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COP26: l’objectif de 1,5 °C sur le respirateur artificiel

La conférence sur le climat à Glasgow a accouché samedi d’un accord en demi-teinte

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Quelque 200 États se sont finalement entendus samedi sur une marche à suivre historique, mais imparfaite, pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

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Des militants déguisés en dirigeants mondiaux, dont le premier ministre Justin Trudeau, lors d’une manifestation à Glasgow.
Photo d'archives, AFP
Des militants déguisés en dirigeants mondiaux, dont le premier ministre Justin Trudeau, lors d’une manifestation à Glasgow.

La Conférence des Nations Unies sur le climat (COP26) s’est terminée samedi à Glasgow, après deux semaines d’âpres négociations sur la manière d’accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques.

Cette réunion internationale était présentée comme la dernière chance de l’humanité de limiter la hausse des températures sous la barre des 2°C, voire à 1,5°C en 2100, par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900).

«Nous avons fait des progrès sur le charbon, les voitures, l’argent et les arbres», a déclaré le président de la conférence, Alok Sharma, sans toutefois fanfaronner.

Le président de la COP26, Alok Sharma, lorsqu’il a stoppé sa déclaration aujourd'hui avec les larmes aux yeux devant des pays déçus de l’accord.
Photo AFP
Le président de la COP26, Alok Sharma, lorsqu’il a stoppé sa déclaration aujourd'hui avec les larmes aux yeux devant des pays déçus de l’accord.

Le Britannique s’est montré fort conscient du fait que le Pacte sur le climat de Glasgow est moins ambitieux qu’espéré.

Profonde déception

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Très ému, il a dû stopper sa déclaration en s’excusant, les larmes aux yeux, auprès des pays insulaires, de l’Union européenne et de la Suisse, notamment, qui ont manifesté leur «profonde déception» face aux nombreux compromis consentis aux énergies fossiles, en particulier au charbon.

L’apparition du terme «énergies fossiles» dans le texte final de l’accord est en soi un progrès puisque c’est la première fois dans l’histoire des conférences sur le climat que l’on reconnaît explicitement le rôle des énergies fossiles dans le réchauffement planétaire.

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Toutefois, il n’est plus question de les «éliminer», mais seulement d’en «réduire» l’utilisation. Sans ce compromis, la Chine et l’Inde menaçaient de ne pas signer l’accord qui nécessite l’unanimité.

Ironiquement, au même moment, la capitale indienne annonçait la fermeture de ses écoles pour une semaine afin de protéger les élèves d’un nuage de pollution.

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«Nous ne devons pas diminuer, mais éliminer le charbon et les fossiles. Ceci ne nous amène pas plus près de 1,5°C, ceci rend l’atteinte de cet objectif plus difficile», a critiqué la représentante de la Suisse, Simonetta Sommaruga.

«C’est édulcoré, c’est faible et l’objectif de 1,5°C est tout juste vivant, mais un signal a été envoyé: l’ère du charbon est terminée. Et cela compte», a résumé Jennifer Morgan, directrice générale de Greenpeace International.

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Marché du carbone

D’autres nouveautés positives sont à noter dans le texte final, dont la création du tout premier marché mondial du carbone pour lequel a plaidé le premier ministre canadien, Justin Trudeau, à Glasgow.

Les signataires reconnaissent aussi pour la première fois les dommages irréversibles déjà causés par les tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient. Les plus riches ne prennent néanmoins aucun engagement financier pour aider les victimes.

Réactions internationales à la COP26     

Voici les principales premières réactions internationales à l’accord adopté samedi par la COP26 à Glasgow pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, mais sans assurer de parvenir à le contenir à 1,5°C de plus qu’à l’ère pré-industrielle.

- «Malheureusement, la volonté politique collective n’a pas été suffisante pour surmonter de profondes contradictions» entre pays et «il est temps de passer en mode "urgence"», a regretté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Saluant «des pas en avant bienvenus», il a énuméré les objectifs «pas atteints», comme l’aide financière aux pays les plus pauvres, ou encore «la fin des subventions aux énergies fossiles, la sortie du charbon, mettre un prix sur le carbone». «La catastrophe climatique frappe toujours à la porte», a-t-il averti.

Antonio Guterres
Photo AFP
Antonio Guterres

- «Il y a encore énormément à faire dans les années qui viennent», a déclaré le chef du gouvernement britannique, Boris Johnson, à la tête du pays hôte de la conférence. «Mais l’accord d’aujourd’hui est un grand pas en avant», veut-il croire. «Et ce qui est important est que nous avons le premier accord international jamais conclu pour réduire l’utilisation du charbon et un plan pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré» de plus qu’à l’ère pré-industrielle.

Boris Johnson
Photo AFP
Boris Johnson

- La COP26 s’est résumé à du «bla, bla, bla» a accusé la jeune militante suédoise Greta Thunberg, reprenant des accusations adressées par avance aux dirigeants du monde. «Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais», a déclaré sur Twitter la figure emblématique du mouvement Fridays for Future.

- La COP26 a «maintenu en vie les objectifs de l’accord de Paris, en nous donnant la chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5°C», a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von de Leyen.

«Nous avons progressé dans la réalisation des trois objectifs que nous nous étions fixés au début de la COP26» et «cela nous rend confiants sur le fait que nous pouvons offrir à l’humanité un espace sûr et prospère sur cette planète. Mais il n’y aura pas de temps à perdre: un travail difficile nous attend encore», a-t-elle ajouté.

Ursula von de Leyen
Photo AFP
Ursula von de Leyen

- «Nous vivons un moment véritablement historique», a salué la ministre de l’Environnement du gouvernement allemand sortant, la sociale-démocrate Svenja Schulze. «L’élimination progressive du charbon a maintenant été lancée dans le monde entier» et un «nouveau modèle économique» a émergé, a ajouté la ministre qui aurait souhaité que la formulation sur le charbon soit «un peu plus claire». Celle-ci a été «atténuée un peu, mais c’est resté» et cela a été «très, très difficile jusqu’à la dernière seconde» et l’Allemagne et l’UE ont dû «construire beaucoup de ponts» pour y parvenir.

Svenja Schulze
Photo d'archives, AFP
Svenja Schulze

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