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Entre la réalité et la fiction

Valérie Chevalier
Photo Chantal Poirier

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Forte du succès de ses quatre romans précédents, l’animatrice, comédienne et écrivaine Valérie Chevalier raconte la pandémie d’un point de vue intimiste dans son nouveau livre, Le vacarme des possibles. Alliant la poésie, le journal intime et l’autofiction, elle brosse un portrait émouvant des hauts et des bas de la vie amoureuse d’une jeune femme, évoquant les liens qui se font et se défont et la palette changeante des sentiments.

Ponctué d’illustrations signées Anne-Julie Dudemaine, Le vacarme des possibles présente les aléas de la vie amoureuse d’une femme qui a soif d’amour, de bonheur et de sérénité. 

Entre octobre 2019 et août 2020, elle est constamment tiraillée entre les promesses et les angoisses, traverse les peines, les tourmentes, les tempêtes, les déceptions, et se relève, chaque fois, du mieux qu’elle peut. Les ruptures et les rencontres se succèdent, apportant leur lot d’émotions, sur fond de pandémie.

Valérie Chevalier assume totalement la démarche d’autofiction choisie pour ce nouvel ouvrage, qui évoque la distance entre les gens, la distance géographique et la distance, sur le plan émotif, des gens qui s’éloignent petit à petit ou brutalement.

« C’est un roman sur les liens, les détachements et les attachements qui se font. Comment on peut s’ancrer quelque part puis se détacher d’endroits, de lieux et de gens qu’on aime et qu’on a aimés », commente-t-elle, en entrevue.

Réalité et fiction

Son texte est présenté sous forme de poèmes et de journal intime, présenté par fragments. « C’est la première fois que je le fais comme ça, mais il y a quand même un écho à mes autres livres, jusqu’à un certain point, dans la forme plus courte. Dans La théorie du drap contour et dans Les petites tempêtes, il y a de courts chapitres. C’est le cas ici aussi, mais c’est raconté du point de vue d’un personnage. »

Le travail de création, différent, s’est fait par étapes. « Il y a une partie qui est inspirée de ma vie et il y a une partie de création où je me suis vraiment permis d’inventer des choses, de créer des personnages, de vraiment les inventer. »

Valérie Chevalier aime l’acte concret d’écrire, avec crayon et papier. « J’aime écrire dans des cahiers. J’ai des carnets de voyage, je prends des notes. Le matin, avant de me mettre à l’écriture, je fais une page d’écriture automatique et c’est de là qu’est venue l’idée. »

« J’en ai fait quelques-unes pendant la pandémie et je suis retournée dans ces notes-là puiser des passages, de l’inspiration. Il y a eu un ménage qui a été fait là-dedans et aussi, carrément, des entrées qui ont été inventées de toutes pièces. C’est vraiment une courtepointe entre ma vie et la création, ce projet. »

Il est question de ruptures successives dans Le vacarme des possibles. Inspiré de la réalité ou pas ? « Il fallait être là pour le savoir ! » dit-elle du tac au tac. 

« Ce n’est pas une biographie que je fais, c’est un exercice artistique. Il y a une partie de vérité, mais je ne pense pas qu’à ce stade-là, ce soit tellement important de savoir à quel pourcentage tout ça est vrai ou pas. J’ai envie de laisser les gens lire, et ils décideront s’ils veulent que ça me soit arrivé au complet ou pas. »

« J’ai assumé de jouer sur cette ligne-là. Je parle au “je”, je me présente comme moi-même. Quand le personnage revient de travailler, elle revient d’une journée de tournage. Elle emménage avec sa sœur. J’assume de jouer sur cette ligne très ténue entre la réalité et la fiction, mais je me suis permis d’inventer des choses. Je ne me suis pas arrêtée à la réalité. »

  • Valérie Chevalier est animatrice, chroniqueuse, comédienne et écrivaine.
  • Elle a participé à plusieurs émissions de télé et coanime toujours la quotidienne Cochon dingue, qui lui a valu trois prix Gémeaux pour la meilleure animation jeunesse.
  • On l’a également vue au cinéma, notamment dans La petite reine.
  • Elle a publié quatre romans à succès, dont trois ont également été coédités en France.
  • Elle est coauteure de l’ouvrage Créatrices, qui présente le parcours unique de 30 artistes québécoises d’exception.
  • Elle sera présente au Salon du livre de Montréal.

EXTRAIT

Valérie Chevalier
Photo courtoisie

« Vendredi 13 mars 2020

Montréal, 19 h 52

COVID-19. Petite fin du monde. 

Les bulletins d’information ne nous annoncent que des mauvaises nouvelles. L’état d’urgence a été déclaré partout. Toutes les écoles du Québec sont fermées pour deux semaines. Le télétravail est fortement encouragé. Même les chantiers sont interrompus. Ma maison attendra, je ne sais pas pour combien de temps. 2020 sera sans précédent. 

Plus tôt, ça m’a pris une heure pour faire l’épicerie, dont cinquante minutes en file pour passer à la caisse. Les gens sont fous et, vraisemblablement, j’en fais partie.

Après le souper hier soir, j’ai enfin réussi à ouvrir la discussion avec Paul à propos de nous deux. Il devenait nécessaire de nommer les choses. »