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André-Philippe Gagnon: l’art de trouver ses voix

Quebec
Photo Stevens LeBlanc André-Philippe Gagnon

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Dans son nouveau spectacle, André-Philippe Gagnon imite Robert Charlebois. Rien d’exceptionnel, direz-vous, de la part d’un artiste qui a copié la voix des plus grands artistes de la planète. C’est pourtant la première fois en 40 ans de carrière que notre plus célèbre imitateur parvient à faire un Charlebois qui le satisfait.

« Ça m’a pris du temps en maudit », admet André-Philippe Gagnon.

À force de chercher, il a finalement trouvé la clef de cette énigme chez un autre enfant terrible du rock des années 1960, nul autre que Jim Morrison, chanteur au tragique destin des mythiques Doors.

« C’était son influence », dit André-Philippe Gagnon.

Il appuie son affirmation en chantant successivement Riders on the Storm et Conception, histoire de faire valoir les similitudes qu’on retrouve dans la tonalité des cordes vocales des deux chanteurs.

Partir d’une voix pour aboutir à une autre constitue une des méthodes de travail que privilégie l’homme aux mille voix.

Au milieu des clients d’un restaurant du Vieux-Québec, il se met à chanter afin de prouver comment, à partir d’une légère modification à la voix de Lionel Richie, il peut passer à celle de Phil Collins. Un autre ajustement plus tard, il était rendu chez Axl Rose.

De Dum Dum à François Legault

Parfois, ses inspirations sont loufoques. Pour construire son imitation du chanteur britannique Sam Smith, André-Philippe Gagnon dit avoir mélangé le son d’une poule et la voix du chanteur du groupe Meat Loaf.

Quant à son imitation de François Legault, l’inspiration part d’encore plus loin. Il a pigé dans ses souvenirs d’enfance pour retrouver la voix basse du chien Dum Dum dans le dessin animé des années 1960, Touché la Tortue, dit-il en riant de bon cœur.

Il arrive aussi qu’André-Philippe Gagnon renonce à une voix. Celle de Rod Stewart, par exemple.

« Il a une voix rauque qui n’est pas Bryan Adams, pas Joe Cocker, pas Tom Waits ni Axl Rose », dit-il, extrait à l’appui.

L’impact qu’un Stewart aurait sur ses cordes vocales pourrait le forcer à exclure de son répertoire des voix auxquelles il tient, fait-il remarquer.

« Est-ce qu’il faut que je boive du scotch autant que lui et [que je] scrappe mes voix de filles comme Vanessa Paradis, Tracy Chapman et Natalie Cole ? » demande l’imitateur en riant.

Mémoire musicale

Toutes ces voix, et bien d’autres, se retrouveront dans son spectacle Monsieur tout le monde, qu’il a commencé à trimballer au Québec.

Avec sa « nouvelle gang » de collabo-rateurs et maintenant que les enfants sont grands, André-Philippe Gagnon espère aussi en dévoiler la version anglophone, Mr Everybody, hors de nos frontières.

« Nous avons des pourparlers avec Las Vegas et Toronto. Nous voulons aussi présenter Monsieur tout le monde en Belgique, en France et en Suisse », avance celui qui a auparavant joué pendant plusieurs années à Las Vegas et accompagné Céline Dion en tournée.

Sa nouvelle proposition, dans laquelle il ajoute à son répertoire les voix de Hubert Lenoir, Tire le Coyote et Patrice Michaud, s’appuie sur le principe de la mémoire musicale pour plonger les spectateurs dans leurs souvenirs de jeunesse.

« Ce n’est pas juste des pots-pourris d’imitations. La mémoire musicale, c’est fort. T’entends une toune et tu dis que c’est la fois où tu étais allé quelque part avec ton cousin, un été. »


♦ André-Philippe Gagnon sera au Théâtre Saint-Denis de Montréal, du 25 au 27 novembre, puis au Capitole de Québec, du 2 au 5 décembre ainsi que du 8 au 11 décembre.