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Pénurie de main-d'oeuvre: robotisation et tâches à valeur ajoutée

Pièces d’auto Transit prend les grands moyens pour se tourner vers l’avenir

Dossier pénurie de main-d'oeuvre. (PHOTO DIANE TREMBLAY) 
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Photo Diane Tremblay L’entreprise Pièces d’auto Transit à Lévis a triplé la superficie de son centre de distribution qui totalise maintenant 150 000 pieds carrés pour ajouter des robots. Sur la photo, Isabelle Labrie, directrice des opérations et Simon Bourque, directeur Produits.

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Chez Pièces d’auto Transit, on est loin d’avoir baissé les bras face à la pénurie de main-d’œuvre. Au contraire, l’entreprise attaque de front cet adversaire par différents moyens qui passent par la robotisation. 

DIANE TREMBLAY, Le Journal de Québec

« On est sensibilisés depuis des années à la pénurie de main-d’œuvre. Pour nous, c’est du réchauffé. C’est sûr que la pandémie l’a accélérée, car c’est arrivé encore plus vite qu’on pensait », affirme Isabelle Labrie, directrice des opérations.

Avec son conjoint, Stéphan Guay, qui est le président, Mme Labrie pilote un vaste projet de robotisation qui a amené l’entreprise à réaliser un investissement de 22 M$ (14 M$ pour l’agrandissement du centre de distribution et 8 M$ pour la robotisation des opérations), afin de se tourner vers l’avenir.

Lorsque la pandémie est survenue, l’entreprise a décidé d’aller tout de même de l’avant avec ces investissements.

« En avril 2020, on a donné le go à notre projet d’agrandissement. On a dit “on continue le projet et on creuse”. On est très contents aujourd’hui d’avoir pris cette décision qui était très risquée. Il faut se l’avouer », ajoute Mme Labrie.

Augmenter la productivité

« Si on avait mis le projet sur la glace, nous aurions été confrontés à des délais et à des coûts supplémentaires. Ça aurait eu un impact majeur. Nous n’aurions pas été capables d’attein-dre nos résultats », affirme Simon Bourque, directeur produits.

Maintenant que les infrastructures sont prêtes, il reste à implanter la seconde phase, soit la robotisation des opérations, dont la mise en service des équipements est prévue à l’été 2022.  

Pour ce manufacturier et distributeur de pièces d’automobile, qui vise les 100 M$ de chiffre d’affaires d’ici quatre ans, la robotisation permettra d’augmenter la productivité, pendant que les employés effectueront des tâches à valeur ajoutée.

Au fil des ans, le nombre d’employés est passé de 80 à 115 et Transit sait qu’elle aura besoin d’encore plus de personnel pour continuer de grandir. 

« On a des idées de recrutement pour que les gens fassent la file pour venir travailler ici. C’est ça, notre objectif! », ajoute Mme Labrie. 

Faire sa mécanique au boulot

Une foule de « détails » rendent l’environnement de travail unique chez Transit. Par exemple, l’entrepôt est climatisé durant l’été grâce au système de géothermie.

De plus, le télétravail, les horaires flexibles et la cotisation à un REER collectif sont aussi offerts. 

Mais ce n’est pas tout, lors des travaux d’agrandissement, M. Guay a fait construire un garage sur le terrain du centre de distribution pour permettre aux employés de faire effectuer des travaux de mécanique sur leur voiture pendant qu’ils sont au travail.

C’est sans compter le lave-auto qui est mis à leur disposition et les œufs frais livrés chaque semaine.

 

Organiser le travail avant de chercher des contrats  

Dossier pénurie de main-d'oeuvre. (PHOTO DIANE TREMBLAY) 
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Photo courtoisie

Les dirigeants d’une entreprise de L’Isle-Verte avouent consacrer le plus clair de leur temps à trouver de nouvelles façons d’organiser les tâches dans l’usine plutôt qu’à chercher des contrats.

DIANE TREMBLAY, Le Journal de Québec

Vivre en région ne facilite pas le recrutement de la main-d’œuvre. 

« Mettons que la Grande Allée est plus facile à vendre que le rang 3 de L’Isle-Verte », lance Étienne Côté, président et copropriétaire de Cotech. 

« Je reste dans un petit village de 1300 habitants. Même si je voulais faire une offre à un autre soudeur, je ne peux pas parce qu’il n’y en a pas. Mon entreprise est née avec la pénurie de main-d’œuvre, il y a 20 ans », ajoute-t-il.  

Cela n’a pas empêché Cotech de devenir l’un des plus grands fabricants de gratte à neige pour tracteurs au Québec. 

Malgré les embûches dans le recrutement, l’entreprise a toujours bien tiré son épingle du jeu, estime le dirigeant.

Cette PME fabrique aussi des équipements pour les mini-excavatrices et elle possède un contrat de distribution pancanadien avec Kubota.

« Mon frère et moi, on est natifs de L’Isle-Verte. J’ai démarré cette entreprise chez nous. On est dans notre région. On a notre beat de vie ici et on aime ça. Je ne déménagerais pas l’entreprise pour tout l’or du monde », affirme M. Côté. 

Une ex-infirmière sur la chaîne

Les dirigeants avouent consacrer « 80 % de leur énergie » à trouver mille et une façons de se réorganiser.

« Faire l’assemblage des grattes extensibles, réversibles avec des pièces hydrauliques, ça pouvait prendre jusqu’à un mois pour former une personne. »

« Ce qu’on a fait, c’est mettre en place des lignes de montage comme dans les usines de fabrication d’automobiles. Au lieu de former cinq personnes pour faire des grattes au complet, on forme cinq personnes à faire une petite tâche. Comme ça, si une personne nous quitte, on n’a pas besoin d’engager un mécanicien pour assembler ça », illustre-t-il.

« Pour vous donner une idée, sur ma ligne d’assemblage, il y a une ex-cuisinière, une ex-infirmière. J’ai du monde qui n’avait jamais touché à un ratchet de leur vie. »

Des postes à pourvoir

Cotech, qui compte 70 employés, s’est tournée vers l’automatisation, il y a une quinzaine d’années, et les travailleurs étrangers. Malgré tout, une vingtaine de postes sont à pourvoir.

L’entreprise réalise actuellement un investissement d’un demi-million de dollars dans un logiciel de gestion manufacturière qui pourra l’aider.

« Avant ça, on faisait des projets en tenant compte du retour sur l’investissement. Maintenant, tu fais le projet parce que tu n’as pas le choix. Tu dis, ok, ça coûte 2 M$ pour ajouter des robots, on le fait. »

« Il n’est pas question de fermer cette entreprise-là à cause de la pénurie de main-d’œuvre. Oubliez ça ! » tranche le président.

 

Faire du problème un modèle d’affaires  

Ce n’est pas d’hier qu’on entend qu’il manque de soudeurs-assembleurs au Québec, un métier exigeant physiquement qui ne fait pas rêver les foules.

Julien McEvoy, Le Journal de Montréal

Les soudeurs Maryse Meloche, et Christophe Thomas, qui est aussi mécanicien industriel, ont flairé la bonne affaire. Ensemble, ils ont fondé C.T. Métallurgie, une agence de placement spécialisé dans les emplois industriels. 

Et les affaires vont bien. L’entreprise va fêter son troisième anniversaire en mai et compte déjà 45 employés. 

« Les trois principales demandes que l’on reçoit, c’est pour des soudeurs assembleurs, des mécaniciens industriels et des électromécaniciens », confie Maryse Meloche.

Des gros noms

Les employés de C.T. Métallurgie sont déployés chez certains des plus gros acteurs industriels du Québec. L’entreprise préfère taire le nom de ses clients, par confidentialité, mais surtout pour éviter d’alerter d’autres agences de placement. 

Les chantiers navals et l’industrie minière sont deux bons filons pour la jeune agence de placement. 

Les mandats peuvent durer quelques mois ou quelques jours, le temps d’une opération de maintenance dans une usine, par exemple. 

« Certains finissent même par être embauchés par les entreprises où on les envoie », reconnaît Mme Meloche. 

Ça, c’est quand les entreprises peuvent payer un bon salaire, car un des avantages de C.T. Métallurgie est de ne pas être tenu par une convention collective.

« On peut offrir des salaires beaucoup plus élevés que la majorité des employeurs qui doivent respecter leurs ententes collectives », lance la soudeuse-entrepreneure. 

Bien outillés

En plus des salaires, C.T. Métallurgie se démarque par les formations dont elle s’occupe. « Quand nos équipes arrivent sur un chantier ou dans une usine, ils sont prêts », lance la patronne. 

Cela compte aussi bien pour la santé et sécurité que pour la formation continue. 

Les deux actionnaires de C.T. Métallurgie ont donc su mettre à profit leurs nombreux contacts dans l’industrie.

« On compte 15 ans d’expérience dans le milieu à nous deux, c’est sûr que ça nous a ouvert des portes », explique Maryse Meloche.