/news/society
Navigation

Les personnes judiciarisées peinent à trouver un emploi

Coup d'oeil sur cet article

À l’heure où le Québec fait face à une pénurie de main-d’œuvre historique, de nombreuses personnes judiciarisées qui tentent de se dénicher un emploi se butent à des portes fermées.

La semaine dernière, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publiait une étude sur le profil des personnes judiciarisées au Québec. Parmi leurs recommandations, les chercheurs, Pierre Tircher et Guillaume Hébert, proposent de réduire la discrimination à l’embauche des personnes judiciarisées.

Leur « intégration au marché du travail est un moyen de réduire le taux de récidive de ces personnes », a indiqué M. Tircher.

Préjugés

Toutefois, selon le Comité consultatif pour la clientèle judiciarisée adulte (CCCJA) passer du titre de personne judiciarisée à citoyen contribuable n’est pas une tâche facile. 

« Ce qui est difficile, ce sont les préjugés », évoque Patrick Pilon, président de la CCCJA.

Il ajoute qu’au Québec, tout le monde a accès au plumitif en matière d’infractions criminelles. Un employeur peut donc interpréter ce qu’il voit et baser sa décision sur ça sans donner plus d’explications au candidat.

« Les employeurs d’ici ont une certaine fermeture, poursuit M. Pilon. Il y a seulement 28 % des employeurs qui engageraient une personne avec un casier judiciaire », fait-il valoir.

Une lourde tâche

Pour Benoît Gascon, ex-détenu, la recherche d’emploi est un véritable chemin de croix. Condamné à 6 mois d’emprisonnement pour agression sexuelle, il a retrouvé sa liberté en février dernier. 

« C’est l’humiliation toutes les fois que je veux retourner sur le marché du travail », raconte l’homme qui a, autrefois, occupé des postes de direction.

Il a également travaillé comme enquêteur dans une entreprise privée et dans le commerce de détail. 

« Chaque fois que j’ai tenté d’obtenir un poste le moindrement bien rémunéré, malheureusement la corde se coupe », poursuit-il.

Tourner la page

Pour l’heure, M. Gascon vit de rentes qu’il reçoit puisqu’il est accidenté de la route. Il habite maintenant chez son fils, après avoir fait de l’itinérance. Tout ce qu’il souhaite, c’est de tourner la page et contribuer à la collectivité.

Il est allé porter de nombreux curriculum vitae, a effectué des recherches sur plusieurs sites d’offres d’emplois et a fait appel à des services spécialisés. 

« Mais dès que le sujet [de ma judiciarisation est abordé], [les employeurs] ne sont pas vraiment intéressés, se désole M. Gascon. Parfois, je disais en partant que j’avais un dossier criminel et boum ! c’était fini. »

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.