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L’ex-juge Delisle plaide pour l’arrêt des procédures

Son avocat critique le travail des experts de la Couronne

L’ancien juge Jacques Delisle à son arrivée lundi au palais de justice de Québec, où a débuté l’audition de sa requête en arrêt des procédures.
Photo Stevens LeBlanc L’ancien juge Jacques Delisle à son arrivée lundi au palais de justice de Québec, où a débuté l’audition de sa requête en arrêt des procédures.

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L’avocat de l’ex-juge Jacques Delisle a vertement critiqué le travail des experts de la Couronne, lundi, dans le but d’obtenir un arrêt des procédures et d’éviter à son client un second procès pour le meurtre prémédité de son épouse.

L’accusé de 86 ans était de retour au palais de justice de Québec, où a débuté l’audition de la requête en arrêt des procédures pour abus et délais déraisonnables déposée en août dernier par le clan Delisle.

Attentif, Jacques Delisle était aux côtés de ses avocats, Me Jacques Larochelle et Me Maxime Roy. Ses enfants ont aussi assisté à la procédure, qui doit s’échelonner sur trois jours.

Me Jacques Larochelle
Photo d'archives
Me Jacques Larochelle

Preuve scientifique

Armé de rapports, de photos et d’expertises, Me Larochelle s’est replongé dans la preuve scientifique ayant marqué le dossier. Celui qui représente Jacques Delisle depuis le début de cette saga a souligné les contradictions et les manquements reprochés principalement au pathologiste du ministère public. 

Une ordonnance de non-publication prononcée par le juge Jean-François Émond nous empêche toutefois de rapporter la preuve contenue dans la cinquantaine de pièces déposées en support à cette requête. Cette décision vise à préserver l’impartialité d’un éventuel jury, advenant la tenue d’un second procès. 

Erreur judiciaire  

Sur la question des délais déraisonnables, Me Larochelle a rappelé que son client a été trouvé coupable en juin 2012 du meurtre prémédité de son épouse. Si un second procès devait se tenir, la procédure ne pourrait se dérouler avant 2022, soit 10 ans plus tard. Il tient responsables de ces « délais excessifs » les experts de la Couronne, qui auraient commis des fautes graves.

Évoquant diverses hypothèses, le juge Émond s’est d’ailleurs questionné à voix haute sur ce qui a pu amener le ministre fédéral de la Justice à conclure qu’il y avait probablement eu une erreur judiciaire lors du premier procès. 

Cette réflexion a mené à l’ordonnance d’un nouveau procès, en avril dernier. Jacques Delisle, qui soutient que sa femme s’est enlevé la vie, a retrouvé sa liberté conditionnelle depuis.

Me Larochelle a quant à lui accusé le ministère public de ne pas « croire » ou de ne pas « voir » cette possible erreur judiciaire.


La défense entend terminer ses représentations mardi, après quoi la Couronne entamera les siennes. Au terme des plaidoiries, le juge Jean-François Émond devra décider si un arrêt des procédures s’impose ou si un second procès doit avoir lieu.

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