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Femme immolée à Québec: la victime a vécu une «souffrance extrême»

Wiem Haj Amor a été brûlée vive par son ancien conjoint le 9 août 2019, dans le quartier Saint-Sauveur.
Photo d'archives Agence QMI, Marc Vallières Wiem Haj Amor a été brûlée vive par son ancien conjoint le 9 août 2019, dans le quartier Saint-Sauveur.

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En médecine, l’une des plus grandes souffrances reconnues est celle qu'éprouvent les victimes de brûlures, puisqu’il s’agit d’une douleur qui, intense sur le coup, perdure.

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C'est ce qu’a vécu Wiem Haj Amor, brûlée vive par son ancien conjoint, comme l'a rappelé jeudi, en témoignant, le Dr Guillaume Leblanc, médecin spécialisé en anesthésiologie et médecine de soins intensifs au CHU de Québec.  

Le soir du 9 août 2019, c’est lui qui a traité la victime de Frej Haj Messaoud quelques minutes après que ce dernier l’eut brûlée vive, rue Arago, dans le quartier Saint-Sauveur. 

Frej Haj Messaoud
Photo courtoisie
Frej Haj Messaoud

«À son arrivée, elle a été admise à l’Unité des grands brûlés et placée sous anesthésie générale pour que l’on puisse prendre en charge ses brûlures», a-t-il témoigné devant le juge Guy de Blois, de la Cour supérieure.  

Dans les jours subséquents, c’est la Dre Ariane Bussières, médecin spécialiste en chirurgie esthétique, qui a pris en charge la jeune femme.  

Chirurgies multiples

Elle a expliqué que les brûlures de la victime étaient «très profondes» et a rappelé au tribunal que les lésions causées par le feu pouvaient «évoluer» dans les 48 à 72 heures suivant l’agression.  

«Dans le cas de la patiente, les brûlures sur 30% de son corps ont été répertoriées comme étant des brûlures sévères aux deuxième et troisième degrés», a-t-elle dit.  

Hospitalisée pendant 55 jours à l’Unité des grands brûlés, Wiem Haj Amor a été amenée en chirurgie à huit reprises pour recevoir des greffes de peau. Plusieurs prélèvements ont été faits sur le corps de la victime pour obtenir des échantillons de peau saine.  

«Les couches de peau prises pour faire les greffes sont très fines, mais elles laissent des cicatrices. À la suite des interventions, madame porte des cicatrices sur 50 à 60% de son corps», a-t-elle ajouté.  

D’autres interventions au laser doivent également être faites pour «améliorer les cicatrices».  

«Prise» dans son corps

«Madame Haj Amor a des cordons cicatriciels au niveau du cou et de l’aisselle. Ça ne limite pas sa mobilité, mais ça apporte une tension constante», a mentionné la Dre Bussières en ajoutant qu’une peau brûlée est beaucoup moins «élastique». 

«Les grands brûlés souffrent généralement d’une intolérance aux températures extrêmes, ils ne peuvent pas exposer leur peau au soleil sans protection, ils font des plaies plus facilement et, souvent, ils ont la sensation d’être pris dans leur corps», a-t-elle dit en terminant.  

Ces deux témoignages ont conclu la preuve que le poursuivant, Me Matthieu Rochette, désirait présenter au stade de la sentence.  

À la mi-janvier, ce sera au tour de la défense de se prendre la parole. «D’ici là, et après avoir obtenu le rapport prédécisionnel, nous évaluerons la possibilité que monsieur se fasse entendre ou pas», a fait savoir Me Luc Picard. Haj Messaoud demeurera détenu entre-temps.  

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SOS violence conjugale  

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