • Écoutez l'analyste en politiques publiques Patrick Déry avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Encore 12 000 non-vaccinés dans le réseau de la santé

Ça regarde encore mal pour l’imposition de la vaccination obligatoire dans le réseau de santé, d’abord prévue en date du 15 octobre, qui a dû être reportée d’un mois. 

Même si Christian Dubé promet de faire le point cette semaine, on comprend entre les lignes qu’on est encore loin de la cible. 

«Les chiffres n'ont pas bougé», regrette le ministre de la Santé. Des 14 000 employés non vaccinés répertoriés il y a trois semaines, on en compte encore 12 000. 

«Moi, je dis que l'aiguille n'a pas suffisamment bougé», s’est limité à dire M. Dubé, qui continue de faire des simulations avec les PDG des CISSS et des CIUSSS pour éviter de perturber l’offre de services. 

«Je vous en reparlerai cette semaine. La bonne nouvelle, c'est que la situation épidémiologique [...] est bonne», a laissé planer M. Dubé. 

Photo Stevens Leblanc

Une dose «avant Noël» pour les 5 à 11 ans

Le grand patron de l’opération de vaccination au Québec, Daniel Paré, se donne pour objectif d’administrer une première dose de vaccin «avant Noël» aux enfants de 5 à 11 ans. 

M. Paré assure qu’il sera prêt à procéder «rapidement» dès qu’il aura «le go» de Santé Canada. 

Dans l’attente, Québec prépare une vaste campagne de communication pour convaincre les parents de l’importance de faire vacciner son enfant. 

De «petites activités» planifiées spécialement pour ce groupe d’âge seront aussi organisées lorsque viendra le temps de leur donner le vaccin, a laissé entendre M. Paré, en se réservant «la surprise» pour l’ouverture des sites de vaccination.     

  • Écoutez l’analyse de la Dre Nathalie Grandvaux, codirectrice du Réseau québécois COVID – Pandémie:   

Le plan des Fêtes se fera encore attendre

Il faudra possiblement patienter jusqu’à la mi-novembre avant de savoir quelles mesures seront en vigueur pendant la période des Fêtes. 

Le gouvernement Legault et la Santé publique, qui avaient dû reculer sur plusieurs allègements promis pour Noël l’an dernier, ne veulent vraisemblablement pas gâcher la fête encore une fois cette année. 

«C'est sûr que la vaccination des jeunes va être aidante pour le temps des Fêtes», a souligné le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. 

  • Écoutez les réactions de Yves Juneau et Stéphanie Morin au micro de Mario Dumont ici

Le ministre Dubé a aussi interpellé les 700 000 Québécois qui ne sont pas encore vaccinés. «Il reste du temps pour aller se faire vacciner avant les Fêtes», a-t-il souligné, en leur demandant «un coup de main». 

Les assouplissements annoncés font des heureux

Une ambiance plus festive dans les bars

Élizabeth Pratte, de La Ninkasi, a bien hâte de reprendre le micro pour chanter devant des spectateurs.
Photo Jean-François Racine
Élizabeth Pratte, de La Ninkasi, a bien hâte de reprendre le micro pour chanter devant des spectateurs.

L’ambiance sera moins terne dans les bars avec le retour du karaoké.

Pour ce type d’activité, la personne qui chante devra porter un couvre-visage si elle ne peut se placer à une distance d'au moins deux mètres des autres participants ou des spectateurs.

Cet assouplissement fournira un peu d’air à plusieurs tenanciers. « Ça donne espoir pour le futur et ça va sûrement aider pour les revenus. Par contre, avec la pénurie de main-d’œuvre, je ne sais pas trop comment nous allons nous débrouiller. Nous allons faire de notre mieux ! », explique Mathieu Cloutier, copropriétaire de La Ninkasi, sur la rue Saint-Jean, à Québec.

Le karaoké, qui représente 30 % du chiffre d’affaires de la boîte, est fort attendu puisque la première soirée s’annonce complète.

À Montréal, le Taverne Cobra, sur Saint-Laurent, affiche aussi « le plus gros karaoké » de son histoire le 19 novembre.


La vie nocturne s’animera davantage

Photo Fotolia

La vie nocturne aussi pourra s’animer un peu plus avec le retour de la danse.

Dans bien des bars, les clients n’avaient pas envie de demeurer assis toute la soirée.

Selon Pierre Thibault, de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ), les clients étaient impatients d’en profiter.

« Les boîtes de nuit respirent mieux aujourd’hui. Elles ont les plus gros loyers aussi. Un 1000 places à Montréal, c’est autour de 35 000 $. C’est une bonne nouvelle et tout le monde se prépare à repartir. Il était temps », affirme M. Thibault, président fondateur et propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement, à Montréal.

Sans mentir, il devenait de plus en plus pénible de jouer à la police dans les établissements où les clients voulaient bouger.

« Ça commençait à sortir du cadre et c’était plus difficile de contenir les gens », termine-t-il.


Moins d’attente pour skier

Photo d'archives

La saison de ski sera également plus agréable avec la permission, pour les stations, d’opérer les remontées mécaniques au maximum de leur capacité.

Le passeport vaccinal sera toutefois exigé et le masque sera nécessaire dans les télécabines.

L’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) se réjouit des assouplissements.

« C’est une excellente nouvelle de pouvoir opérer à 100 % la capacité des remontées mécaniques et de ne plus avoir à limiter le nombre de visiteurs à l’extérieur », a précisé le PDG Yves Juneau.

« Effectivement, c’est une bonne nouvelle. Ce fut parfois un parcours du combattant l’an dernier », ajoute Mélanie Morneau, du centre de ski Le Relais, à Lac-Beauport.

« On est très heureux des annonces, malgré l’ouvrage que ça va nous apporter en urgence parce que le début de la saison s’en vient bientôt », mentionne Michel Couture, propriétaire de Ski Saint-Bruno.


Des travailleurs pour relancer l’économie

Le télétravail, qui ne sera plus exigé, devrait aider à stimuler l’économie autant à Montréal qu’à Québec.

« Ça va aider énormément. Plusieurs entreprises attendaient de voir ce que ferait le gouvernement. Même à deux ou trois jours par semaine, les gens vont dépenser plus et reprendre des habitudes qu’ils aimaient comme le lunch avec des collègues », affirme Steeve Lavoie, de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

« Ne reste plus qu’à annoncer le retour des fonctionnaires dans les centres-villes », a aussi affirmé le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

L’organisation vient d’ailleurs de lancer, le 1er novembre, une toute nouvelle campagne publicitaire intitulée « J’aime travailler au centre-ville ». 

— Par Jean-François Racine, Le Journal de Québec

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