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Le Réseau express de la Capitale: un projet d’avenir pour la région métropolitaine de Québec

Le Réseau express de la Capitale: un projet d’avenir pour la région métropolitaine de Québec
Photo d'archives, JOSIE DESMARAIS

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Depuis l’annonce du Réseau express de la Capitale en mai dernier, une discussion publique s’est amorcée sur l’avenir des transports dans la région de la Capitale-Nationale. Je salue l’engagement des citoyennes et des citoyens en ce qui a trait aux questions de mobilité, et je tiens à prendre un moment pour revenir sur les deux principales composantes du Réseau express de la Capitale, soit le tramway et le tunnel Québec-Lévis.  

Le projet du tramway de la Ville de Québec est la colonne vertébrale de la vision du gouvernement du Québec pour le transport collectif dans la région métropolitaine de Québec. Le nouveau réseau express permettra d’offrir un service de transport collectif efficace, rapide et attrayant aux citoyens de l’ensemble de la grande région de Québec, qu’ils résident au centre-ville ou en banlieue, sur la Rive-Nord ou la Rive-Sud. 

Notre gouvernement a toujours appuyé la Ville de Québec dans sa volonté de mettre ce projet en œuvre, que ce soit en bouclant son financement, en présentant une loi qui permet d’en faciliter la réalisation ou en y apportant des améliorations grâce au soutien d’experts indépendants. Notre détermination à réaliser ce projet s’est maintenue malgré les soubresauts des dernières années, et ils ont été nombreux. En 2018, la Ville a présenté à la population un projet devant coûter 3,3 milliards de dollars, dont 2 milliards étaient réservés pour une ligne de tramway de 23 km. En mai 2020, le budget du projet avait considérablement augmenté. À elle seule, la composante du tramway était estimée à 3,1 milliards de dollars. Cet important dépassement de coûts nous a menés à reculer d'un pas et à solliciter des experts indépendants. Durant le temps où nous menions nos travaux, un rapport dévastateur du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a été publié. Coup sur coup, ce sont donc deux mauvaises nouvelles qui sont tombées sur le projet de tramway de Québec. 

Négociation avec la Ville

Plutôt que de repartir de zéro devant les difficultés, nous avons négocié avec la Ville de Québec, comme la situation le commandait, dans le but de livrer le meilleur projet pour les gens de Québec. Les résultats ont été probants: de concert avec l’administration municipale, nous avons opté pour un tracé de 19,3 km desservant le secteur en pleine effervescence D'Estimauville, en plus d’ajouter un réseau de voies réservées pour offrir aux banlieues une solution performante de transport collectif. 

Par ailleurs, devant l’échec du premier processus d’approvisionnement, la Ville a dû poursuivre son travail, et une nouvelle estimation à la hausse des coûts nous a été présentée. Encore une fois, nous avons témoigné de notre détermination à réaliser le projet et à travailler en collaboration avec la Ville et son nouveau maire dans ce dossier. Pendant que certains font de la politique avec ce projet et voudraient accuser l’un ou l’autre des partenaires de tous les torts, nous gardons en tête deux objectifs fondamentaux: lutter contre la congestion avec un projet de transport moderne et faire profiter tout le Québec des retombées économiques de cet investissement en visant les plus hauts standards de contenu local dans les appels d’offres. Ces exigences de contenu local ont été établies conformément aux accords commerciaux et sont connues de la Ville de Québec depuis 2019. Il me semblait nécessaire de rappeler ces faits. 

Tunnel Québec-Lévis

En ce qui concerne maintenant le projet du tunnel Québec-Lévis, il faut souligner l’important problème de mobilité entre Québec et la Rive-Sud. Il y a une tendance lourde qui s’est installée depuis plusieurs années. En 1997, les périodes de pointe sur les ponts actuels avaient une durée de 2 h. En 2017, ces mêmes périodes de pointe atteignaient 3 h. Les ponts sont pratiquement au maximum de leur capacité durant ces périodes, ce qui veut dire que les débits de véhicules qui circulent par heure ne peuvent plus augmenter. Et si la tendance se maintient, l’heure de pointe deviendra de plus en plus infernale sur les ponts, puisque le parc automobile sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Québec devrait passer de 546 019 à 633 678 véhicules au cours des 10 prochaines années. 

Quand on examine les déplacements journaliers interrives, le portrait n’est pas plus rose. Entre 2011 et 2017, ils ont augmenté de 9,4%. Sans l’ajout d’un nouveau lien, ces déplacements augmenteront encore de 8% d’ici 2036. Le tunnel Québec-Lévis permettra de réduire la pression sur les ponts en allant chercher 15% des déplacements. 

Nous ne pouvons faire fi, également, de l’âge des ponts dans notre recherche de solutions à la congestion. Le pont de Québec a 102 ans et le pont Pierre-Laporte, 51 ans. Ils auront donc respectivement un peu plus de 110 ans et 60 ans à l’ouverture du tunnel. L’idée ici n’est pas d’être catastrophiste, mais bien réaliste. Combien de sociétés dans le monde toléreraient que leur population dépende entièrement d’infrastructures aussi vieillissantes sans déterminer celles qui les remplaceront? 

Rappelons que ce nouveau lien, à l’est, permettra la mise en service d’une offre de transport collectif inédite — 100% électrique, faut-il le souligner — entre les centres des deux plus grandes villes de l’est du Québec. Il permettra également de décongestionner le réseau routier de l’ouest de la région et d’offrir une plus grande fluidité pour le transport des marchandises, des temps de déplacement plus courts pour des milliers d’usagers et une meilleure résilience du réseau.

Par ailleurs, pendant pratiquement toute la durée de vie utile du tunnel, il n’y aura que des voitures zéro émission qui y rouleront. Très rapidement après sa mise en service, il ne sera plus possible d’acheter un véhicule à essence au Québec. Entre 2035 et 2045, le Québec devrait assister à la conversion de l’essentiel de son parc automobile en véhicules zéro émission. Or, le tunnel Québec-Lévis aura une durée de vie utile de 125 ans. La construction du tunnel sera elle-même carboneutre. Je sais que ces faits ne conviennent pas à certains opposants au tunnel, qui se plaisent à tort à en faire un symbole d’augmentation des gaz à effet de serre, mais les faits sont les faits. 

Étalement urbain

Le tunnel Québec-Lévis permettra aussi de rééquilibrer l’aménagement du territoire dans la région métropolitaine de Québec. L’activité économique et le développement résidentiel sont directement influencés par la présence d’infrastructures majeures de transport, j’en conviens. Mais ces mêmes personnes qui s’inquiètent de l’étalement urbain que pourrait générer le tunnel Québec-Lévis vers l’est oublient qu’il en existe présentement un vers l’ouest, là où se trouvent les deux ponts actuels. Sur la Rive-Sud, la plupart des secteurs en forte croissance démographique se situent à l’ouest du pont Pierre-Laporte et du pont de Québec. Avec un nouveau lien interrives unissant deux centres-villes, il sera possible de densifier des quartiers centraux et de ramener l’activité économique plus près de ces centres. Nous y attirerons des employeurs, des investisseurs privés et des promoteurs de projets résidentiels. 

Loin de moi l’idée de prétendre qu’ajouter un tunnel entre Lévis et Québec n’engendrera aucun enjeu concernant l’aménagement du territoire. Mais il y a des solutions. À cet effet, le gouvernement va s’assurer, de pair avec les villes concernées, que le futur développement économique qu’engendrera le tunnel soit soutenu dans une perspective durable et de protection du territoire agricole. 

Le Réseau express de la Capitale constitue une vision d’avenir pour le transport collectif dans la région métropolitaine de Québec. Cette vision aura des effets structurants pour les 100 prochaines années, tant sur le plan de la mobilité que sur le plan de l’économie de cette magnifique région. 

Comme le soulignaient plusieurs acteurs du milieu des affaires dans une lettre publiée le 27 mai dernier, les projets du tramway et du tunnel Québec-Lévis ne doivent pas être opposés, on doit s'attaquer aux deux de façon réfléchie pour améliorer la mobilité dans la région pour les décennies à venir. C’est ce que notre gouvernement a l’intention de faire avec le Réseau express de la Capitale. 

Enfin, je sais que des projets aussi majeurs que le tramway et le tunnel Québec-Lévis suscitent des questions et des préoccupations, ce qui est tout à fait normal. Au cours des prochaines semaines, nous tenterons de répondre au plus grand nombre de questions possible sur le site du Réseau express de la Capitale (INSÉRER LIEN). 

François Bonnardel, ministre des Transports du Québec

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