/investigations/municipal
Navigation

Élections municipales: Coderre boudé même dans ses forteresses

GEN - DENIS CODERRE REN CONTRE SES CANDIDATS
Photo Martin Alarie Denis Coderre a finalement rencontré les médias, hier, après sa cuisante défaite de dimanche.

Coup d'oeil sur cet article

Denis Coderre a été boudé même dans les châteaux forts de son parti, où de nombreux électeurs des candidats locaux d’Ensemble Montréal ont préféré voter pour Valérie Plante à la mairie.

• À lire aussi: Denis Coderre quitte la vie politique

Vendredi, en annonçant son retrait de la vie politique, l’ex-maire de Montréal a dit qu’il avait un « paratonnerre » sur lui pendant la campagne. 

Une analyse des résultats détaillés des élections de dimanche dernier, réalisée par notre Bureau d’enquête, confirme que Denis Coderre lui-même repoussait les votes. 

Dans les arrondissements de Pierrefonds-Roxboro et de Saint-Laurent, des milliers d’électeurs ont voté pour les maires locaux, Jim Beis et Alan De Sousa, mais n’ont pas choisi leur chef, Denis Coderre, comme maire de Montréal.

Voyez dans la carte interactive ci-dessous, le vote à la mairie de Montréal par boîte de scrutin.

Source: Données ouvertes – Ville de Montréal

Dans le tiers des sections de vote de ces arrondissements, Valérie Plante a obtenu plus de votes que son rival, alors que les candidats locaux de Projet Montréal ont mordu la poussière. 

« Cela démontre que M. Coderre était un boulet pour son parti », juge la professeure à l’UQAM et spécialiste de la politique municipale Danielle Pilette. 

Dans plusieurs cas, près de 20 % des électeurs ont changé leur vote entre la mairie locale et la mairie de Montréal. 

Selon Mme Pilette, cela ne veut pas dire que ces électeurs votaient pour Valérie Plante dans l’allégresse.

« Dans beaucoup de ces arrondissements, ça a été la politique du moins pire, pense-t-elle. Mme Plante est loin d’être parfaite, mais était de loin la candidate qui incarnait la stabilité. »

Déjà en retard

La dernière semaine de campagne a été difficile pour Denis Coderre. Il a attiré toute l’attention médiatique sur lui, en refusant de dévoiler ses sources de revenus depuis sa défaite de 2017. Il a fini par le faire, après trois jours de controverse et de révélations dans les médias. 

Si plusieurs observateurs ont pointé ce fiasco comme principale raison de sa défaite, les données démontrent que M. Coderre avait déjà de la difficulté à faire sortir son vote avant cela, pendant le scrutin par anticipation.

Selon les données d’Élections Montréal, Mme Plante a recueilli 50 % des votes enregistrés la fin de semaine précédant le jour de scrutin officiel, contre 40 % pour M. Coderre.

« Je ne suis pas surprise. Le problème de M. Coderre s’est dessiné bien avant la dernière semaine », juge Danielle Pilette. 

Au coude à coude ?

Pourtant, à ce moment, les deux candidats étaient toujours à égalité dans les sondages avec 36 % des intentions de vote chacun.

« Le parti au pouvoir a un avantage significatif dans le vote par anticipation, qui est souvent représentatif de la force des machines électorales », rappelle le président de Léger, Jean-Marc Léger. 

Selon lui, malgré le vote par anticipation en faveur de Valérie Plante, l’issue du scrutin a tout de même été marquée par la « dernière semaine très catastrophique » de Denis Coderre.

À VOIR AUSSI...  

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.