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«Fond de rang»: tensions et malaises

La pièce est présentée au théâtre Premier Acte

Fond de rang
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine David (Samuel Corbeil) et Jo (Vincent Nolin-Bouchard) se retrouvent après cinq ans. Une rencontre qui bousculera l’immobilisme de Jo.

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Une mère fouineuse et intrusive. Une fille instable et très fragile. Un copain qui se questionne sur son identité sexuelle. Les tensions sont fortes dans cette maison située au fond d’un rang.

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À l’affiche jusqu’au samedi 20 novembre à Premier Acte, Fond de rang est un huis clos qui met en scène Louise, sa fille Marie et son amoureux Jo, et David, un ami d’enfance, qui débarque dans cette maison et qui fait exploser toute cette tension.

La pièce de Vincent Nolin-Bouchard est directe. Elle plonge dans les émotions de ces gens qui sont incapables d’avancer. 

La maison où habite Marie est dans le bois et elle appartient à sa mère. Une mère qui vit derrière cette demeure et qui souhaite vendre cet endroit un peu kitch où sa fille réussit à maintenir un semblant d’équilibre. Un équilibre fragile.

Louise, cette mère, merveilleusement interprétée par Sylvie Cantin, est très présente. Elle se mêle un peu de tout. 

Ces trois personnes sont coincées quelque part en région dans un univers fermé où les perspectives d’avenir sont limitées. Ils étouffent.

Le couple Marie et Jo vacille et l’arrivée de Dave, un ami d’enfance parti vivre à Québec, électron libre difficile à saisir, confrontera les trois personnages en provoquant de multiples malaises.

Plein de musique

Et à partir de ce moment, Jo devient un peu le point principal de Fond de rang. Le jeune homme vit une crise identitaire. Il est en couple avec Marie, mais il a une attirance pour Dave. Et Dave, lui, a déjà eu une histoire avec sa copine. 

La musique est un élément majeur de la pièce. Il y a celle composée par Sarah-Anne Arsenault et Dillon Hatcher et celle aussi livrée par l’acteur Samuel Corbeil, qui personnifie un David particulièrement troublant.

Il joue de la basse et s’approche de la mère de Marie dans un moment de séduction très Twin Peaks. La trame musicale traduit bien les ambiances et les états d’esprit des personnages. 

Il n’y a pas de temps mort. C’est du théâtre-vérité et on embarque rapidement dans cette proposition de la compagnie Théâtre pour pas être tout seul. Vincent Nolin-Bouchard et Marie-Ève Lussier-Gariépy habitent parfaitement le mal qui habite Jo et Marie.

Et à la fin, les choses s’éclaircissent. Les trois individus sont devant leur destin. Marie déclame son autonomie, Jo semble libéré. Et la mère, elle, finira peut-être par prendre ses distances.

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