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«Toute la vie»: des thèmes forts et des interprètes au sommet de leur forme

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Photo Courtoisie Roy Dupuis

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L’auteure Danielle Trottier s’accorde un repos bien mérité après avoir terminé récemment l’écriture de la troisième saison de sa série «Toute la vie», qui aborde sans détour des enjeux comme le changement de genre, l’inceste et la violence conjugale.

Les pensionnaires de l’école Marie-Labrecque n’ont, disons-le, pas eu un automne de tout repos. Tina Carpentier-Trudel (Hélène Bourgeois Leclerc) et Christophe L'Allier (Roy Dupuis), toujours bienveillants, ont été fort occupés à soutenir, épauler et réconforter les jeunes femmes enceintes qu’ils hébergent.

Danielle Trottier, à qui l’on doit «Emma», «La promesse», «Unité 9» et «Cheval-Serpent», fait un important travail de recherche avant de se mettre à l’écriture. La quatrième saison ne fera pas exception, une fois ses batteries rechargées. Mais en attendant, les fidèles de la série n’ont pas fini de découvrir les intrigues de la troisième mouture.

Danielle Trottier est fortement inspirée par le jeu des comédiens, «Toute la vie» bénéficiant d’une solide distribution, autant chez les vétérans que chez les interprètes de la relève. Micheline Lanctôt, Larissa Corriveau et Jean-Nicolas Verreault, qui sont respectivement la mère, la sœur et le frère de Christophe, campent avec brio les membres de la famille dysfonctionnelle de ce dernier.

«La famille L’Allier, les comédiens sont exceptionnels. C’est ça la beauté de la création, je suis extrêmement choyée de la qualité de jeu que je vois. Même chez les jeunes comédiennes, on leur donne des partitions très complexes et elles font ça comme des pros. Elles jouent avec de grands professionnels et les jeunes accotent ça», a dit Danielle Trottier, saluant entre autres le jeu de Camille Felton (Rosalie), Marie-Ève Beauregard (Laura) et Tiffany Montambault (Margaux).

«On voit que le frère de Christophe va de mal en pis, il est sur une pente descendante. C’est sûr que Christophe va être interpelé par son frère en détresse, car il aide les gens en détresse et [Patrick] a besoin de quelqu’un comme lui», a relaté l’auteure.

Tina, elle, va continuer de développer des liens avec sa mère qui souffre de maladie mentale (Marie-France Marcotte).

Si elle aborde des thèmes forts et actuels, Danielle Trottier dit que c’est parce qu’elle «ne peut pas raconter des histoires banales» ou se répéter après plus de 20 ans de scénarisation. Pour aussi soutenir son travail, elle discute avec les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau d’Aetios, avec qui elle collabore depuis «Unité 9». Ils sont «très importants dans ma démarche», a-t-elle souligné.

«Cette année, je ne le cache pas, j’ai eu une année d’écriture assez intense, tout comme mes personnages», a dit Danielle Trottier, ajoutant ne pas «être allée avec le dos de la cuillère en multipliant les situations dramatiques. Le public mérite qu’on lui raconte des histoires qu’il n’a jamais entendues.»

Le parcours de Margaux, par exemple, qui en est à sa troisième grossesse avant même sa majorité, retient l’attention. L’adolescente «aide» sa mère joueuse compulsive (Myriam LeBlanc), qui a donné les deux premiers enfants à son frère en échange d’argent pour éponger ses dettes de jeu.

«Je rends hommage à leur courage, car les jeunes femmes vivent des affaires extraordinaires. De plus en plus, nos jeunes se lancent vite dans la vie adulte, ils sortent du cocon protecteur des parents. Ils sont jeunes, ils font face à des situations dramatiques, et même les adultes auraient de la difficulté avec ces enjeux. Disons qu’ils commencent leur vie adulte de façon raide.»

Et que dire de Laura, qui couche avec le père (Bernard Fortin) de la femme qui l’a adoptée (Geneviève Alarie), et de Lucas (Lé Aubin), une femme qui veut changer de genre après son accouchement? «Pourquoi Lucas choisit-il de poursuivre sa grossesse alors qu’il est en plein élan pour changer de genre? Je travaille fort aussi pour comprendre ce qui motive Daphné à poursuivre sa relation avec un homme violent qui ne semble pas vouloir changer. Je ne les juge pas, je veux les comprendre.»

La série «Toute la vie» est diffusée chaque mardi à 20 h sur ICI Télé.