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Rive-Nord de Montréal: une lutte serrée à trois candidats à Laval

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Stéphane Boyer, chef de Mouvement lavallois et dauphin du maire sortant, Marc Demers.

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Trois candidats qui reconnaissent avoir de la difficulté à se faire connaître auprès des citoyens de Laval se disputent chaudement la mairie de la troisième plus grande ville du Québec.

Olivier Faucher, Le Journal de Montréal

Après avoir tenu pendant huit ans les rênes d’une ville entachée par les scandales de corruption de l’ère Gilles Vaillancourt, le maire sortant de Laval, Marc Demers, quitte la politique municipale, laissant la place à un nouveau visage. 

Si Marc Demers l’avait emporté avec 46 % des voix en 2017, un récent sondage CROP–Radio-Canada paru le 21 octobre a montré que la course pourrait être serrée pour son dauphin, Stéphane Boyer. 

Ce dernier récoltait 14 % des intentions de vote et détenait une mince avance sur les candidats Michel Trottier, chef du Parti Laval, et Sophie Trottier, chef d’Action Laval, qui affichaient chacun 11 %. Pas moins de 56 % des répondants affirmaient être indécis.

Le chef du Parti Laval, Michel Trottier, lors du débat de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Le chef du Parti Laval, Michel Trottier, lors du débat de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval.

Dur d’être connu

Pour tout candidat à Laval qui n’est pas le maire sortant, le défi de se faire connaître par les citoyens reste important.

Les candidats à qui Le Journal a parlé reconnaissent tous qu’il y a un déficit de couverture médiatique. Cela rend difficile le fait d’informer 430 000 citoyens et plus de la troisième plus grande ville au Québec.

« C’est un enjeu, parce que si les Lavallois ne savent pas ce qui se passe dans leur ville, c’est difficile de développer un sentiment d’appartenance et de susciter une implication citoyenne » mentionne Stéphane Boyer, qui estime toutefois qu’il y a un « regain démocratique » à Laval depuis l’ère Vaillancourt, marquée par une hausse des candidatures.

Michel Trottier déplore que très peu de journalistes couvrent la politique lavalloise.

« Ça permet à une administration municipale de voguer allègrement sans reddition de compte envers les citoyens », déplore-t-il en promettant toutefois d’adopter un « style Régis Labeaume » pour que Laval se fasse davantage entendre sur la place publique s’il est élu.

Le candidat de la continuité

Stéphane Boyer fait de la sécurité, de l’environnement et de l’habitation ses trois priorités. Il propose une certaine continuité de l’ère Marc Demers.

« C’est le même gâteau à la vanille avec un crémage différent, résume-t-il Dans les projets amorcés, je souhaite les poursuivre et les mettre à terme. Je suis quelqu’un de différent avec une personnalité différente et c’est certain que sur certains enjeux, je vais avoir une approche différente. »

Appels au changement

Pour les autres candidats, c’est une occasion pour déloger le Mouvement lavallois.

« Je suis tout à fait à l’endroit où je veux être dans le dernier stretch », fait savoir Michel Trottier, chef du Parti Laval, en commentant le sondage.

Le chef de l’opposition propose un « rattrapage massif » de 225 millions $ dans les investissements sur les infrastructures de culture, sports et loisirs, notamment en construisant deux piscines publiques. Il souhaite aussi hausser plusieurs cibles environnementales fixées par Marc Demers.

La cheffe d’Action Laval, Sophie Trottier, lors du débat de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
La cheffe d’Action Laval, Sophie Trottier, lors du débat de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval.

Pour sa part, Sophie Trottier estime que les citoyens veulent un changement à l’hôtel de ville. C’est d’ailleurs dans la salle du conseil municipal que la chef d’Action Laval veut exécuter sa plus grande priorité : celle d’un « changement de culture » qui prévoit plus de transparence et de consultation citoyenne, et moins de partisanerie.

Michel Poissant, chef de Laval Citoyens arrivait quatrième dans les intentions de vote avec 2 %. Sa priorité est de réduire la bureaucratie dans les différents services municipaux. 

À Repentigny, un scrutin sous le signe des enjeux de diversité  

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Photos courtoisie

Les trois candidats à la mairie de Repentigny font campagne sur des questions de vivre-ensemble et de lutte au profilage racial dans une ville de plus en plus multiculturelle.

Nora T. Lamontagne, Le Journal de Montréal

« C’est un dossier qui va prendre énormément de temps, mais il faut au moins avoir le courage d’entreprendre le dialogue avec la communauté noire », souligne Nicolas Dufour, 34 ans, un ancien député bloquiste qui se présente cette fois au municipal pour Avenir Repentigny.

Ville-dortoir majoritairement blanche au tournant des années 2000, Repentigny s’est diversifiée et a attiré un nombre grandissant de banlieusards racisés – surtout d’origine haïtienne – qui représentaient 9,3 % de sa population en 2016. 

Certains ont cependant déchanté après leur déménagement en se faisant interpeller à répétition par les policiers sans n’avoir rien à se reprocher. 

Profilage racial

Un rapport commandé pour faire la lumière sur le profilage racial à Repentigny a déterminé que les personnes issues de minorités visibles avaient eu de 2,5 à 3 fois plus de risques d’être interpellées que les personnes blanches entre 2016 et 2019. 

Le Service de police de Repentigny a depuis publié un plan d’action sur 5 ans dont la mise en œuvre sera attentivement surveillée, promettent les candidats. 

Martin Nadon, un nouveau venu en politique qui brigue la mairie pour le Parti démocratique Repentigny–-Le Gardeur, n’est toutefois pas convaincu que le racisme systémique soit la source du problème. 

« Pour qu’il y en ait, il faut que ce soit l’ensemble du système qui opprime un groupe de gens ciblés », se justifie-t-il. 

Sa formation politique, qui compte le plus de candidats issus de la diversité, propose d’augmenter le financement du milieu communautaire afin de mieux accueillir les nouveaux arrivants. 

Pour Repentigny Ensemble, nouveau nom du parti de la mairesse Chantal Deschamps qui a été à la tête de la Ville pendant 24 ans, la solution passe par une politique de vivre-ensemble. 

Plus qu’un problème de police

« Les changements démographiques nous amènent à être beaucoup plus sensibles [aux formes de discrimination] », soutient Éric Chartré, dauphin de la mairesse sortante. 

Le conseiller municipal ajoute du même souffle que Repentigny est loin d’être la seule munici-palité près d’un grand centre aux prises avec un problème de profilage racial.

Quoi qu’il en soit, la Ville doit aller « plus loin » que lors du mandat de la précédente administration, insiste Nicolas Dufour. 

« Il est temps qu’une nouvelle génération arrive au conseil de ville », affirme le candidat qui était en avance avec 34 % des appuis au dernier sondage Léger.

Ce dernier compte entre autres diversifier les effectifs de la fonction publique municipale et du service de police, qui a embauché son premier policier noir cette année. 


81 % des Repentignois sondés ont désigné la lutte au profilage racial comme un enjeu « important », ce qui en fait la préoccupation la plus commune de l’élection. 

Lutte à finir contre le trafic catastrophique  

La congestion routière sera l’un des principaux défis du prochain maire de Mascouche

Le maire sortant de Mascouche, Guillaume Tremblay, est à la tête de la Ville depuis huit ans. Il sollicite un troisième mandat.
Photo Chantal Poirier
Le maire sortant de Mascouche, Guillaume Tremblay, est à la tête de la Ville depuis huit ans. Il sollicite un troisième mandat.

Le prochain maire de Mascouche aura la lourde tâche de trouver une façon d’améliorer la qualité de vie des citoyens pris en otage dans la lourde circulation qui empire depuis des années.

Valérie Gonthier, Le Journal de Montréal

« Notre défi est le même que toutes les villes de la couronne : la circulation, a déclaré le maire sortant, Guillaume Tremblay. Quand je vois les gens sur les autoroutes 25 et 640... On ne peut pas faire la sourde oreille en voyant les gens pris dans leur voiture. »

S’il est élu pour un troisième mandat, l’homme de 37 ans entend régler une fois pour toutes le problème de la densité du trafic, tant localement que sur les autoroutes.

Il avoue s’être inquiété de voir des familles trop exaspérées par l’engorgement quitter Mascouche---. Il est persuadé que son « plan de match » pour améliorer la circulation fonctionnera.

20 M$ en investissements

« Depuis huit ans, j’ai beaucoup été dans la bureaucratie, il fallait le faire. Mais là, il faut des gestes concrets, on veut voir les résultats, pour au final améliorer le trafic et ainsi améliorer la qualité de vie des résidents », a-t-il dit.

Il promet ainsi d’investir 20 millions $ pour améliorer des artères locales plus problématiques.

Mais si la Ville injecte autant d’argent, il faudra que le gouvernement provincial travaille dans le même sens que lui, a-t-il insisté.

Selon lui, l’amélioration du transport en commun est aussi primordiale. Parce que le train de l’est, attendu pendant plus de 20 ans par les résidents de Mascouche, s’avère finalement plus nuisible qu’efficace.

Inaugurée en grande pompe en 2014, cette solution de remplacement au véhicule s’avère finalement boudée par les citoyens, exaspérés par le temps du trajet pour se rendre à Montréal.

« Ça prend 1 h 45 pour se rendre au centre-ville, se désole M. Tremblay. Le train ne répond plus aux besoins. »

Mettre un frein au développement

Les usagers du train de Mascouche perdront aussi leur accès direct vers le centre-ville avec l’arrivée du Réseau express métropolitain.

« Devoir changer de train pour embarquer dans le REM ou l’autobus... les gens ne font plus confiance au transport en commun », a-t-il lancé.

Les autres candidats à la mairie ont pour leur part déploré le développement résidentiel en hausse, qui engorge le réseau urbain.

« Quand le maire Tremblay fut élu en 2013, le trafic était inquiétant, en 2017, il était alarmant et maintenant, il est catastrophique », a écrit François Collin sur son site web, vers lequel le candidat nous a orientés. 

Ce dernier espère aussi limiter le développement immobilier de condos qui est pour lui, « synonyme de trafic ».

Son adversaire, Flora Almeida Marlow, résidente de Mascouche depuis plus de 30 ans, voit la mobilité comme un enjeu « prioritaire », considérant que la ville a vu sa population « doubler en l’espace de 25 ans ». Par courriel, elle évoque l’idée de sonder les automobilistes qui voyagent seuls « pour savoir comment il est possible de leur offrir un alternatif ».

Le Journal n’a pas été en mesure de joindre la quatrième candidate, Line Lavallée. 

L’ex-maire Jean-Marc Robitaille hante encore Terrebonne  

Les deux principaux candidats à la mairie de Terrebonne ne s’entendent pas sur grand-chose, sauf une : ils souhaitent s’éloigner le plus possible de l’héritage de l’ex-maire, Jean-Marc Robitaille.

Jean-François Cloutier, Le Journal de Montréal

M. Robitaille a tenu les rênes de Terrebonne pendant près de 20 ans, de 1997 à 2016. Il a encore fait parler de lui durant la présente campagne électorale municipale.

Le 18 octobre, la Cour du Québec a ordonné un arrêt des procédures contre lui et trois coaccusés dans le cadre du procès pour corruption qui lui avait été intenté à la suite d’une enquête de longue haleine de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Robitaille avait arrêté par l’UPAC en 2018, en même temps que son ex-chef de cabinet, Daniel Bélec, l’ex-directeur général de la Ville, Luc Papillon, et l’entrepreneur Normand Trudel.

La juge Nancy McKenna a ordonné l’arrêt des procédures parce que le ministère public a tenté de cacher des informations sur un témoin clé. Elle n’a toutefois pas eu à trancher sur le fond de l’affaire. 

L’ombre de l’ex-maire

Même si la fin du règne de Robitaille date de quelques années, son héritage politique reste présent, selon le maire sortant, Marc-André Plante, qui tente de se faire réélire.

En entrevue avec Le Journal, il a ainsi expliqué ses relations tendues avec les cols bleus et les pompiers de Terrebonne par la mauvaise gestion financière de l’ex-maire.

« On a pris le relais d’une administration où le maire a été arrêté [par l’UPAC]. Pratiquement toute la haute direction a été congédiée ou est partie à la retraite, donc on a été à pied d’œuvre pour restructurer et moderniser l’organisation », dit-il. 

« Aucun partisan de Jean-Marc Robitaille supporte ma candidature », assure-t-il. 

Par ailleurs, il fait valoir que Terrebonne tente toujours de récupérer des millions de dollars que la Ville estime avoir perdus en raison d’un présumé système de corruption, selon lui.

Nouvelle génération

L’ancien député péquiste Mathieu Traversy, de son côté, soutient être le candidat d’une nouvelle génération d’élus municipaux dans la trentaine appelés à renouveler le paysage politique de la Rive-Nord.

Il fait remarquer que l’administration Plante compte encore dans son équipe deux anciennes conseillères qui ont servi sous Jean-Marc Robitaille.

« La véritable question de la campagne, c’est un changement d’attitude et un changement de leadership à l’Hôtel de Ville », soutient-il.

Il a dit se vouloir plus rassembleur que le maire sortant. 

« On a un maire qui s’est mis beaucoup de monde à dos dans les employés municipaux, n’a pas été très transparent et a [atteint] très peu de ses objectifs », dit-il.

M. Traversy a dit avoir hâte de passer à un nouveau chapitre dans l’histoire et de tourner la page de l’ère Robitaille. 

Geler (ou pas) les taxes à Blainville  

Les candidats à la mairie ont accepté de poser côte à côte. On reconnaît Florent Gravel du Mouvement Blainville et Liza Poulin de Vrai Blainville.
Photo Agence QMI, Geneviève Quessy
Les candidats à la mairie ont accepté de poser côte à côte. On reconnaît Florent Gravel du Mouvement Blainville et Liza Poulin de Vrai Blainville.

Geler les taxes municipales pour les quatre prochaines années, c’est la promesse alléchante que le parti d’opposition brandit aux citoyens de Blainville, dans les Laurentides, dans l’espoir de les convaincre de changer l’administration en place, au pouvoir depuis 16 ans.

Geneviève Quessy, Agence QMI

Fort d’une carrière de capitaine-pompier de 25 ans à la Ville de Montréal et ancien propriétaire d’épicerie, Florent Gravel se présente comme candidat à la mairie pour le parti Mouvement Blainville pour la quatrième fois.

Espérant que cette élection sera la bonne, il promet la construction d’un centre sportif et le gel des taxes pour les quatre prochaines années. Il entend également donner la possibilité aux citoyens de payer leur impôt foncier en 12 versements, sans intérêts supplémentaires.

« Charger 9 % d’intérêt si les gens veulent payer en 12 versements, c’est pratiquement du prêt usuraire, dit Florent Gravel. On peut se permettre de laisser aux gens qui en ont besoin la possibilité de payer sans frais d’intérêts supplémentaires, ce que de plus en plus de villes font », assure M. Gravel. 

« Avec les taxes perçues sur les nouvelles constructions et l’augmentation de la taxe de bienvenue, on se retrouve avec des surplus, et c’est ce qui va nous permettre de geler le compte de taxes pour quatre ans », ajoute-t-il. 

Irresponsable

Une promesse que Liza Poulin trouve irresponsable. Conseillère municipale depuis 12 ans pour le district Fontainebleau, elle se présente pour la première fois comme candidate à la mairie pour Vrai Blainville, le parti du maire sortant, Richard Perreault, dont les chefs se succèdent à la mairie depuis 16 ans.

« Les citoyens veulent qu’il y ait adéquation entre les taxes qu’ils payent et les services qu’ils reçoivent. Ils savent compter et voient bien que le taux de taxation est très compétitif comparé à d’autres villes similaires », réplique Mme Poulin. 

Elle explique que « quant aux surplus financiers, ils nous ont permis de geler le compte de taxes 2021. On s’en est aussi servi pour constituer un fonds de prévoyance pour pallier les changements climatiques, ainsi qu’un fonds de prévoyance pour la rénovation des infrastructures quand le besoin se fera sentir dans quelques années ».

Si Florent Gravel s’engage à construire un centre sportif dès son élection, Liza Poulin ne ferme pas la porte à ce projet, demandé par les associations sportives.  

Les citoyens aux urnes après un mandat des plus houleux  

Sonia Paulus, mairesse Sainte-Marthe-sur-le-Lac depuis 16 ans
Photo courtoisie
Sonia Paulus, mairesse Sainte-Marthe-sur-le-Lac depuis 16 ans

Le dernier mandat de Sonia Paulus, à la tête de Sainte-Marthe-sur-le-Lac depuis 16 ans, a certainement été le plus houleux. Marquée par une inondation et des entorses à l’éthique, la mairesse sortante s’accroche et demande un cinquième mandat.

Hugo Duchaine, Le Journal de Montréal

En 2019, le bris d’une digue a inondé un quartier complet à Sainte-Marthe-sur-le-Lac et même si elle a été reconstruite, la Ville fait aujourd’hui l’objet de nombreuses poursuites de citoyens, totalisant des dizaines de millions de dollars et alléguant une gestion déficiente.

Le bris de la digue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac en 2019 a marqué le quatrième mandat de la mairesse sortante, Sonia Paulus.
Photo d'archives, Martin Alarie
Le bris de la digue à Sainte-Marthe-sur-le-Lac en 2019 a marqué le quatrième mandat de la mairesse sortante, Sonia Paulus.

Sonia Paulus s’est aussi fait reprocher une ingérence à la cour municipale pour faire invalider le constat d’infraction d’un citoyen, à la demande de la mairesse de Pointe-Calumet. Ce manquement éthique lui a valu une suspension de 15 jours.

Piscine et gel de taxes

Pour regagner la confiance des citoyens, l’Équipe Paulus promet une piscine et un gel de taxes foncières. Par contre, le projet de centre aquatique, approuvé à la hâte, cherche toujours du financement.

Mme Paulus n’a pas rappelé Le Journal.

« C’est pas mal elle qui s’est mise dans l’embarras », lance son adversaire François Robillard. Conseiller depuis 16 ans, il est indépendant depuis plusieurs années.

Il promet plus de transparence au sein de l’hôtel de ville. « Il faut que Sainte-Marthe-sur-le-Lac fasse de nouveau bonne presse », dit-il.

L’eau potable comme priorité

Selon lui, la Ville a grossi ces dernières années, mais « les services n’ont pas suivi ». 

Il cite en exemple les « épisodes d’eau brune » que vivent les résidents.

« L’eau potable est ma priorité numéro 1 », renchérit Hubert Bastien, le troisième candidat aspirant à la mairie. L’eau de la municipalité provient de puits et sa couleur foncée et sa forte concentration en minéraux inquiètent les résidents.

Ex-consultant et directeur chez Canadien National, il veut remettre l’environnement au cœur des priorités à la Ville. « Je n’ai rien contre le développement, mais qu’on coupe tous nos arbres, ça, il faut que ça arrête », explique-t-il.

L’autre mairesse blâmée à l’éthique pour son implication dans l’annulation d’une contravention, Sonia Fontaine, à Pointe-Calumet, cherche aussi à être réélue. Son adversaire est Michel Grimard. 

Front commun à Boisbriand  

Christine Beaudette, candidate à la mairie de Boisbriand
Photo Agence QMI, Lyne Courtemanche
Christine Beaudette, candidate à la mairie de Boisbriand

Trois conseillers municipaux qui ont quitté le parti de la mairesse sortante de Boisbriand, Marlene Cordato en 2019, font désormais équipe contre elle dans l’espoir de la déloger.

Stéphane Sinclair, Agence QMI

Les conseillers Lori Doucet, Daniel Kaeser et Christine Beaudette ont quitté le parti de la mairesse Cordato pour siéger comme indépendants. 

Les deux premiers ont ensuite choisi de se rallier derrière la candidature de Mme Beaudette à la mairie de cette Ville. 

« Notre objectif principal est de ramener la transparence dans les décisions qui sont prises à l’hôtel de ville, a confié Christine Beaudette. Toutes les décisions étaient prises sans vraiment nous [les conseillers municipaux] consulter. C’est pour ça que trois d’entre nous avons démissionné. »

Ses principaux chevaux de bataille sont l’éthique, la transparence, ainsi que favoriser les commerces de proximité et le développement durable et harmonieux.

« On ne veut pas que des immeubles en hauteur viennent s’installer au beau milieu d’un quartier de maisons unifamiliales, a soutenu l’aspirante-mairesse. Quand tu achètes une maison qui se trouve collée sur des condos, tu fais le choix. Mais quand ça fait 20 ans que tu habites là et qu’on construit des condos à quatre étages dans ta cour, tu as le droit de ne pas être content. »

Miser sur son bilan

Le parti de Marlène Cordato, le Ralliement des citoyens de Boisbriand, mise pour sa part sur le bilan des dernières années, la bonne situation financière de la Ville, la précédente baisse des taxes et une amélioration de l’offre culturelle, entre autres. 

L’Agence QMI a essayé de joindre la mairesse Cordato, en vain. 

À 21 ans, il brigue la mairie de Saint-Jérôme  

Marc-Olivier Neveu, candidat à la mairie de Saint-Jérôme
Photo Chantal Poirier
Marc-Olivier Neveu, candidat à la mairie de Saint-Jérôme

Le renouveau insufflé par le jeune candidat à la mairie de Saint-Jérôme, Marc-Olivier Neveu, 21 ans, pourrait brouiller les cartes lors du scrutin de demain, sans pourtant effrayer les deux autres formations politiques.

Anne-Sophie Poiré, Le Journal de Montréal

« Mon objectif c’est d’aider les gens, puis de ramener Saint-Jérôme au 21e siècle, affirme le chef du Mouvement Jérômien. On a fondé le parti en 2019, justement dans un contexte d’omerta au conseil municipal. Il faut rendre les élus plus accessibles et consulter la population. Ça manque vraiment à Saint-Jérôme. »

Il affronte Vision Saint-Jérôme, le parti dirigé par la mairesse sortante, Janice Bélair-Rolland, puis Avenir Saint-Jérôme, le « parti éphémère » lancé par l’ex-député du Parti Québécois dans la circonscription, Marc Bourcier. 

« Le parti existe le temps de l’élection, et après, tous les candidats deviendront indépendants avec un droit de parole, peu importe leur allégeance », souligne M. Bourcier. 

Écoquartier controversé

Difficile de savoir qui remportera la course demain. Mais une chose semble unanime, le développement immobilier, en particulier le dossier de l’écoquartier du parc du Lac-Jérôme, est l’enjeu principal selon les électeurs.

Dans cette ville de 80 000 habitants, « il faut continuer de développer dans le respect de l’environnement », soutient la mairesse Bélair-Rolland, qui assure que le projet visant à construire 4200 logements dans un grand secteur boisé « préservera à l’état brut naturel 30 % de ses zones humides et de la nature ». 

Cet « écoquartier » sème toutefois la controverse parmi les autres partis et les citoyens. Il entraînerait selon eux la disparition de milieux humides et le déboisement de plus 9 millions de pieds carrés de forêt du parc du Lac-Jérôme.