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Pénurie de main-d'oeuvre: Ottawa freine l’économie du Québec

Le fédéral est incapable de traiter rapidement les demandes de travailleurs étrangers de la province

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La pénurie de main-d’œuvre frappe fort au Québec et cela se fait ressentir jusqu’à Ottawa dans le traitement des demandes pour les travailleurs étrangers temporaires. La province compte pour près de la moitié des dossiers qui sont présentement en analyse par des fonctionnaires fédéraux à travers le pays. 

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Selon des données transmises par Emploi et Développement social Canada (EDSC), qui chapeaute Service Canada, en date du 29 octobre, excluant le Volet des talents mondiaux, il y avait 10 284 demandes d’étude de l’impact sur le marché du travail (EIMT) en traitement, dont 4367 pour le Québec. 

« Ceci reflète la forte demande du programme au Québec cette année, soit une hausse de près de 40 % par rapport à l’année précédente », indique dans un courriel la porte-parole du ministère Samuelle Carbonneau. 

Ces derniers jours, plusieurs organisations et entreprises se sont plaintes des longs délais de traitement des EIMT. Un passage obligatoire pour obtenir les autorisations nécessaires pour venir travailler au Canada.  

Cette situation a également des impacts sur le renouvellement du permis des travailleurs étrangers déjà en sol québécois. Des compagnies d’ici craignent de devoir renoncer à certains talents le temps que leur dossier soit traité. 

Le cabinet juridique de la firme RM Recrutement International a notamment confié au Journal avoir une vingtaine de dossiers toujours en traitement avec Ottawa, dont les demandes ont été transmises aux mois d’avril et juin. 

L’Union des producteurs agricoles s’inquiétait également récemment de l’impact de ces délais pour la prochaine saison des récoltes. Pas moins de 900 EIMT étaient en traitement pour ce secteur d’activité. 

Québec veut le contrôle

En raison de ces importants délais, le gouvernement Legault a invité Ottawa à lui remettre les pleins pouvoirs en matière d’immigration. 

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a d’ailleurs récemment présenté des assouplissements pour le Programme des travailleurs étrangers temporaires qui doivent encore être approuvés par le gouvernement Trudeau.

Pour combattre le manque de talents, le ministre Boulet propose notamment de hausser de 10 % à 20 % le seuil de travailleurs étrangers pour certaines industries. Il souhaite aussi élargir le nombre de métiers qui seront admissibles au traitement simplifié pour les demandes. 

Emploi et Développement social Canada dit recevoir par année plus ou moins 50 000 demandes d’entreprises ou d’organisations à travers le pays. 

Le ministère s’est défendu ces derniers jours concernant ces importants délais en soulignant que 35 % des utilisateurs du portail du projet pilote EIMT avaient subi certains problèmes techniques après des mises à jour.