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Grève à la SAQ: moins de produits et maux de tête pour les restaurateurs

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La grève générale illimitée déclenchée par quelque 800 syndiqués de la Société des alcools du Québec (SAQ) aura «des impacts significatifs» ces prochains jours, prévient la société d’État, notamment sur le nombre de produits en vente dans les succursales et les services aux restaurateurs. 

• À lire aussi: Grève-surprise de 24 heures aux entrepôts et à la livraison

«Les livraisons pour les restaurants, bars et titulaires de permis sont arrêtées, de même que les livraisons vers les entrepôts des épiceries et dépanneurs», indique le porte-parole de la SAQ, Yann Langlais-Plante. 

Pour les consommateurs, la mise sur pause des services de transport entre les entrepôts et les succursales pourrait avoir un impact sur les approvisionnements de vins et de spiritueux dans les magasins. La SAQ prévoit également des délais de livraison plus longs pour les commandes en ligne. 

La société d’État estime que les perturbations liées à cette grève générale devraient s’échelonner jusqu’à «minimalement» mercredi. Les succursales restent ouvertes et le site transactionnel SAQ.com demeure en activité. 

Travailleurs externes 

Lundi matin, des centaines de salariés représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, ont entamé une grève générale illimitée pour dénoncer le fait que la SAQ songerait à utiliser des installations et des travailleurs externes pour maintenir ses activités.    

  • Écoutez l’entrevue du conseiller syndical du SCFP et responsable du dossier de la SAQ, Michel Gratton, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

«L’utilisation de scabs dans une société d’État québécoise est carrément inacceptable», affirme, dans un communiqué, Joël Latour, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la SAQ. «Nous avons entrepris des procédures judiciaires», poursuit-il. 

Ces employés, qui ne sont pas dans les succursales, sont sans convention collective depuis le 1er avril dernier. Les négociations entre ce groupe de travailleurs et l’employeur sont en cours depuis maintenant deux mois.    

  • Écoutez l’entrevue de Sophie Durocher avec Karl Blackburn, Président et Chef de la direction du Conseil du patronat du Québec sur QUB radio:    

La semaine dernière, ils avaient aussi à déclencher une grève-surprise de 24 heures. Les livraisons prévues avaient alors été annulées et des retards avaient été accumulés au cours des journées suivantes. 

«On va essayer de trouver un terrain d’entente très rapidement. On n’a pas envie de priver les gens d’alcool», note le conseiller syndical du SCFP, Michel Gratton, ajoutant que les moyens de pression vont se poursuivre mardi. 

Pour justifier le recours à la grève, le syndicat estime que les travailleurs ont des salaires loin d’être compétitifs et qu’ils doivent faire trop d’heures supplémentaires, en raison de la pénurie de main-d’œuvre, ce qui risque d’entraîner des problèmes de santé et de sécurité au travail. 

Surprise

À la SAQ, la direction dit être «surprise» de cette décision, puisque des séances de négociation sont toujours prévues cette semaine à Trois-Rivières. Une rencontre est d’ailleurs à l’horaire dès 9 heures, mardi. La société d’État assure aussi respecter toutes les dispositions du Code du travail. 

«Nous sommes toujours disposés à négocier, dans les meilleurs délais, une entente satisfaisante pour les deux parties», souligne le porte-parole, Yann Langlais-Plante. 

Cette grève aura aussi comme conséquence d’annuler, pour le moment, le ramassage des commandes auprès des producteurs locaux du Québec. 

Une situation qui préoccupe la Distillerie des Appalaches, alors que le temps des Fêtes est la période la plus achalandée de l’année pour les spiritueux. 

«Nous avons présentement un nombre record de bouteilles en commande auprès de la société d’État. [...] Ces dernières dorment présentement dans notre entrepôt, dans l’attente d’un transporteur», déplore, dans un communiqué, le président de la distillerie, Dave Rivard. 

«Les Québécois ont déjà commencé à magasiner leurs cadeaux et à faire des provisions pour recevoir leurs invités. Si les produits des distilleries d’ici ne sont pas sur les tablettes, ce sera malheureusement un produit de l’étranger qui s’invitera dans les chaumières à Noël», craint-il. 

M. Rivard revendique aussi, depuis plusieurs mois, auprès de la SAQ et du gouvernement Legault, le retrait des frais de majoration imposés par la société d’État sur les ventes réalisées chez un producteur. 

Même si le service de livraison de l’alcool dans les épiceries et les dépanneurs est suspendu jusqu’à nouvel ordre, le géant de l’alimentation Metro a préféré ne pas émettre de commentaire, pour l’instant. 

Pour sa part, l’Association des détaillants en alimentation du Québec espère que le conflit se «règle rapidement» afin de minimiser l’impact pour les consommateurs. 

«La période des Fêtes s’en vient. [...] Cette situation pénalise les régions où il n’y a pas de succursale de la SAQ, mais seulement des agences», indique Stéphane Lacasse, directeur des affaires publiques et gouvernementales. 

– Avec la collaboration de l’Agence QMI

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