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Des experts confortés par la sortie de Labeaume au sujet du 3e lien

La lettre ouverte de l’ancien maire continue de faire parler

3e lien (troisième lien)
Illustration courtoisie Le troisième lien entre Québec et Lévis est un mégaprojet évalué à 10 G$.

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La lettre ouverte publiée vendredi par Régis Labeaume à l’intention du premier ministre Legault conforte les experts en mobilité consultés par Le Journal dans leurs positions très critiques du mégaprojet de troisième lien. 

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« Ça fait déjà plusieurs années qu’on doute de la pertinence d’un troisième lien et encore plus des raisons pour lesquelles ce projet serait essentiel [régler la congestion routière]. Le débat sur la nécessité du troisième lien n’a jamais vraiment eu lieu. Le projet a été décidé, poussé et imposé sans qu’une réflexion préalable réelle ait eu lieu », s’est exprimé Jean Dubé, professeur et chercheur à l’Université Laval. 

Jean Dubé.
Professeur de
l’Université Laval
Photo courtoisie
Jean Dubé. Professeur de l’Université Laval

Il y a deux semaines, celui qui est membre du Centre de recherche en aménagement et développement avait cosigné une lettre virulente dans laquelle sept spécialistes dénonçaient les « faussetés » propagées par le gouvernement caquiste dans ce dossier et son refus d’écouter « la science ». 

« Vider son sac »

Vendredi, à deux jours de la fin officielle de son mandat électoral, Régis Labeaume a publié une longue missive destinée au premier ministre Legault. Il y a sérieusement écorché le projet de tunnel Québec-Lévis.

Des ministres caquistes ont décelé de l’amertume dans ce texte, tandis que le nouveau maire Bruno Marchand a assuré qu’elle ne représentait pas la position officielle de la Ville de Québec. 

Le professeur François Des Rosiers, spécialiste en économie urbaine et régionale, a dit « endosser les arguments et recommandations de Régis Labeaume sur le troisième lien. Clairement, M. Labeaume a vidé son sac, mais compte tenu de l’ampleur du projet (10 G$), je crois que c’est justifié ».

Il aurait dû tenir ce discours avant de quitter la mairie, selon M. Des Rosiers, mais il ne pouvait assumer cette position dans ses responsabilités de maire de Québec, estime Jean Dubé.

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Responsabilité partagée

Selon Fanny Tremblay-Racicot, professeure adjointe de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), le maire Labeaume, qui présidait la Communauté métropolitaine de Québec depuis 14 ans, ne peut pas seulement blâmer le gouvernement. 

La spécialiste ajoute que « l’ancien maire expose de nouvelles données qui méritent d’être analysées. La solution proposée [d’une voie alternée sur le pont Pierre-Laporte] aurait dû être étudiée avant que le projet de troisième lien entre dans la phase de planification, mais malheureusement, il n’y a pas eu d’étude d’opportunité ». 

D’après Jean Mercier, professeur associé au Département de science politique de l’Université Laval, spécialisé en transports, le nouveau maire Bruno Marchand a tout intérêt à garder ses cartes en main pour l’instant, puisque les projets d'infrastructures de transport à Québec feront encore l'objet de plusieurs négociations.  

Ce qu’ils ont dit au sujet du tramway  

Vendredi, l’ex-maire Labeaume a tenu le gouvernement du Québec responsable du retard et de l’explosion des coûts du tramway. Voici l’opinion des experts là-dessus.

« M. Labeaume a raison de demander que l’on accorde au projet du tramway la même flexibilité qu’aux autres projets de cette ampleur. »

— Jean Mercier, professeur de l’Université Laval

« Si l’étude d’opportunité du projet de tramway avait été complète et réalisée dans les règles de l’art, nous n’en serions probablement pas à ce point, du point de vue de la technologie, du tracé et du budget. »

— Fanny Tremblay-Racicot, professeure adjointe de l’ÉNAP

« C’est bien connu que les retards entraînent des hausses de coûts. Ce n’est donc pas une surprise. »

— Jean Dubé, professeur et chercheur de l’Université Laval

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