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Pas le droit de fumer au théâtre

Le tribunal rejette une contestation

Generale de la piece le Cas Joe Ferguson, Grand Theatre de Quebec, Salle Octave Cremazie, Quebec, 30 octobre 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo d’archives, Pascal Huot LeTrident a reçu une amende, en 2017, parce qu’une cigarette de sauge a été partiellement fumée dans la pièce Le cas Joé Ferguson.

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Fumer de fausses cigarettes sur scène est interdit. Sauf s’il y a un message ou une signification qui explique cette action.

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Le Trident, La Bordée et Premier Acte ont échoué dans leur tentative de contester les amendes qu’ils avaient reçues, entre 2017 et 2019, parce que des acteurs ont fumé des cigarettes de sauge sur les planches. 

Le juge Yannick Couture, de la Cour du Québec, a rejeté les arguments des trois théâtres de Québec, qui voyaient, dans ces amendes, une violation à la liberté d’expression des chartes québécoise et canadienne des droits et libertés.

Les pièces Le Cas Joé Ferguson (Le Trident), Conversation avec un Pénis (Premier Acte) et Rotterdam (La Bordée) étaient visées par ces amendes de 500 $.

Le juge Couture explique que l’acte de fumer de fausses cigarettes peut être remplacé par des accessoires, des artifices ou des effets spéciaux. « Le fait de fumer du tabac lors d’une représentation ne constitue pas du contenu expressif, car aucun message n’est véhiculé », peut-on lire dans le jugement de quatre pages.

Anne-Marie Olivier, directrice artistique et codirectrice générale du Trident, n’est pas d’accord avec la décision rendue.

« C’est un recul, et c’est inacceptable. C’est comme si on n’avait pas compris c’était quoi notre métier », a-t-elle lancé lors d’un entretien.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Anne-Marie Olivier, directrice artistique au Théâtre du Trident, sur QUB radio: 

Appel et concertation

Elle précise que les théâtres ne veulent pas empoisonner le public.

« Notre métier est de faire en sorte que le spectateur y croie. On doit nous donner le droit de représenter la vie de façon réaliste. Et là, on nous demande de faire semblant. Ça ne marche pas comme ça. Si tu fais semblant, le spectateur va nous dire : tu me niaises, je décroche et je ne la veux pas, ton histoire. Il est possible de faire semblant dans certaines propositions un peu déjantées et pas réalistes, mais pas dans une scène comme celle du Cas Joé Ferguson où une chanteuse d’opéra se sabote à un point tel qu’elle fume. Le non verbal, c’est aussi du texte », a-t-elle fait savoir.

Anne-Marie Olivier précise une intention d’en appeler de cette décision.

« Il faut que le milieu théâtral au complet se concerte. Il faut se parler et voir ce que l’on peut faire », a-t-elle conclu.

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