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Vendredi fou, Cyberlundi et Fêtes: des rabais un peu moins fous

Certains détaillants limiteront leurs promotions pour protéger leur inventaire

Boutique WLKN
Photo Pierre-Paul Poulin Une employée de la boutique WLKN, sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, s’occupe de placer les vêtements.

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Les rabais risquent d’être plus rares et moins généreux cette année pour le Vendredi fou, le Cyberlundi et la période des Fêtes. Selon des joueurs de l’industrie, plusieurs commerçants se limiteront afin de protéger leur inventaire en raison des difficultés d’approvisionnement des derniers mois.

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Chez La Vie en Rose, les rabais du Vendredi fou commencent, aujourd’hui, soit une journée plus tard que l’an dernier. La direction ne le cache pas, les promotions seront plus limitées cette année qu’avant la pandémie. 

Le PDG, François Roberge, s’attend d’ailleurs à voir des offres similaires à celles qui ont été présentées, l’an dernier, en raison des pressions sur les inventaires de tous les détaillants. Il constate également que les gens ont déjà commencé leurs emplettes pour les Fêtes depuis plusieurs semaines. 

Comme quoi il est plus difficile, aujourd’hui, de recevoir dans les temps sa marchandise commandée, l’homme d’affaires raconte avoir actuellement 18 conteneurs qui n’ont toujours pas été livrés. Il les attendait pour le mois d’octobre. Ils sont présentement entre « Vancouver et Montréal ». 

« C’est vrai que l’inventaire est plus rare et qu’il est plus précieux. Nous sommes moins agressifs que nous avons déjà été dans le passé. On fait plus attention à notre inventaire. Cela veut dire que oui, il va y avoir moins de promotions », concède M. Roberge, ajoutant que son inventaire est plus mince. « Nous faisons tous plus attention. Nous sommes tous plus nerveux ». 

En raison des impacts des inondations en Colombie-Britannique, La Vie en Rose dit ne pas pouvoir envoyer de marchandise, présentement, à l’autre bout du pays. Ce qui vient compliquer aussi les choses. 

« Les transporteurs ne veulent pas y aller », répond M. Roberge, dont le groupe compte 273 boutiques La Vie en Rose et Bikini Village.  

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio: 

Prudence face à des inventaires fragiles

Du côté de l’enseigne québécoise WLKN, le nombre de promotions sera aussi plus limité cette année. Oui, certaines livraisons sont en retard, mais aucun produit ne devrait manquer pour le temps des Fêtes.  

« On va faire des promotions, mais on reste relativement prudent, car l’inventaire est le nerf de la guerre », répond le grand patron, Pierre-Olivier Mercier. « Je ne m’attends pas à des rabais monstres à moins que ce soit des inventaires désuets. Tout le monde a aussi besoin de se remplir les bajoues pour se protéger au niveau du cash flow », est-il d’avis. 

En plus des délais de livraison, il faut dire que l’industrie du commerce de détail a dû encaisser ces derniers mois une explosion des tarifs de transport de la marchandise en raison de la crise des conteneurs, et le coût des matières premières a également augmenté en flèche. 

« Beaucoup de détaillants, comme nous, ont peur de 2022 au niveau de l’approvisionnement », avance M. Mercier. « Beaucoup vivent déjà des problématiques d’approvisionnement particulièrement reliées au transport et à la surproduction en Asie qui ont fait grimper les délais de livraison », dit-il. 

Des bas prix garantis

Ce ne sont toutefois pas toutes les industries qui prévoient des rabais moins fous. Chez Gosselin, le Black Friday débute ce mercredi, et ce, avec la même intensité que par les années passées. Les escomptes atteindront les 65 % et seront assortis d’une garantie contre les baisses de prix subséquentes, insiste sa directrice du marketing, Marie-Claude Fréchette.

« Si le prix d’un produit vient à baisser encore d’ici le 31 décembre, explique-t-elle, nos clients s’étant procuré un produit à un prix plus élevé se verront dédommagés en conséquence ».

Appareils photo, caméras vidéo, éclairages adaptés aux conférences zoom sont autant de produits qui ont connu une hausse de la demande depuis le début de la pandémie. Et à la différence de bien d’autres détaillants, Gosselin ne craint aucune pénurie de stock.

« La problématique des inventaires n’est pas nouvelle ; on a donc prévu le coup, affirme Mme Fréchette. Non seulement nous nous sommes pris d’avance, mais nous avons aussi commandé plus de stock qu’à l’habitude. Comme je vous disais, nous sommes prêts ! »

Des consommateurs motivés

Selon une étude du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), menée en collaboration avec Orama Marketing, les consommateurs québécois affichent un regain d’optimisme à l’approche de Noël.

Ceux-ci paraissent plus à l’aise financièrement et plus pressés que l’an dernier de commencer leur magasinage des Fêtes.

À preuve, en date du 2 novembre, 37 % des Québécois avaient déjà complété leurs achats et 52 % prévoyaient commencer leur magasinage avant décembre.

Des dépenses accrues

Le Conseil se réjouit par ailleurs de constater que les consommateurs québécois se montrent plus disposés que l’an dernier à se déplacer dans les commerces. Selon l’étude, plus de 56 % estiment fréquenter les grandes surfaces aussi souvent qu’avant la pandémie.

L’an dernier, à pareille date, seulement 29 % en disaient autant.  

Au chapitre des dépenses, 29 % des consommateurs prévoient dépenser plus que l’an dernier pendant le Black Friday, mais 30 % prévoient globalement dépenser moins d’argent en cadeaux pendant les Fêtes que l’an dernier.

En moyenne, les ménages québécois dépenseront 696 $ pendant la période des Fêtes, comparativement à 701 $ l’an dernier. Selon les auteurs de l’étude, les 45-54 ans sont ceux qui dépenseront le plus, avec un budget d’achats moyens évalué 1130 $ cette année.

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