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Citoyenneté numérique: la méfiance s’impose

Point presse François Legault
Photo d'archives, Chantal Poirier François Legault

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François Legault annonçait récemment la création du ministère de la Cybersécurité et du numérique. Son intention est de créer une identité numérique avec éventuellement une identification biométrique.

Cette forme de citoyenneté numérique viserait à stocker nos documents officiels et peut-être, par la suite, une panoplie d’autres documents comme les cartes de crédit ou bancaires. Elle pourrait alors également être utilisée pour s’identifier au moment de louer une voiture, de s’inscrire à des cours ou simplement d’entrer au resto.  

Bisounours

Cette nouvelle technologie est présentée comme un outil pratique qui simplifiera l’accès aux services de l’État. Soit !  

Mais nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours. Même si les intentions premières de Québec sont louables, la méfiance s’impose. Car vu l’immense potentiel de l’identité numérique, elle peut facilement devenir un redoutable outil de surveillance et de contrôle pour l’assoiffé de pouvoir ou l’idéologue fanatique.  

Dans ce contexte, monsieur Legault aurait dû accompagner son annonce d’une police d’assurance en titane protégeant les Québécois des dérapages liberticides. Mais il en a tristement fait l’économie !

La loi 6 annonce les droits du futur ministère de la Cybersécurité. En revanche, rien ne délimite son périmètre d’action, rien ne précise comment il utilisera nos données personnelles, et rien ne stipule le souci des libertés individuelles.  

N’oublions pas que l’irrespirable système de Crédit social chinois repose sur l’identité numérique. Grâce à ce système de notation des citoyens, la Chine a construit une société orwellienne où celui qui mange dans le métro peut perdre la place en garderie de son enfant. 

Formalité

Certes, le Québec n’est pas la Chine. Mais mieux vaut prévenir que guérir, car de l’identité numérique au Crédit social, il n’y a qu’une formalité.  

Pour protéger notre démocratie, il importe de réviser la loi 6 pour qu’elle bride fermement le futur ministère, car dès que nous aurons mis les doigts dans l’engrenage de l’identité numérique, tout retour en arrière deviendra impossible !