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Pénurie de main-d'oeuvre: prime de 6000$ par année pour se présenter au travail

Une entreprise de la Beauce n’a eu d’autre choix que d’innover et de sortir le chéquier

SBC Cedar Saint-Prosper
Photo Pierre-Paul Biron « On a souvent de bonnes idées de développement qui seraient payantes, mais on abandonne rapidement parce qu’on sait que la main-d’œuvre n’est pas là », confient Francis Bélanger et Yvon Maheu de l’entreprise beauceronne SBC Cedar.

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SAINT-PROSPER | Six mille dollars de prime d’assiduité par employé, soit 1M$ annuellement. Voilà ce qu’il en coûte à SBC Cedar, une entreprise de la Beauce, pour parvenir à garder sa main-d’œuvre et assurer ses opérations.

«Disons que ce n’était plus un choix», lance le vice-président ventes et administration de SBC Cedar, Francis Bélanger.

En proie à un fort roulement et une difficulté à recruter, le fabricant de bardeaux de cèdre et de paillis a dû prendre une décision majeure au cours de l’été. Soit on y allait d’un électrochoc ou on allait devoir fermer le quart de travail de soir.

«On avait entre 50% et 60% du quart de soir qui fonctionnait cet été. Depuis la prime, on a remonté à 75%-80% et on a des gens en formation actuellement, ce qui nous laisse croire qu’on devrait être à presque 100% d’ici aux Fêtes», raconte Yvon Maheu, directeur des opérations.

Un employé obtenait auparavant deux bonis par année, pour un total de 600 $ s’il s’absentait un maximum de trois fois par période de six mois. La prime est passée à 120 $ par semaine « pour arriver à l’heure, partir à l’heure et ne pas manquer une journée ».

«Ça tient nos gens motivés chaque semaine. [...] Et notre semaine a juste quatre jours, on ne travaille pas le vendredi», explique M. Maheu.

Pour les plus assidus, l’offre est payante.

«Ça fait 6000$ par année, soit à peu près 3$ de l’heure. Ce n’est pas rien».

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1M$ par année

Le coup de barre coûtera à peu près 1M$ annuellement à la PME de 150 employés. La pilule pourrait ne pas être facile à avaler pour des actionnaires, mais quand on compare la mesure aux conséquences potentielles de ne rien faire, le choix était facile.

«On aurait de la demande pour rouler à presque trois quarts de travail, donc on ne pouvait pas se permettre de perdre notre quart de soir», confie Francis Bélanger.

Ce repositionnement des revenus sera de plus en plus présent dans les années à venir croit le président de Go RH, une firme de recrutement. «Le partage de richesse risque de devenir plus important parce qu’il faut être attractif. Je ne crois pas qu’on va continuer de voir un président qui va gagner une fortune en haut et des exécutants en bas. Ça va prendre ça pour avoir une équipe forte», croit Sylvain Roy.

Surtout si on veut continuer à croître. Parce que depuis un an, SBC avance «sur les freins».

«Notre vendeur ne vend plus, sa job c’est de refuser des contrats. Et notre marketing, il n’est plus en vente et en promotion de nos produits, il est en marketing ressources humaines», précise Yvon Maheu.

«On a souvent de bonnes idées de développement qui seraient payantes, mais on abandonne rapidement parce qu’on sait que la main-d’œuvre n’est pas là», ajoute M. Bélanger.

Robotiser pour survivre

L’autre clé pour l’entreprise de Saint-Prosper, c’est la robotisation. L’opération avait été mise en branle il y a une dizaine d’années «pour améliorer le produit» et elle s’accélère aujourd’hui pour compenser les problèmes de main d’œuvre.

«Ce n’était plus un choix ça non plus. Tu ne calcules pas trop [le retour sur investissement], c’est de la survie rendu-là», admet la direction.

Le fabricant entend remplacer et automatiser ses 15 scieurs à bardeaux, le cœur de son usine, au cours des prochaines années. L’opération permettrait de doubler la productivité en gardant le même nombre d’employés. Ce sera la façon de passer à travers le creux de vague qui se dessine à l’horizon des 10 prochaines années.

«Avec nos 150 employés, on va probablement être Ok pour continuer à se développer», indique le vice-président, heureux d’avoir entrepris le virage plus tôt que tard.

«Oui parce que ça use présentement. Le portrait va changer, il y en a qui vont disparaître et on a fait ce qu’il faut pour pas que ce soit nous.»

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