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Québec veut plus de travailleurs étrangers pour enrayer la pénurie

Vendeurs, conducteurs de camions, bouchers...

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Vendeurs, conducteurs de camions, bouchers, aides-enseignants, commis de banque. En pleine crise de la main-d’œuvre, Québec ouvre la porte à accueillir plus rapidement des milliers de nouveaux travailleurs étrangers.

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Mardi, le ministre du Travail, Jean Boulet, a dévoilé les métiers qui devraient pouvoir profiter de nouveaux assouplissements dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Les secteurs visés sont notamment le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et la transformation alimentaire. 

Cette annonce tombe alors qu’Ottawa est pointé du doigt pour ses retards dans le traitement des demandes d’étude de l’impact sur le marché du travail. Une étape nécessaire afin qu’un travailleur puisse travailler ici.   

  • Écoutez l'entrevue du ministre du Travail, Jean Boulet, avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Récemment, jugeant «inacceptables» ces délais, Québec a réclamé à Ottawa la permission d’assumer les pleins pouvoirs en matière d’immigration.

Hausse du seuil

Pour combattre la pénurie de main-d’œuvre, Québec propose de hausser de 10% à 20% le seuil du nombre de travailleurs étrangers pour certaines industries lourdement affectées par le manque de paires de bras. 

«C’est une méchante bonne nouvelle», a indiqué au Journal Alain Poirier, PDG de Soleno. «On en a 31, on va pouvoir plus que doubler à 70 dans notre cas», a poursuivi l’homme d’affaires, à la tête de 550 travailleurs.

Chez Olymel, on salue aussi ces assouplissements. On demande d’ailleurs depuis longtemps le relèvement du plafond à 20%. «La pénurie de main-d’œuvre est actuellement très sévère», a noté la direction, dont l’entreprise compte 575 travailleurs provenant de l’international.

Le gouvernement Legault souhaite aussi élargir le nombre de professions qui seront admissibles au traitement simplifié des demandes. C’est dans cette liste qu’on retrouve maintenant, entre autres: vendeurs dans un commerce, conducteurs de camions de transport, bouchers et aides-enseignants.

Cela signifie que des géants comme Costco, Canadian Tire, Walmart ou Amazon pourront recruter plus rapidement à l’étranger, mais également des enseignes québécoises dans le monde du commerce de détail. 

«Nous avons eu des enjeux de recrutement. C’est une bonne nouvelle», a répondu la présidente de Tristan, Lili Fortin, qui n’écarte pas la possibilité d'utiliser un jour cette option.

Le Conseil canadien du commerce de détail et le Conseil québécois du commerce de détail n’ont également pas tardé à applaudir ce changement. Tout comme Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).

«Nous demandons maintenant au gouvernement fédéral de s’assurer que ces mesures temporaires pourront se déployer rapidement», a affirmé la PDG de MEQ, Véronique Proulx.

Pas à court terme

Raymond Bureau, ancien consultant en recrutement, estime que, malgré la bonne volonté du gouvernement, cette solution ne réglera pas les maux de tête des entreprises à court terme.

«Ça fait 20 ans que je fais ça. Ça m’étonnerait que du jour au lendemain tout s’améliore», a-t-il prévenu. «C’est compliqué parce qu’ils doivent parler français quand ils arrivent ici et en plus ils apprennent qu’ils doivent aussi maîtriser l’anglais pour faire les voyages aux États-Unis», a-t-il ajouté.

Raymond Bureau, camionneur consultant recrutement, qui travaille à la conformité et à la sécurité de Kriska, a été auparavant consultant. Il a visité les Philippines et la Pologne, notamment, à la recherche de camionneurs pour nos entreprises.
Photo courtoisie
Raymond Bureau, camionneur consultant recrutement, qui travaille à la conformité et à la sécurité de Kriska, a été auparavant consultant. Il a visité les Philippines et la Pologne, notamment, à la recherche de camionneurs pour nos entreprises.

En 2020, le secteur manufacturier employait 4800 travailleurs étrangers temporaires, soit 14,6% des 33 000 autorisés au Québec.

Ces nouvelles mesures devront toutefois être encore approuvées par Ottawa. Si c’est le cas, ce projet pilote devrait être en vigueur jusqu’au 31 décembre 2023. Il pourra être reconduit par la suite.

«Nous nous attendons à une mise en œuvre rapide de ceux-ci par le gouvernement fédéral», a indiqué dans un communiqué le ministre Boulet.

Québec remboursera «jusqu'à 50% des frais admissibles pour une activité de recrutement à l’international, sans excéder 1200$».

Quelques professions supplémentaires qui pourront profiter du traitement simplifié      

  • Commis des services du personnel   
  • Commis de banque   
  • Agents de recouvrement   
  • Commis aux pièces   
  • Répartiteurs   
  • Aides-infirmiers   
  • Aides-enseignants   
  • Conducteurs de camions de transport   
  • Ouvriers de fonderies   
  • Vendeurs (commerce de détail)      

Source : ministère du Travail

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