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[EN IMAGES] Le pont Pierre-Laporte continue de se dégrader

La sécurité de l’ouvrage n’est toujours pas mise en péril, selon le plus récent rapport d’inspection du MTQ

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Corrosion, fissures, déformation et rupture de plusieurs brins des câbles de suspension : le pont Pierre-Laporte continue de se dégrader, selon le plus récent rapport d’inspection du ministère des Transports.

Le Journal a pu mettre la main sur le constat des experts, disponible depuis quelques jours. Même si plusieurs photos ne sont guère rassurantes, l’indice de comportement de la structure, qui reflète le niveau de sécurité du pont, demeure élevé à 92,9 sur 100. La sécurité des usagers n’est pas compromise. 

Le pont ne se retrouve d’ailleurs pas dans le palmarès que Le Journal publie demain, en raison de son bon état.

Selon l’indice de condition générale, le pont nécessite toutefois des réparations.

Toujours sur la structure de tablier, les commentaires indiquent de la corrosion principalement au niveau de la semelle inférieure.
Photo courtoisie, Ministère des Transports
Toujours sur la structure de tablier, les commentaires indiquent de la corrosion principalement au niveau de la semelle inférieure.

Ce chiffre, compris entre 0 et 100, donne une bonne idée de l’état général du pont. Il est composé de plusieurs indices, notamment la vulnérabilité sismique, l’état de la structure et sa capacité à jouer son rôle. Plus l’indice est bas, plus le pont est vulnérable.

Au cours des deux dernières années, cette donnée importante n’a pas diminué. Elle est effectivement demeurée très stable puisqu’elle était à 92,1 sur 100 en 2019.

Sur la structure de tablier, on parle notamment de fissure de la soudure.
Photo courtoisie, Ministère des Transports
Sur la structure de tablier, on parle notamment de fissure de la soudure.

Le ministère a publié le rapport d’inspection générale réalisé le 10 novembre 2020 par neuf ingénieurs du consortium CIMA+/Tetra Tech. La prochaine est prévue en 2022. Il y a deux ans, ce rapport avait suscité beaucoup de réactions.

« Maintenir le pont en bon état »

Au ministère des Transports, la porte-parole Émilie Lord a mentionné que ce rapport confirme qu’il faut poursuivre les efforts pour maintenir le pont en bon état.

« C’est un pont qui vieillit. Comme une maison, il faut faire l’entretien nécessaire. Le rapport vient dire qu’il faut continuer. Il y a eu des travaux cet été et il y en a d’autres jusqu’en décembre. »

Plusieurs indices de dégradation

La structure construite en 1970 présente plusieurs indices de dégradation. Le MTQ précise néanmoins qu’il ne s’agit pas de signes de dégradation « accélérée ». Le pont Laporte sera bientôt vieux de 52 ans, tandis que son voisin, le pont de Québec, a été inauguré il y a 102 ans.

Les ingénieurs notent, entre autres, qu’il faut suivre de près la fissure inclinée sur la face nord de la poutre 7 de la travée 2. Plusieurs poutres sont également délaminées ou fissurées.

Sur le pont suspendu et le bras d’articulation, on note de la corrosion principalement  à la base, sur les chevilles et les tiges d’acier.
Photo courtoisie, Ministère des Transports
Sur le pont suspendu et le bras d’articulation, on note de la corrosion principalement à la base, sur les chevilles et les tiges d’acier.

Sur la partie du pont suspendu, du câble porteur et des accessoires, on relève de la corrosion au joint d’étanchéité de la chambre, en plus de la présence d’humidité sur le câble. Quelques brins sont aussi cassés sous les plaques guides de quelques suspentes. Ces défauts peuvent réduire leur capacité à supporter les charges.

Quant à la structure de tablier, les ingénieurs soulignent aussi une déformation permanente de la semelle inférieure.

Quelques brins cassés sous les plaques guides.
Photo courtoisie, Ministère des Transports
Quelques brins cassés sous les plaques guides.

Au sujet des contreventements, les observations pointent vers quelques déformations permanentes locales. En génie civil, un contreventement est un système statique destiné à assurer la stabilité globale. 

Corrosion et fissures

Les joints portent aussi des « traces significatives d’impact par les équipements de déneigement ».

Les piles ne sont pas en reste. On parle de « désagrégation du mortier », de « fissures verticales dans la pierre » et de « quelques coins de pierres éclatées ». Le dispositif de retenue souffre aussi de « corrosion jusqu’à perforation sur quelques lisses et poteaux », écrivent les ingénieurs.

Sur le dispositif de retenue et la glissière médiane, les ingénieurs notent la corrosion de certaines ouvertures de drainage et d’extrémité de lisses.
Photo courtoisie, Ministère des Transports
Sur le dispositif de retenue et la glissière médiane, les ingénieurs notent la corrosion de certaines ouvertures de drainage et d’extrémité de lisses.

Au cours de l’été dernier, le pont Pierre-Laporte a été fermé partiellement à deux reprises avec une seule voie accessible dans chaque direction. Les travaux ont servi à remplacer la membrane d’étanchéité du pont qui s’était usée prématurément. 

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