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Accès aux médecins de famille: une solution loin du «remède miracle»

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Photo Agence QMI, Mario Beauregard Roxane Borgès Da Silva, professeure.

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La solution proposée par le ministre Dubé pour améliorer l’accès aux médecins de famille s’apparente davantage à de la « microgestion » qu’à un « remède miracle », constate une experte interrogée par Le Journal.

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« Ce n’est pas un petit projet de loi comme ça, à mon avis, qui va régler les problèmes », a commenté la professeure Roxane Borgès Da Silva, qui enseigne à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Selon elle, les problèmes d’accès aux services de première ligne dans le réseau de santé sont « tellement complexes » que c’est une véritable « réforme de fond » dont le système aurait besoin.

« Il faut vraiment avoir une réflexion de fond, à la fois sur l’organisation de la pratique médicale et sur la rémunération de la pratique des médecins », croit Mme Borgès Da Silva.

Depuis 10 ou 15 ans, constate-t-elle, le gouvernement n’a fait qu’augmenter la rémunération avec des forfaits à la prise en charge. Au final, il ne faut pas s’étonner que celui dont le salaire passe de 300 000 $ à 350 000 $ augmente son temps de loisirs et réduise son temps de travail, quitte à gagner un peu moins, selon elle.

La professeure salue toutefois le système de visualisation des plages horaires disponibles, proposé par le ministre.

Elle se demande toutefois si le ministre dispose du portrait réel et complet par rapport aux heures de travail effectuées par les médecins. « On ne veut pas non plus, comme société, demander à des personnes âgées de travailler plus longtemps ou à des jeunes femmes de ne plus s’occuper de leurs enfants », a-t-elle observé.

Autres professionnels

Son collègue de la faculté des sciences infirmières, Sylvain Brousseau, croit lui aussi que le ministre Dubé devrait s’y prendre autrement.

« Il faut régler le problème d’une autre façon. C’est-à-dire qu’il faut travailler avec les autres professionnels de la santé, en termes de prise en charge de clientèle », plaide le professeur, qui songe entre autres aux infirmières cliniciennes spécialisées.

Selon M. Brousseau, la prise en charge des patients serait grandement facilitée si le rôle des infirmières était davantage élargi.

« Ce n’est pas juste un problème qui va se régler seulement avec les médecins. Il faut qu’il y ait d’autres professionnels qui donnent un coup de main.