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L’économie vulnérable à une hausse des taux d’intérêt, laisse entendre la Banque du Canada

L’économie vulnérable à une hausse des taux d’intérêt, laisse entendre la Banque du Canada
Photo d'Archives, Agence QMi

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Bien que résiliente après un an et demi de pandémie, l’économie canadienne demeure fragile et pourrait être mise à mal par une remontée des taux d’intérêt, a laissé entendre le sous-gouverneur de la Banque du Canada mardi, à deux semaines de la prochaine décision sur le taux directeur.

S’exprimant devant la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, le sous-gouverneur Paul Beaudry a rappelé que la pandémie a bouleversé le paysage financier du pays.

Avant même l’arrivée de la COVID-19, en 2019, un ménage canadien sur six affichait un ratio d’endettement par rapport au revenu dépassant les 350 %, a-t-il rappelé.

Depuis, bon nombre de ménages ont pu améliorer leur situation. «En moyenne, les Canadiens ont épargné un montant supplémentaire de 8300 $ depuis le début de 2020», a souligné M. Beaudry en attribuant cette amélioration aux aides financières du gouvernement et au fait qu’il était plus difficile de dépenser, confinement oblige.

Ce faisant, de nombreux ménages ont pu rembourser des dettes à la consommation et accélérer leur remboursement hypothécaire, tandis que le nombre de faillites personnelles a atteint un creux historique.

Par contre, la surenchère immobilière qui a découlé de la pandémie, entraînant des prix records pour les habitations mois après mois tandis que les acheteurs profitaient de taux d’intérêt extrêmement bas, fragilise la reprise.

«Comme bon nombre de ménages ont profité de la longue période de taux d’intérêt historiquement bas pour s’endetter lourdement, l’économie est sans doute désormais plus sensible à toute hausse des coûts d’emprunt», a averti le sous-gouverneur.

«La dette que les ménages ont accumulée en contexte de bas taux d’intérêt ne sera pas remboursée de sitôt », craint donc M. Beaudry, d’autant plus que «l’écart entre l’offre et la demande qui a fait monter les prix des maisons durant la pandémie est encore là».

«Bien que les banques canadiennes soient résilientes, ces vulnérabilités pourraient exacerber l’incidence économique d’une hausse importante des taux d’intérêt ou d’un grand choc négatif», a donc conclu Paul Beaudry lors de sa présentation.

La Banque du Canada a amené au plancher son taux directeur, à 0,25 %, au début de la pandémie afin de stimuler l’économie. Le taux directeur n’a depuis jamais remonté, malgré une augmentation galopante de l’inflation qui dépasse 5 % sur un an au Québec, selon les dernières données de Statistique Canada.

La prochaine mise à jour du taux directeur est attendue le 8 décembre. Par contre, lors de la dernière mise à jour en octobre, la Banque du Canada avait averti qu’elle ne prévoit pas rehausser son taux directeur avant le second ou le troisième trimestre de 2022.