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Entrevue avec Valérie Plante: moins sexy, mais aussi audacieux

La mairesse sortante Valérie Plante qualifie ses 60 000 logements abordables de «ligne rose» de 2021

Valérie Plante
Photo Chantal Poirier La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, a prévu 800 millions $ pour réaliser sa promesse de construire 60 000 logements abordables au cours des 10 prochaines années.

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La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, ne croit pas avoir moins d’ambition qu’il y a quatre ans, bien que sa plateforme comporte de nombreux projets déjà mis en place dans les dernières années.

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Plusieurs dizaines des quelque 250 engagements pris par Projet Montréal cette année ont déjà été mis en branle. Certains sont même repris d’il y a quatre ans. 

Cette fois, pas de 300 autobus, pas de règlement 20-20-20, pas de ligne rose du métro. En entrevue éditoriale avec Le Journal, Valérie Plante se défend toutefois d’avoir baissé ses attentes et d’être devenue réaliste après avoir passé quatre ans au pouvoir. 

Elle met de l’avant son projet de faire construire 60 000 logements abordables (à 90 % du prix du marché) en dix ans.

« Mes 60 000 logements, c’est ma ligne rose de l’habitation, juge-t-elle. C’est moins sexy, mais pour moi c’est l’équivalent en termes d’audace. »

Construire 60 000 logements abordables en 10 ans. Est-ce faisable ? 

Oui, c’est possible. La Ville a une capacité d’emprunt qui est vraiment importante. On achète des terrains et après, on les prête à des OBNL ou à du privé. Les gens ne pourront pas flipper [ces logements] ou les revendre deux fois le prix.

Vous avez prévu 800 M$, on n’achète pas grand-chose avec ça à Montréal, comme terrain, malheureusement.

Absolument, mais on considère que 800 M$, c’est un montant substantiel et en plus, le fait de louer les terrains va amener des revenus également.

Ce sera juste du neuf, ou il y aura encore de l’existant et des subventions comme dans les 6000 logements abordables de votre mandat ?

Du nouveau, c’est ce qu’on vise, mais si on est capable d’utiliser le parc immobilier existant et le rénover, c’est tant mieux. 

En 2017, vous avez promis la ligne rose. Est-ce qu’il va y avoir une nouvelle ligne de métro souterraine à Montréal ?

Peut-être pas ou peut-être pas tout de suite. Mais l’idée est d’avoir des options. On a réussi à faire mettre dans les livres comptables du gouvernement du Québec le tronçon ouest de la ligne rose [sous forme de tramway], du centre-ville jusqu’à Lachine. J’en suis extrêmement fière. 

Dans votre plateforme, il y a beaucoup d’engagements qui sont déjà en cours à la Ville. Êtes-vous plus réaliste qu’en 2017 dans vos promesses ?

On a mis des projets [déjà enclenchés] dans notre plateforme pour que les gens voient qu’on n’attend pas et qu’on trouve qu’ils sont les meilleurs. Je ne pense pas que ce soit d’être plus réaliste. 

Vous dites avoir livré vos promesses, mais vous promettez comme en 2017 le transport collectif gratuit pour les aînés et la taxe sur les investisseurs étrangers en immobilier. 

Avec la pandémie, il fallait que je fasse des choix. J’ai gelé les taxes, on a [coupé] 123 M$ dans le budget. Je n’étais pas capable de mettre la gratuité pour les aînés cette année. J’ai mis un rabais pour montrer mon intention et l’an prochain, ce sera gratuit.

Vous vous êtes présentée comme la mairesse de la mobilité. Votre escouade mobilité et la brigade des chantiers ont vu le jour. Pourquoi les gens sont encore pris dans le trafic, malgré le télétravail ?

C’est parce qu’il y a encore plein de chantiers, c’est la réalité. C’est plate à dire, mais on a un déficit d’infrastructures. Denis Coderre avait lancé un plan de 10 ans d’investissements dans les infrastructures. Quand je suis devenue mairesse, j’ai trouvé que c’était responsable [de continuer]. Bien sûr, il y a encore place à l’amélioration pour la mobilité, la sécurité et l’habillage des chantiers. 

Pendant votre mandat, certains élus ont critiqué votre style de gestion, certains ont quitté votre équipe. Allez-vous laisser plus de marge de manœuvre aux équipes en arrondissement si vous êtes réélue ?

Un parti politique, c’est comme une famille. Il y a plein d’opinions. Ce n’est pas une question de dire aux gens de marcher dans le rang, mais c’est important qu’on s’entende sur de grandes orientations. Pendant la COVID, on a mis des projets de côté, et c’est sûr qu’il y en a qui n’ont pas aimé ça et auraient voulu qu’on continue de pousser notre agenda. 

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