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Biden et le spectre d’une nouvelle guerre froide

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Photo AFP

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Les États-Unis « ne cherchent pas une nouvelle guerre froide », a déclaré Biden dans son premier discours à l’ONU, promettant une ère nouvelle pour la diplomatie américaine. Mais la politique étrangère de son administration a plutôt amené un accroissement des dangers de confrontation des États-Unis avec la Russie et la Chine.

Commençons par la Russie. Les États-Unis et l’OTAN semblent soutenir pleinement la nouvelle offensive que les Ukrainiens préparent contre les enclaves russophones de Donetsk et de Luhansk qui bordent la Russie. Ça pourrait rapidement dégénérer en un conflit armé de grande envergure. La Russie a déployé quelque 90 000 soldats à proximité de sa frontière avec l’Ukraine pour la deuxième fois cette année afin de faire face à toute éventualité.

Biden et les « lignes rouges » de Poutine

Poutine a averti Biden que son soutien à Kiev risquait de franchir des « lignes rouges » qui déclencheraient des ripostes russes. Washington pense que les Russes s’apprêtent à envahir l’Ukraine. Une intervention russe en Ukraine entraînerait une crise plus grave que l’annexion de la Crimée par Poutine en 2014. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. Les États-Unis n’ont donc aucune obligation de prendre sa défense.

La mer Noire, que Moscou a longtemps considérée comme un lac russe, pourrait également être la scène d’un affrontement avec la Russie. Des navires de guerre et des avions de l’OTAN et des États-Unis y sont en activité, une provocation manifeste pour Poutine. Imaginez des navires de guerre russes patrouillant dans le golfe du Mexique ou dans les Caraïbes.

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La Chine veut exploiter les faiblesses de Biden.

Les sentiments antiaméricains des Chinois sont attisés par les tensions accrues avec les États-Unis. Les médias officiels chinois décrivent Joe Biden comme un leader faible, qu’ils raillent pour son âge et ses cotes d’approbation plongeantes.

Son taux d’approbation vient en effet d’atteindre un nouveau creux de 41 %, contre plus de 50 % avant le retrait chaotique des États-Unis d’Afghanistan en août dernier. Dans un autre sondage, plus de 70 % des électeurs américains déclarent que les États-Unis vont dans la mauvaise direction, se plaignant de l’incapacité du président à unir le pays.

Biden a, de peine et de misère, fait adopter son programme d’infrastructure et de réformes sociales, mais sur le plan international, il n’a pas réussi grand-chose. De quoi enhardir Xi Jinping qui n’hésite pas à se montrer ferme avec les États-Unis au sujet de Taïwan. Biden se doit de tenir tête à la Chine et de projeter une image de leader déterminé pour impressionner l’opinion publique américaine en vue des élections de mi-mandat de 2022. Avec tous les dangers que cela implique.

Trois décennies après avoir déclaré victoire dans la guerre froide, le Pentagone et le complexe militaro-industriel semblent penser qu’une nouvelle guerre froide est nécessaire pour justifier leurs budgets et assurer la pérennité de leurs opérations.

Joe Biden va-t-il engager les États-Unis dans une nouvelle guerre froide et risquer une Troisième Guerre mondiale au sujet de l’Ukraine ou de Taïwan pour satisfaire le complexe militaro-industriel ?