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Discours du Trône: Québec salue l’effort de la gouverneure générale en français

Discours du Trône: Québec salue l’effort de la gouverneure générale en français
AFP

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La ministre Sonia Lebel a salué la volonté de la gouverneure générale Mary Simon de s’exprimer en français lors du discours du trône, hier, malgré le résultat laborieux.

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Mme Lebel affirme que le résultat n’était pas «idéal», mais estime qu’il «faut saluer l’effort». «Je pense qu’on peut reconnaître qu’elle a fait un effort, on peut reconnaître qu’elle a fait un discours en français », a déclaré mercredi la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne dans le gouvernement Legault.  

«Je suis confiante qu’elle a déjà appris plusieurs langues. C’est une femme intelligente, elle va certainement s’améliorer», a-t-elle ajouté.  

Mme Lebel a comparé la situation de Mary Simon à celle du PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, qui a récemment tenu un discours uniquement en anglais, à Montréal. «À ce stade-ci, je pense qu’il faut saluer l’effort. Effort que M. Rousseau n’avait même pas fait», a dit Sonia Lebel.  

Sur Twitter, le porte-parole péquiste en matière de langue française, Pascal Bérubé, a déclaré que le gouvernement Legault «se satisfait de bien peu et reconnaît une institution monarchique». 

Le PLC à sa défense

Du côté d’Ottawa, les libéraux ont pris la défense de Mme Simon, dont le discours avait été qualifié de «gifle à tous les francophones du Canada» par le sénateur conservateur Claude Carignan, mardi.  

«Sans enlever quoi que ce soit aux nombreuses qualités de la très honorable Mary Simon, son arrivée au poste de chef d’État du Canada marque un recul pour le fait français dans notre pays», avait-il déclaré sans appel. 

Pablo Rodriguez, lieutenant du Québec pour le gouvernement, s’est dit «content des efforts qu’elle a faits» lors de son entrée au caucus libéral mercredi matin. «Est-ce qu'on voudrait qu'elle soit parfaitement bilingue? Dans un monde idéal, oui. Elle parle déjà deux langues, elle fait des efforts, contrairement à d'autres d'ailleurs, qui n’en ont pas fait», a-t-il lancé. 

Chicane de compétences

La ministre Lebel avait convoqué la presse parlementaire pour réagir au discours du trône du gouvernement fédéral.  

Sonia Lebel s’est d’abord réjouie de l’intention du gouvernement Trudeau de redéposer la loi sur la réforme des langues officielles. «C’est très important pour nous et je salue leur engagement de le faire, parce que l’approche différenciée dans le traitement du français et de l’anglais au Canada est fort importante pour la survie du français au Québec, fort important pour la survie du français dans nos communautés canadiennes», dit-elle.  

Sonia LeBel
Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard
Sonia LeBel

Le gouvernement Legault est toutefois dit déçu d’entendre qu’Ottawa souhaite «renforcer notre système de santé et nos mesures d’aide en santé publique», ce qui est perçu comme de l’ingérence à Québec.  

En campagne électorale, le PLC s’est engagé à établir des normes nationales dans les CHSLD, en plus d’imposer des conditions pour hausser les transferts en santé réclamés par les provinces.  

Le gouvernement est «déçu de constater à nouveau la propension marquée de ce gouvernement fédéral à vouloir empiéter dans nos champs de compétences».  

«On sait ce qu’on doit faire en santé, on sait ce qu’on doit faire en habitation. Ce sont nos compétences, nos expertises. Et ce qu’on demande au fédéral, ce qu’on réitère au fédéral, c’est que dans ces champs de compétences là, il doit transférer la juste part aux Québécois en matière de sommes d’argent, sans conditions», affirme Mme Lebel.  

Armes à feu

À l’inverse, le fédéral refuse de prendre ses responsabilités dans le dossier des armes à feu, estime la ministre Lebel. Après avoir proposé de confier l’interdiction des armes de poing aux municipalités, Ottawa veut maintenant en donner la responsabilité aux provinces.  

Mme Lebel presse Ottawa d’intervenir pour empêcher l’entrée des armes à feu illégales aux frontières. «C’est un fléau total. La grande majorité, sinon la totalité des armes à feu qui circulent sur le territoire, qui circulent entre les mains des jeunes, entre les mains du crime organisé, traversent nos frontières à différents endroits», souligne-t-elle.   

– Avec l'Agence QMI

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