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Tex Lecor: entre plaisir et mélancolie

Robert Bernier
Photo courtoisie, Martine Doyon L’auteur, Robert Bernier

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Artiste dans l’âme, le célèbre chansonnier et talentueux peintre aimait profiter des plaisirs que la vie lui offrait, mais on apprend également, dans sa récente biographie, Clair-obscur, que l’homme à l’esprit libre pouvait aussi être mélancolique privilégiant de grands moments de solitude.  

« C’était un homme de paradoxe et de contradiction », lance d’emblée l’auteur Robert Bernier qui a travaillé plus de quatre ans sur la biographie de Paul Lecorre, dit Tex Lecor, décédé en 2017 à l’âge de 84 ans.

Outre de nombreuses recherches effectuées, c’est principalement grâce à la complicité de Louise Dion, la femme de Tex Lecor, qui se faisait appeler, Loulou, que l’auteur a réussi à retracer le parcours de vie du chanteur et artiste peintre pour en tirer une biographie. 

Robert Bernier a aussi eu la chance de rencontrer Tex Lecor, en 2014, pour un projet vidéo à son atelier. « On était sur la même longueur d’onde et il pouvait facilement laisser tomber le masque », confie le biographe qui qualifie Tex, d’homme imparfait et exceptionnel à la fois. « C’était avant tout un homme doté d’une grande humanité avec de belles valeurs, mais c’était aussi un homme anxieux. Même si publiquement il avait l’air toujours de bonne humeur, dans la vraie vie, il n’incarnait pas la joie de vivre. »

Tex Lecor qui a connu son plus grand succès populaire en 1972 avec sa chanson, Le frigidaire, qui a été traduite en plusieurs langues lui assurant une sécurité financière a néanmoins connu des débuts modestes.

Dès son enfance, on lui reconnaît un certain talent pour le dessin. Fils d’un père militaire, il demeure un esprit libre et dessine constamment tout en osant rêver de devenir, un jour, artiste peintre.

Jeune adulte, il prend son destin en main et décide de faire ses études à l’École des beaux-arts à Montréal. Pour gagner sa vie, il passe ses étés en Gaspésie à la barre d’un bateau d’excursion pour touristes et vend sur le quai ses dessins et premiers tableaux. « Il joue de la guitare aussi », fait remarquer l’auteur.

Ce n’est qu’en 1960 que sa carrière de chansonnier prendra son envol. Il aura également un certain succès en tant qu’animateur, à la radio et à la télé, notamment avec l’émission de variétés, Sous mon toit

La liberté

En lisant sa biographie, on comprend que le chanteur aimait sa liberté et n’avait aucun scrupule. L’alcool, le jeu et les femmes occupaient une grande place. Même s’il a partagé 55 ans de sa vie avec sa femme Loulou. 

« Il ne fallait pas exiger de lui la fidélité, mais son amour pour Loulou était indéfectible », souligne Robert Bernier. « Leur union était très forte et libre. » 

Tex aimait aussi voyager. « Il aimait particulièrement partir en voyage à bord de son avion et pouvait se rendre à la Baie d’Ungava dans le Grand Nord québécois », indique l’auteur.

Même si l’homme a été célèbre pour ses chansons, avec une douzaine d’albums à son actif, il a choisi d’abandonner sa carrière de chansonnier à la fin des années 1970 pour se consacrer à la peinture, sa véritable passion. Il aimait passer son temps seul dans son atelier à peindre. Jusqu’à la fin, jamais il n’a abandonné ses pinceaux. Il peignait des paysages, souvent ceux de la Gaspésie, et des femmes également, surtout des femmes nues.

Celui qui a fait partie du paysage québécois pendant près de 60 ans et qui a souffert plus d’une fois de pneumonies a été emporté par la maladie du légionnaire laissant en héritage sa musique et ses tableaux. 


♦ Robert Bernier est également le directeur et le rédacteur en chef de la revue Parcours.

♦ Il planche sur la rédaction d’une autre biographie, celle de Louis-Paul Allard.