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Une assurance rentes, ça presse!

Bloc retraite
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Dans ma chronique du 28 décembre 2019 « Protégeons les régimes de retraite », je disais qu’il est grandement temps que Québec, avec l’aide d’Ottawa s’il le faut, mette en place un fonds de protection des régimes de retraite offerts dans le secteur privé.  

J’avais fait cette proposition à la suite de la baisse dramatique de 30 % des rentes des retraités des journaux de Groupe Capitales Média (Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Quotidien, Le Nouvelliste). Acquis en 2015 de Power Corp par Martin Cauchon, le groupe de journaux a déclaré faillite en 2019.

À l’époque, le gouvernement Legault avait décidé de ne pas venir en aide aux retraités des journaux de Groupe Capitales Médias.

Son prétexte : les retraités dont leurs prestations ont été réduites après des difficultés financières de leur ex-employeur seraient trop nombreux et, par conséquent, les compensations à verser seraient trop onéreuses pour le gouvernement. 

Mais François Legault n’avait pas fermé la porte en ce qui concerne le futur : « Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour l’avenir ? C’est quelque chose qu’on pourrait regarder », avait-il ajouté. 

Il avait même déclaré au Devoir qu’il « était peut-être ouvert » à instaurer au Québec un mécanisme pouvant garantir le paiement de certaines prestations à des retraités dont l’ex-employeur a fait faillite. 

Deux ans après avoir laissé entendre qu’il allait regarder la possibilité de « faire quelque chose pour l’avenir », François Legault et son gouvernement n’ont finalement rien fait pour protéger les retraités des fonds de pension privés dont l’ex-employeur déclare faillite.  

  • Écoutez la chronique de Michel Girard sur QUB radio:

Aberration

Voilà pourquoi, dimanche passé, des retraités des journaux de Groupe Capitales Médias (GCM), de White Birch et de Sears ont manifesté devant l’Assemblée nationale pour réclamer la mise en place d’une assurance rentes dans le but d’éviter de subir des coupures de rentes à la suite de la faillite de leur ex-employeur, comme ce fut le cas pour eux.  

Cette proposition est appuyée par le Parti Québécois.

Actuellement, nos dépôts dans les institutions bancaires et financières sont protégés par l’assurance dépôts. Nos placements dans les firmes de courtage sont protégés par l’entremise du Fonds canadien de protection des épargnants en cas de faillite. 

Les victimes d’une fraude de la part d’un représentant en assurance ou en épargne collective, d’un expert en sinistre ou d’un planificateur financier peuvent se faire indemniser par le Fonds d’indemnisation des services financiers. 

Si votre assureur-vie fait faillite, Assuris vous protégera.

Mais si votre employeur fait faillite, pas de protection concernant votre régime de retraite et les rentes prévues. 

C’est une aberration que le gouvernement Legault devrait absolument corriger en mettant sur pied un fonds d’indemnisation visant à garantir les rentes des régimes de retraite des entreprises privées.

Et ce, aux frais des employeurs.

Il y a actuellement 901 régimes de retraite privés, avec 191 milliards $ d’actifs sous gestion. Nombre de bénéficiaires : 1,4 million de Québécois.

En Ontario, les régimes privés sont protégés par une assurance rentes.