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Le début de l’ère Marchand

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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L’heure est à la collaboration et à la bonne entente depuis l’élection du maire Bruno Marchand, comme on a pu le voir hier soir lors du premier conseil municipal de cette « nouvelle ère ».

Il faut souligner que les premiers conseils suivant l’élection de Régis Labeaume étaient eux aussi dominés par des discours de « collaboration ». J’avais même parlé de zénitude en 2017.

Toutefois, M. Labeaume n’est jamais passé près de démontrer cette ouverture à travailler avec les partis d’opposition. Le conseil minoritaire s’avère un incitatif. On sent néanmoins M. Marchand très sincère dans cette volonté de faire de la « politique autrement », de manière « plurielle ».

Pas de marchandage 

Parlant d’ouverture, M. Marchand a indiqué hier que François Legault n’avait pas fait de marchandage sur le troisième lien, en échange de l’avancement du tramway.

Il faudrait toutefois être aveugle pour ne pas voir que le gouvernement s’est servi du tramway comme monnaie d’échange, depuis 2018, pour contraindre le maire au silence sur le troisième lien.

Cela s’est fait de manière subtile, évidemment. Mais il a fallu que M. Labeaume parte pour faire part publiquement de ses réserves envers le projet, invitant même le premier ministre à « changer d’idée ».

La raison est évidente : s’il l’avait fait avant, les négociations déjà très houleuses avec le gouvernement caquiste sur le financement du tramway auraient capoté. Le gouvernement le tenait en otage. Il faudra voir jusqu’à quand cette situation persistera.

Car suivant la même logique, rien n’empêcherait Bruno Marchand de s’opposer au troisième lien, si ce n’est qu’il devra encore négocier avec le gouvernement pour les inévitables dépassements de coûts du tramway.

Avant lui, outre Labeaume, Jean-Paul L’Allier et Andrée Boucher se sont opposés à un tunnel, n’y voyant pas d’avantages pour la Rive-Nord.

Changements climatiques

À l’heure où les changements climatiques constituent une préoccupation majeure, M. Marchand dispose même d’arguments supplémentaires.

C’est tout dire : sensible aux questions environnementales, le maire a changé la voiture de fonction pour un modèle hybride. Cela permettra de diminuer les émissions de GES, a-t-il expliqué.

Or s’il est un projet qui aura un impact autrement plus grand sur l’émission de GES à Québec, c’est bien celui du troisième lien.