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Île d’Orléans: son nom sort du chapeau, il devient maire!

La victoire de Jean Lapointe, nouveau maire de Saint-Jean à l'Île d'Orléans, a été confirmée à l'issue d'un tirage au sort, mardi, au palais de justice de Québec.
Photo Jean-Luc Lavallée La victoire de Jean Lapointe, nouveau maire de Saint-Jean à l'Île d'Orléans, a été confirmée à l'issue d'un tirage au sort, mardi, au palais de justice de Québec.

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Nez à nez avec son opposant, à l’issue d’un dépouillement judiciaire qui n’a pas permis d’établir un gagnant, Jean Lapointe a finalement défait le maire sortant de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans grâce à... une pige dans le chapeau du juge! 

Le suspense, qui durait depuis plus de deux semaines, a pris fin tard mardi après-midi au palais de justice de Québec avec un spectacle hors du commun.  

«Monsieur le huissier, vous savez où est mon bureau? Allez chercher mon chapeau», a lancé le juge Christian Boutin, pavant ainsi la voie à un tirage au sort, comme le prévoit la loi, afin de désigner un vainqueur en cas d'égalité.

Plus tôt dans la journée, la secrétaire d’élection disait avoir prévu le coup en amenant avec elle un «25 cents si jamais on se rend là», pour pouvoir tirer à pile ou face. D’autres avaient évoqué à la blague une hypothétique partie de bras de fer ou un combat à mains nues pour désigner le vainqueur au terme d’une lutte ultra serrée.  

Après quelques échanges sur la façon de procéder, le nom de Jean Lapointe, rédigé sur un bout de papier plié en huit, a tout simplement été pigé au hasard dans le chapeau du magistrat. Ce scénario surréaliste découlait du résultat de l'analyse - menée un peu plus tôt - d'une poignée de bulletins de vote rejetés, lesquels faisaient l’objet d’un litige devant la Cour du Québec.  

327 voix chacun  

Jean Lapointe – un camionneur qui siégeait comme conseiller dans les dernières années – avait été déclaré vainqueur, le 7 novembre dernier, par une seule voix. Mardi, le juge a cependant attribué un vote additionnel à son adversaire, le maire sortant Jean-Claude Pouliot, confirmant ainsi l’égalité entre les deux hommes qui ont récolé 327 voix chacun.  

Le bulletin de vote controversé, rejeté le soir de l’élection, comportait des cercles superposés au crayon, autour du petit cercle blanc, ce qui indiquait bel et bien une «intention» de voter pour M. Pouliot, a tranché le juge qui l’a déclaré valide.  

Comme le prévoit l’article 256 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LERM), seul un tirage au sort peut alors déterminer le candidat proclamé élu en cas d’égalité.  

«J’ai trouvé ça dur et pénible. L’élection a été longue. Ça a été fatigant. Je suis content de l’issue mais (élire) un maire sur un tirage au sort, ce n’est pas la meilleure chose. Paraîtrait que la loi est comme ça...», a réagi le nouveau maire de Saint-Jean. Défait, l’agriculteur Jean-Claude Pouliot, qui était maire depuis 24 ans, lui a serré la pince avant de quitter le palais de justice, visiblement déçu du résultat.  

Plusieurs précédents 

Aussi rare soit-il, un tel cas de figure n'est pas unique et survient à l'occasion. La semaine dernière, une conseillère du Canton de Bedford, en Estrie, a également été élue à la suite d’un tirage au sort. France Groulx et Bruce Ditcham étaient au coude-au-coude, au terme d’un dépouillement judiciaire. C’est finalement Madame Groulx qui a été favorisée par le hasard.   

En 2017, Gladys Driscoll avait également remporté la mairie de Saint-Augustin – sur la Basse-Côte-Nord – à la suite d’un tirage au sort. Au moins trois autres conseillers municipaux dans diverses localités du Québec avaient aussi été élus de cette façon il y a quatre ans.   

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