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3e lien carboneutre: Québec compensera la pollution par la plantation d’arbres

3e lien (troisième lien)
Illustration courtoisie

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Pour être carboneutre, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis compensera la pollution générée par la construction de ce tunnel par la plantation d’arbres et l’achat de crédits carbone.

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Dans une lettre publiée mardi, le ministre François Bonnardel a assuré que la construction de son projet sous-fluvial serait carboneutre. Une affirmation tournée en ridicule par les partis d’opposition, qui ont rappelé que des tonnes de béton seraient nécessaires à la construction d’un tunnel de près de 9 km entre la capitale nationale et sa rive sud.    

Le ministre a précisé mercredi que tous les projets de 100 millions $ et plus pilotés par Transports Québec devaient être carboneutres, et ce, depuis 2019. Les émissions de gaz à effet de serre sont ainsi compensées par la plantation d’arbres et l’achat de crédits carbone.        

  • Écoutez l'entrevue du chef de l'opposition à la Ville de Québec, Claude Villeneuve, avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

François Bonnardel n’était pas en mesure de dire combien d’arbres devaient être plantés pour compenser la pollution engendrée par la construction du tunnel Québec-Lévis.   

«Sauf que [la carboneutralité], ce n’est pas un terme qu’on vient d’inventer pour contrer les oppositions. La carboneutralité, on l’a fait pour un grand projet à Montréal qui est [l’échangeur] Turcot, un projet qui a coûté près de quatre milliards $», a-t-il dit.

Des milliers d'arbres plantés

Dans la foulée de ce mégaprojet, le gouvernement prévoyait l’an dernier que 9000 arbres et 61 000 arbustes, vivaces, graminées et plantes grimpantes seraient plantés à terme pour verdir le mégaprojet montréalais. À cela s’ajoutent plus de 50 000 arbres qui sont en voie d’être mis en terre sur les terrains du MTQ en Montérégie, au Centre-du-Québec et dans la région métropolitaine, pour compenser la pollution engendrée par la construction de Turcot.

La même stratégie sera utilisée pour les travaux du pont Laviolette, qui relie Trois-Rivières à Bécancour.  

Les grandes compagnies de béton et de ciment du Québec sont assujetties à un règlement les obligeant à compenser les émissions de GES qu’elles produisent. «Nous, de l’autre côté, c’est toute la portion construction ou autre qui va être assujettie à la carboneutralité», a insisté François Bonnardel.   

Son collègue de l’Environnement, Benoit Charette, a réitéré pour sa part qu’un 3e lien entièrement consacré au transport collectif n'était pas envisagé par le gouvernement. «Peu importe l'infrastructure, même une infrastructure 100% transport collectif, ça génère des émissions de GES», a-t-il souligné. 

Prendre les Québécois pour des valises  

Le député solidaire Sol Zanetti ne voit pas comment un tel projet peut être carboneutre.    

De son côté, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, est «tanné» que le gouvernement de François Legault prenne les Québécois pour des «valises». «Vous imaginez la quantité de béton qu'il faut mettre là-dedans? a-t-il dit. Jamais, au Parti Québécois, on ne va consentir à des sottises de ce niveau olympique là au niveau environnemental.»

«C'est le genre d'engagement que Justin Trudeau pourrait faire, dire: "On va poser un geste irresponsable, sur le plan environnemental, puis ensuite on va vous promettre de planter 3 milliards d'arbres", des arbres qui ne viendront jamais bien évidemment», a renchéri PSPP.    

Quand elle a su que le ministre Bonnardel vantait la carboneutralité de son projet de troisième lien, la cheffe libérale, Dominique Anglade, a figé.    

«J'ai pensé que c'était une blague. C'est absurde comme commentaire de penser que la construction du tunnel peut être carboneutre. Et en fait, hier, le premier ministre disait que les gens pelletaient dans les nuages. Mais c'est le gouvernement lui-même qui, sur le troisième lien, est en train de pelleter des nuages», a-t-elle ironisé mercredi. 

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