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Pénurie de main-d'oeuvre: l’embauche a pris des airs de Far West

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La femme d’affaires Michelle Doré, propriétaire de trois hôtels dans le Vieux-Québec, a indiqué avoir réalisé plus d’une centaine d’embauches, ces derniers mois.

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Refus d’accomplir certaines tâches, démission après une journée, départ en plein quart de travail, no-show à des entrevues d’embauche : pour des PDG, le processus de recrutement est devenu le Far West en raison de la situation de la main-d’œuvre au Québec qui avantage les employés.

Le Journal a discuté avec des patrons d’entreprises et des responsables aux ressources humaines. Tous s’entendent pour dire que le recrutement est, aujourd’hui, un véritable casse-tête. Cette situation touche tant des PME que des géants du commerce de détail, comme Costco.

La femme d’affaires Michelle Doré, propriétaire de trois hôtels dans le Vieux-Québec, a indiqué avoir réalisé plus d’une centaine d’embauches ces derniers mois. Toutes les deux semaines, « une ou deux personnes » quittent leur poste « après un jour ou deux de travail », chiffre-t-elle.

Mme Doré est de celles qui constatent que le respect manifesté par les candidats à la recherche d’un emploi à l’égard des employeurs est en perte de vitesse. Plusieurs ne se présentent même pas aux entrevues d’embauche. 

« Cela a tellement changé. Ce n’est plus reconnaissable », déplore celle qui a dû s’improviser plongeuse durant l’été. « Il y a même des gens qui nous donnent leur spécimen de chèque et ils ne rentrent jamais », poursuit-elle.

Cette dernière mentionne avoir notamment dû remercier un travailleur à la plonge, cette année, avec un salaire de « 18 $ de l’heure », puisqu’il refusait de s’occuper des vidanges et des toilettes. Et ce n’est pas un cas isolé.

Rapport de force

L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés concède avoir entendu des histoires similaires. Par exemple, des gens acceptent un emploi et quelques jours plus tard, ils partent chez un concurrent. 

« C’est sûr que les travailleurs sont très conscients que les emplois et les opportunités sont multiples », avance la directrice générale, Manon Poirier, précisant qu’il ne faut toutefois pas généraliser cette situation. « Ça reste quand même un pourcentage de gens restreint », poursuit-elle.

Mme Poirier estime que ce changement de rapport de force en raison de la pénurie de main-d’œuvre explique la croissance de certains comportements inadéquats.

Pierre-Olivier Mercier, PDG du Groupe WLKN, qui détient 10 boutiques, constate également que la relation entre les chercheurs d’emploi et les employeurs est aujourd’hui plus houleuse. 

« Au niveau des entrevues, les no-show, c’est capoté. Le niveau de respect diminue, en effet », répond celui qui est à la tête de 126 travailleurs. « Les gens n’ont plus d’attachement », poursuit-il.

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