/news/politics
Navigation

Tramway et 3e lien: Bonnardel répond aux critiques dans une lettre

«La construction du tunnel sera elle-même carboneutre», promet le ministre des Transports

Tramway et 3e lien: Bonnardel répond aux critiques dans une lettre
Photo courtoisie, JOSIE DESMARAIS

Coup d'oeil sur cet article

La construction du troisième lien entre Québec et Lévis sera « carboneutre », assure le ministre des Transports François Bonnardel, dans une lettre publiée en réponse aux critiques soulevées dans les dernières semaines.

• À lire aussi: Le tramway peut exister indépendamment du troisième lien, selon Bruno Marchand

• À lire aussi: Le sort du projet lié aux GES: il n'est «pas impossible» qu’Ottawa bloque le 3e lien

Sa lettre ouverte, publiée sur les réseaux sociaux et sur le site internet du Journal, a tout l’air d’une réplique à celle de 14 pages publiée par Régis Labeaume il y a une dizaine de jours, même si M. Bonnardel évite de le nommer.  

Rappelons que tout juste avant de quitter ses fonctions, M. Labeaume a critiqué ouvertement le gouvernement pour ses interventions dans le projet du tramway, en plus de suggérer différentes solutions de rechange au projet de tunnel Québec–Lévis, notamment sur le pont Pierre-Laporte.  

Deux ponts vieillissants

Dans sa missive d’environ 1300 mots, le ministre des Transports fait valoir que « la construction du tunnel sera elle-même carboneutre ».

C’est-à-dire que le gouvernement du Québec viendra « compenser les GES » générés par exemple lors de la fabrication de la quantité de béton requise, a précisé le cabinet du ministre en réponse aux questions du Journal.

Dans sa lettre, M. Bonnardel présente l’ajout d’un tunnel comme la solution à privilégier pour réduire la pression sur les deux ponts actuels, qui sont vieillissants.

La lettre ouverte du ministre des Transports, François Bonnardel, a tout l’air d’une réplique aux critiques formulées il y a une dizaine de jours par Régis Labeaume, concernant les projets de tramway et de 3e lien.
Illustrations d’archives
La lettre ouverte du ministre des Transports, François Bonnardel, a tout l’air d’une réplique aux critiques formulées il y a une dizaine de jours par Régis Labeaume, concernant les projets de tramway et de 3e lien.

Périodes de pointe plus longues

Il souligne aussi que les périodes de pointe, dans le secteur des ponts à Québec, durent une heure de plus qu’il y a vingt ans.

« Il y a une tendance lourde qui s’est installée depuis plusieurs années. En 1997, les périodes de pointe sur les ponts actuels avaient une durée de deux heures. En 2017, ces mêmes périodes de pointe atteignaient trois heures », rapporte le ministre dans une publication.

Durant ces périodes, le matin comme le soir, le pont Pierre-Laporte et le pont de Québec « sont pratiquement au maximum de leur capacité », insiste M. Bonnardel.

Il ajoute que le parc automobile dans la région devrait passer d’environ 546 000 à 634 000 véhicules d’ici 10 ans, selon ses estimations.

Le ministre revient également sur le dossier du tramway, en soulignant que les exigences de contenu local imposées par le gouvernement étaient connues depuis 2019 par la Ville de Québec.

M. Labeaume, dans sa lettre au vitriol, pointait du doigt l’ajout de ces exigences pour justifier une partie des dépassements de coûts du tramway.

M. Bonnardel rappelle par ailleurs que la première explosion des coûts révélée en 2018 par la Ville (la portion tramway à elle seule passait de 2 à 3,1 milliards $), suivie du « rapport dévastateur » du BAPE sont « deux mauvaises nouvelles » qui sont tombées « coup sur coup », forçant le gouvernement à prendre « un pas de recul ».

Tramway et 3e lien: Bonnardel répond aux critiques dans une lettre
Illustrations d’archives

Une idée « farfelue » dit QS

La députée solidaire Catherine Dorion n’a pas tardé à réagir à la lettre de M. Bonnardel. Elle a qualifié de « complètement farfelue » l’idée selon laquelle le projet de troisième lien pourrait être carboneutre.

« Voyons donc, est-ce qu’ils nous prennent vraiment pour des valises ? La CAQ est en train de nous dire : “Ça va scraper l’environnement, mais c’est pas grave, on va payer” », a protesté la députée de Taschereau.

Extraits de sa lettre ouverte

Le pont de Québec
Photo d'archives
Le pont de Québec

« Le pont de Québec a 102 ans et le pont Pierre-Laporte, 51 ans. Ils auront donc respectivement un peu plus de 110 ans et de 60 ans à l’ouverture du tunnel. L’idée ici n’est pas d’être catastrophiste, mais bien réaliste. »

« Pendant pratiquement toute la durée de vie utile du tunnel, il n’y aura que des voitures zéro émission qui y rouleront. Très rapidement après sa mise en service, il ne sera plus possible d’acheter un véhicule à essence au Québec. »

« Le tunnel Québec–Lévis aura une durée de vie utile de 125 ans. La construction du tunnel sera elle-même carboneutre. Je sais que ces faits ne conviennent pas à certains opposants au tunnel, qui se plaisent à tort d’en faire un symbole d’augmentation des gaz à effet de serre, mais les faits sont les faits. »

Des réactions

« Hypothéquer l'avenir environnemental et financier des futures générations... c'est ça, la vision d'avenir de la CAQ ? Il faut se souvenir collectivement de quand GNL Québec nous a dit que son projet serait carboneutre. M. Bonnardel fait la même chose aujourd'hui, c'est-à-dire se moquer de nous. »

– Catherine Dorion, députée solidaire de Taschereau

« Le ministre tente désespérément de justifier l'injustifiable troisième lien. Rien de nouveau, aucune donnée ne vient appuyer ses prétentions. La CAQ devrait prendre acte [étant donné] que les scientifiques dénoncent unanimement le projet et que le consensus social au Québec est que les 10 milliards $ du troisième lien seraient mieux investis dans nos infrastructures, nos écoles et nos hôpitaux. »

– Joël Arseneau, chef parlementaire du Parti québécois

À voir aussi