/weekend
Navigation

Le bonheur de jouer Les Reines

Marie‑Pier Labrecque et Sylvie Léonard
Photo courtoisie, TNM Marie‑Pier Labrecque et Sylvie Léonard font partie de la distribution de la pièce Les reines, présentée dès le 16 novembre au TNM.

Coup d'oeil sur cet article

Trente ans après avoir été présentée pour la première fois, la pièce Les reines de Normand Chaurette revient au TNM avec une distribution toute féminine digne d’un riche royaume.

Céline Bonnier, Sophie Cadieux, Kathleen Fortin, Marie‐Pier Labrecque, Sylvie Léonard et Monique Spaziani monteront sur les planches dans une mise en scène de Denis Marleau, qui avait fait le même travail dans une version jouée en 2005.

« C’est un grand privilège de pouvoir porter la poésie de Normand Chaurette, accompagnée par cinq immenses actrices », confie Marie-Pier Labrecque en entrevue téléphonique.

Même si les prétendantes fomentent et sont prêtes à tout pour se rapprocher du trône dans cette histoire inspirée de Richard III, l’œuvre de Shakespeare, la comédienne soutient que l’ambiance en répétition était marquée par le rire et le plaisir.

« C’est une gang exceptionnelle, dit celle qui interprète une femme muette et mutilée. Ce sont des actrices tellement expérimentées. J’apprends beaucoup. C’est très inspirant pour moi. »

Ce point de vue est corroboré par Sylvie Léonard. « On est des compagnes. Il y a une sororité qui s’installe, mentionne-t-elle. Je suis vraiment bien avec ces femmes qui sont travaillantes, rigoureuses, mais aussi ludiques. »

Dans cette production, Sylvie Léonard incarne la vieille duchesse d’York, mère des rois d’Angleterre. Même si elle a déjà passé le cap de la soixantaine, il s’agit d’un nouveau rôle pour la comédienne qui ne fait pas son âge.

« C’est la première fois que je joue un vieux personnage, confie-t-elle. Il faut physiquement endosser une lourdeur, que ce soit dans la voix ou dans le corps. C’est vraiment intéressant et riche à faire. » « Je ne suis pas mal à l’aise de jouer une femme âgée, ajoute-t-elle. Je ne vais plus incarner celles de 30 ans ! »

Sylvie Léonard explique que cette duchesse dure et autoritaire est « à mille lieues » d’elle. Elle se considère d’ailleurs chanceuse d’avoir pu porter autant de rôles variés durant sa longue carrière. En se remémorant le passé, elle conclut que c’est son célèbre personnage de Sylvie, dans Un gars une fille avec Guy A. Lepage, qui lui ressemblait le plus, « même si elle était assez loin de moi ».

Nervosité

Cette actrice qui a fait sa marque dans des téléromans renommés comme Terre Humaine et L’héritage a hâte de jouer devant public, ce qu’elle n’a pas fait depuis le début de la pandémie de COVID-19. 

« Le tract est tout le temps là, souligne Sylvie Léonard. Je ne connais pas ça ne pas avoir le tract. Pour moi, cela commence lorsqu’on rentre en salle avec les décors, pour les dernières répétitions. »

Sa collègue Marie‐Pier Labrecque considère comme enivrant ce processus créatif qui consiste à mieux saisir les nuances et les détails de ce « texte dense » 

« Les mots résonnent de plus en plus à force de répéter, note-t-elle. C’est un travail d’orfèvrerie que de modeler la sonorité. »

Elle souligne que cette pièce dégage un certain féminisme, car les protagonistes y ont soif de posséder.

« Elles passent à l’acte, déclare-t-elle. Elles ont des pulsions de pouvoir, des pulsions qu’on présente moins chez les femmes que chez les hommes. »


Cette joute royale sera à l’affiche dès le 16 novembre au TNM.