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QS vise une réduction de 55% des GES

Les délégués ont voté pour rehausser leur cible, samedi

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Réunis en congrès, les délégués de Québec solidaire (QS) ont rehaussé à 55% leur cible de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2030, comparativement à un objectif actuel du gouvernement caquiste de 37,5%.

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Les militants ont adopté une proposition d’urgence en ce sens dès l’ouverture des travaux, samedi matin. Il s’agit d’un rehaussement important, alors que la cible de QS était jusqu’ici de 45% sous le niveau de 1990.

Mais des groupes environnementalistes, dont Greenpeace et Équiterre, ont récemment appelé le Québec à rehausser cet effort à 65%.

QS explique que sa proposition se veut une position mitoyenne. La motion indique que les mesures qui seront proposées par QS lors de la prochaine campagne électorale permettront «de réduire les émissions du Québec d’au moins 55% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2030, en se rapprochant le plus possible de la cible de 65%».

«Avec une cible entre 55% et 65%, ça nous donne la marge de manœuvre pour faire un travail sérieux, rigoureux et arriver à la ligne de départ en 2022 pas juste avec une grosse cible, avec un plan où on explique où on va couper les gaz à effet de serre pour y arriver et on a un an pour faire ce travail-là », a commenté le chef parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en début de soirée.

Économie dirigée

Mais des militants étaient prêts à aller plus loin en appuyant la cible proposée par les groupes écologistes.

Marc Bonhomme a notamment suggéré de sortir du capitalisme pour mettre en place une «économie dirigée» pour faire face à la crise climatique. Le militant a aussi réclamé la fin des voitures, à essence et électrique, pour faire place uniquement au transport en commun.

Olivier Huard, lui, est venu plaider en faveur d’une position «réaliste» en appuyant la cible de 55%. Cet ex-membre de la commission environnementale a rappelé que QS a eu autrefois une cible de réduction des GES de 67%.

«Mais j’ai été aussi candidat et on se rend compte que si on a des grosses propositions ambitieuses et que le monde ne nous suit pas, il y a une limite à ce qu’un parti politique peut faire en termes d’éducation», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, les délégués ont rejeté les amendements visant à nationaliser les industries pétrolières et celles liées aux divers hydrocarbures. Mais QS sera désormais en faveur d’une nationalisation des énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne.

Débat sur la gratuité scolaire

Contrairement à 2018, Québec solidaire ne proposera plus la gratuité scolaire au niveau postsecondaire dans un délai de cinq ans après son élection à la tête du Québec, mais s’engage plutôt à y arriver «à terme». Gabriel Nadeau-Dubois assure que le délai envisagé demeure similaire.

Toutefois, Québec solidaire s’engage à éliminer «immédiatement tous les frais scolaires facturés dans les établissements publics, du préscolaire au secondaire».

La question de la gratuité au niveau postsecondaire a fait l’objet de discussions samedi, alors que des délégués souhaitaient réitérer la promesse d’y arriver dans un premier mandat. La proposition a été battue.

Maxime Larue Bourdages, responsable de la mobilisation au comité de coordination nationale a notamment appelé à voter contre l’amendement. Lui-même en faveur de la gratuité scolaire, il a fait valoir que les revendications des mouvements sociaux demandent plutôt d’y arriver en six ans.

De plus, QS revendique désormais la rémunération des stages, souligne-t-il. «Et je pense que cette revendication-là est prioritaire à celle d’atteindre le zéro absolu en éducation. Je pense aussi que l’urgence est d’annuler les hausses de frais de scolarité qu’il y a eu depuis 25-30 ans. Et ensuite, dans un deuxième mandat, on réduit la facture pour atteindre la gratuité scolaire», a déclaré Maxime Larue Bourdages.

Chloé Domingue-Bouchard a abondé dans le même sens en affirmant que l’engagement d’éliminer immédiatement les frais associés à l’éducation primaire et secondaire est «très ambitieux». Elle a chiffré cette promesse à 1 milliard$ par année.

«Donc, est-ce qu’on peut s’attaquer à ça prioritairement puis se dire: on se donne quelques années de plus pour le postsecondaire?», a-t-elle plaidé.

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