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Entrevue avec Balarama Holness: le «mythe» du Montréal franco

Au-delà des controverses, il a tenté d’incarner la troisième voie dans la campagne

Balarama Holness
Photo Agence QMI, Thierry Laforce Balarama Holness ne croit pas que sa position controversée sur le français lui nuise.

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Malgré une prise de position controversée sur le bilinguisme et une fusion houleuse avec un autre parti, Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal et candidat à la mairie, estime avoir mené une bonne campagne, si bien que ses adversaires ont peur de lui.

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L’ancien joueur de football Balarama Holness avait tenté sans succès de se faire élire en 2017 comme maire de Montréal-Nord avec l’équipe de Valérie Plante, Projet Montréal. 

Il a par la suite orchestré la mobilisation pour une consultation publique sur le racisme systémique à la Ville de Montréal. 

Bien connu dans le monde municipal, M. Holness a tenté cette année le pari d’incarner la troisième voie qu’il qualifie « de l’avenir ».

S’il a réussi à s’imposer comme incontournable en montant jusqu’à 13 % dans les intentions de vote, la campagne de Balarama Holness a aussi été houleuse. 

Vous dites que Denis Coderre et Valérie Plante représentent le passé, mais vous vous étiez présenté avec Mme Plante. Qu’est-ce qui a changé ?

Beaucoup de personnes pensaient que Projet Montréal était le parti de l’avenir en 2017. Mais ils ont attendu trois ans et demi pour adopter le règlement [sur le logement social et abordable]. Pendant ce temps, la ville est devenue inabordable.

Vous souhaitez d’ailleurs empêcher les promoteurs de payer une compensation pour ne pas avoir à construire de logements sociaux.

Au jour 1, nous allons fermer la porte de sortie pour les promoteurs.

Un statut de cité-État pour Montréal, est-ce réaliste ? C’est Québec qui décide de vos pouvoirs. 

Ça se peut que je sois 10 ou 20 ans en avant de mon temps. Pour électrifier les autobus de la STM et les véhicules municipaux, notre équipe de recherche croit que ça coûterait 6 G$. Pour vraiment combattre les changements climatiques, il nous faut de nouveaux modes de revenus. On a les poches vides. 

Mais le statut de métropole donne déjà des pouvoirs de taxation.

C’est négligeable. Québec décide de tout pour nous, comme en éducation et en immigration. Je pense que Montréal doit avoir un regard sur le cursus qui est enseigné dans notre ville. Nous n’avons pas la même réalité que les régions, mais on enseigne la même chose. 

Votre souhait de rendre Montréal officiellement bilingue est controversé. Vous ne pensez pas que ça vous fait perdre des votes auprès des francophones.

Non, parce que nous sommes à 12 % des intentions de vote. Il y a cette idée que Montréal est blanc francophone, mais c’est un mythe. Montréal est multiculturel, multilinguistique, et ce n’est pas controversé pour beaucoup de gens. 

Vous proposez de baisser le budget de la police. Le budget de la police, c’est surtout des salaires, où couperez-vous ?

Le budget n’arrête pas d’augmenter. Il faut plus de redditions de comptes. Il y a trop de cadres qui font 200 000 $ par année. C’est rendu une grosse machine bureaucratique. Aussi, je ne veux pas payer quelqu’un 120 000 $ à changer des [feux de circulation] et donner des contraventions à des itinérants. Je veux qu’ils combattent le crime organisé et la prolifération des armes à feu. 

Vous êtes vu comme le candidat de la diversité, mais il n’y a rien dans votre plateforme sur l’inclusion des minorités dans la Ville.

Non, parce que l’inclusion est normale. La seule raison pour laquelle on a besoin d’une politique d’inclusion à la Ville de Montréal, c’est parce que les partis politiques [au pouvoir] reflètent le racisme systémique. 

Le chef du Ralliement pour Montréal, Marc-Antoine Desjardins, a quitté votre parti trois semaines après la fusion de vos formations. Ça n’a pas été un grand succès.

Ça a été un grand succès. On est passé de 44 candidats à 73 candidats.

Vous êtes rendus à 68 aujourd’hui.

C’est plus haut que 44.

Avez-vous vraiment des chances de faire élire un conseiller ? 

On est proches dans certains arrondissements. L’enjeu, c’est que nous avons moins de data et d’argent pour faire sortir le vote que nos adversaires. Ça va être un grand défi.

Denis Coderre a dit qu’un vote « pour Balarama Holness, c’est un vote pour Valérie Plante ». Qu’en pensez-vous ?

Il dit ça parce qu’il tremble dans ses bottes. Denis Coderre a peur de perdre parce que toute son identité est ancrée dans le monde politique. 

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