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Les policiers québécois découragés, selon une étude

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Les policiers du Québec seraient démotivés, découragés et seraient peu enclins à s’impliquer au travail, conclut une étude menée par l’École nationale de police du Québec (ENPQ), située à Nicolet.

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Selon les auteurs de l’étude qui ont passé en entrevue 21 policiers du Québec pour sonder leur état d’esprit, le désengagement policier, qui se traduit par une abstention d’intervention, est bien présent au Québec.

«Ces états d'esprit se traduiraient par une baisse des efforts et de l'implication au travail, l'hésitation à intervenir qui mène parfois à ne pas intervenir du tout et parfois à regarder à gauche quand ça se passe à droite», a noté l'ENPQ dans son communiqué, en précisant cependant que vue la petite taille de l’échantillon, les résultats ne peuvent pas être généralisés.

Les causes du désengagement policier sont identifiées comme étant les craintes de répercussions et de conséquences , les critiques du public, le manque de soutien organisationnel et le sensationnalisme médiatique.

Des participants à l'étude ont notamment dit en avoir assez d'être considérés comme des racistes. D'ailleurs, les représentants de l'ordre ne réagissent plus de la même façon lorsqu'ils sont confrontés à des membres de communautés ethniques.

«Plusieurs participants ont dit que lorsqu'ils doivent intervenir auprès d'un individu qui appartient à une communauté culturelle qui a commis un crime, ils se disent qu'ils savent que cette personne-là ou que les témoins de l'intervention vont dire qu'ils l'arrêtent parce qu'ils sont racistes et ils ont peur que cette situation soit montée en épingle. Donc, ils m'ont expliqué que soit ils vont passer leur chemin, soit ils vont attendre que cette personne-là commette un crime plus grave», a détaillé la responsable de l’étude Camille Faubert.

Un ex-policier toujours actif dans le milieu témoigne de cette réalité. «Des policières ou des policiers me disent "pourquoi je me mettrais dans le trouble en risquant de perdre mon emploi parce que je fais des interventions?"» a affirmé Michel Oligny, dont l'expertise est toujours requise lors de certains évènements impliquant des policiers.